BIENVENUE AU PEROU

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03/03/2007 : ROUTE VERS ARICA-

PASSAGE DE LA FRONTIERE AVEC LE PEROU

Quand tout le monde fut prêt nous sommes allés dire au revoir à nos nouveaux amis. Comme ils ont un problème de bus et qu’ils vont eux aussi à Arica nous les redescendons en CC. La route est vite passée entre discussion et rigolade. Le chemin était moins rigolo pour Anaïs qui a fini par vomir son petit déjeuner : c’était sur, elle n’a fait que boire, avec les virages cela n’a pas fait bon ménage.

Arrivés à Arica nous avons été invité par Désiré et toute sa troupe au Mc Donald (sûrement le dernier avant le retour) avant de nous quitter. Ils descendent vers le sud, nous montons plus au nord. Les enfants ont eut droit à quelques tours de magie de Désiré (car en plus d’être médecin c’est un grand magicien). Les enfants sont très impressionnés, nous aussi d’ailleurs, mieux qu’à la télé les cartes, pièces disparaissent devant nos yeux ébahis. Nous sommes à quelques centimètres et nous ne comprenons rien. Il est vraiment très fort. Il a même appris un tour à Antoine. Maintenant il n’a plus qu’à s’entraîner pour la prochaine fois…

Il nous a fallu pour passer la frontière : faire 5 bureaux, montrer tous nos beaux visages, 6 tampons par personne, et bien sur faire la queue à chaque fois. Sans Conclusion : plus de 2 heures à la frontière.

Dans le sens inverse c’est pire, du au retour de vacances : des kilomètres de queue. Les chauffeurs ont tous éteints leur moteur et quand il faut avancer pousse leur voiture à la main. Ils semblent calme, ce n’est pas comme nous !!!

De l’autre côté nous trouvons des gens souriants, accueillants. Nous retrouvons les voitures cassées de Bolivie avec plusieurs personne dedans (8 personnes dont le chauffeur), les camions bariolés transportant tout et n’importe quoi…

Au niveau paysage : un désert…que du désert…plutôt sableux. Le seul élément perturbateur à ces paysages : la présence de la police, tout le long de la route, d’une façon régulière.

Pour la nuit nous nous sommes installés prêt d’un village, près d’une maison en demandant aux gens si cela était possible. Oui nous dise t’il, il y a un an un autre c car a passé la nuit ici.

Quand nous leur avons demandé l’heure nous avons été surpris d’apprendre qu’il y a deux heures de décalage avec le Chili donc six heures avec la France. Dur dur !!!

 

04/03/07 : ROUTE VERS AREQUIPA

Avec le décalage horaire nous étions tous réveillés à 6 heures. Le temps de travailler et de faire visiter le c car à une famille du village qui est venue nous parler nous étions dès 9 heures sur la route. Que du sable à perte de vue. La route ne fait que monter et descendre à travers un désert sableux . Pas une plante… rien !!

Arequipa : oasis de verdure dans ce monde sec. Nous cherchons la place d’armes (même nom pour toutes les villes et située toujours au centre). Après en avoir fait deux fois le tour, nous demandons à la police où nous pouvons nous garer. Elle nous conseille un parking gardé pas loin de la place. Nous nous sommes promenés en ville, fait quelques réservations (lignes de Nazca, galapagos, séjour en jungle). Pour digérer la facture nous avons fini dans un restaurant sur les arcades. Nous dominions la place d’arme et pouvions observer toute son activité, effervescence : dessinateur, personne qui donnait à manger aux pigeons, prêcheur qui hurlait ses bonnes paroles. De temps en temps la police très présente sur la place dispersait les groupes qui se formaient. Nous avons passé la nuit sur le parking : calme pour un centre ville.

05/03/07 : AREQUIPA

Le matin pendant qu’Eric finissait les dernières formalités avec l’agence de voyage nous sommes allés pour la première fois du voyage à l’alliance française feuilleter des livres.

Nous nous sommes rendus au Monastère de Santa Catalina de Siena construit en 1579 , moins de 40 ans après l’arrivée des espagnols dans lequel entraient comme sœurs des femmes d’origines diverses. Très joli monastère construit en pierre volcanique dont les murs sont peints en bleu, orange… Les divers tremblements de terre ont modifié la structure plusieurs fois. En dernier lieu il ressemblait à une citadelle où la famille de chaque religieuse construisait une cellule voir un petit appartement en fonction de leur richesse. Elle vivaient isolées de la ville, n’ayant pas le droit de sortir. Tout le long de la journée elles priaient, faisaient de petits travaux, s’occupaient de leurs cellules, de leurs repas, de leurs linges. Nous avons eu la possibilité d’avoir un guide en français. La visite a plu à tout le monde.

Après un repas rapide nous avons enchaîné avec une visite de différents points de la ville dans un tout petit taxi jaune. Ces voitures sont des voitures chinoises : même modèle pour tous, même couleur. Elles font un mètre de large siège passager, pas plus… mais à cinq bien tassés on tient. D’un mirador nous pouvions voir la ville : tout autour le désert, au loin les volcans avec leur dômes blancs. Les maisons de vrais cubes, tous pareils. Sur leur toits plats il y a de vrais réserves d’animaux : oies, poules, lapins… Au retour nous nous sommes arrêtés à un marché de fruit, très grand, loin des touristes : papaye, mangues, mandarine, pommes, pêches, bananes de toutes sortes (des petites, des grandes, des rouges), poires… Sur la route nous sommes tombés sur une « entreprise de carottes » : dans de grands bacs les carottes étaient brassées à l’aide des pieds des femmes afin de les laver. Puis elles les poussaient dans de grands filets que les hommes fermaient, soulevaient afin de les transvider dans d’autres sacs et de les aspergeaient une dernière fois d’eau. Enfin ses gros sacs de plusieurs kilos étaient déposés dans des camions et partaient à la vente. Quel labeur le tout à la main et aux pieds. Tout autour de la ville les gens travaillent dans les champs et tout se fait à la main…

Quinze minutes à les observer et nous sommes sortis avec les jambes en feu. Nous nous sommes fait piqués par de petites bêtes vertes… De retour en ville nous nous sommes promenés dans la ville, avons acheté quelques livres en français (des romans et deux livres photos/histoire dont un sur le Pérou et l’autre sur les Incas). En attendant le retour de notre linge que nous avons mis à laver nous sommes retournés à l’alliance française C’est la première fois que nous trouvons que le linge n’est pas bien lavé du tout !! Comme il est très tard nous dormirons une deuxième nuit et partirons demain matin de bonne heure.

Aujourd’hui c’est la rentrée des classes en Amérique du sud après deux mois et demi de grandes vacances.

 

06/03/2007 : ROUTE VERS NAZCA

Il est 7 heures, départ pour une longue journée de route vers Nazca. Sur la route que du désert… ses dunes de sable… la chaleur… la police garée sur le côté et de temps en temps quelques oasis grouillantes : les villages. La route ne fait que monter et descendre pourtant nous longeons l’océan avec ses immenses rouleaux. Une ville un peu plus active que les autres attire notre attention Camana. Nous posons le CC et déambulons dans les ruelles : le marché avec toutes sortes de fruits et légumes, la rue des cordonniers où nous donnerons la ceinture d’Aline trop grande pour trois trous supplémentaires. Au marché, la viande côtoie le poisson sans mesure d’hygiène à part une main qui de temps en temps ventile les différents morceaux. Anaïs écœurée passera les étalages poissons en se bouchant le nez et à grandes enjambées.

Dans ce village nous avons croisé des motos-taxis et des pousses- pousses (tiré par des vélos). Avant de partir nous avons fait un tour de pousse-pousse aux enfants.

Route vers Nazca après un bon repas typique pour deux euros par personne. Nous sommes arrivés à l’hôtel où nous avions rendez vous en début de soirée. Nous avons dormi dans le parc de l’hôtel car demain nous devrons être opérationnel de bonne heure : à 6h 45 une voiture viendra nous chercher pour nous emmener à l’aéroport de Nazca pour survoler les fameuses lignes datant de la civilisation Nazca.

 

07/03/2007 : NAZCA

6 h 00 tout le monde debout, 6 h 45 le taxi est là, 7 h 15 nous voilà dans l’avion, un tout petit de 5 places entrain de survoler les lignes de Nazca. Le casque sur les oreilles, les enfants s’amusent à reconnaître les formes en s’aidant de leur plan. Elles sont très visibles, sont dessinées ou gravées dans le sable sur les flancs de montagne sur une profondeur de 10 à 30 cm et une largeur pouvant aller jusqu’à 3 m. Elles datent de l’an 300 et 900. Certaines formes représentent des animaux comme le colibri qui fait 60 m de large, un singe de 80 m, un condor, un canard, une baleine, une araignée… D’autres représentent des formes géométriques : triangle, rectangle, ligne… Plusieurs hypothèses sont émises, la plus probable celle de Maria Reiche qui pensait que c’était un calendrier astronomique.

Que c’est beau de changer son sens de vision et de voir la terre d’en haut. Ouille ouille ouille pour nos estomacs qui avaient beaucoup de mal à apprécier les virages en huit : tantôt à droite, tantôt à gauche. Le vol durait 30 minutes : magnifique spectacle. Mais comment ont ils fait à cet époque pour tracer des lignes si droites, des dessins si parfaits alors qu’ils avaient le nez collé dessus ?? !! Nous sommes admiratifs !!! Nous sommes redescendus de l’avion l’estomac en compote et la tête dans les nuages.

Nous attendons notre taxi qui nous ramène au CC. Les enfants travaillent vites et bien :ils sont motivés, la piscine de l’hôtel les attend. Après un bon plouf nous voilà parti dans un nouveau taxi pour visiter un cimetière pré inca : le cimetière de chauchilla. Les restes de vêtements, d’étoffes avec lesquels ils emballaient les momies, les ossements, des fragments de poteries sont visibles dans toute la plaine désertique. A un certain endroit des tombes ont été découvertes : elles sont plus ou moins profondes (cela dépendait du statut de la personne), étaient faites en brique de terre, pour deux à trois personne, de formes rectangulaires. A l’intérieur de véritables momies en position fœtus. Certaines ont encore des cheveux (parfois plus de 3 m de long pour les chamans), des dents voir des ongles. Ils étaient enterrés avec des céramiques contenant des objets qui leur appartenaient, à manger.

Sur le retour nous avons croisé des champs de coton. Peu sont en fleur pour le moment car nous sommes entre deux cueillettes : elle a lieu tous les deux mois et trois fois dans l’année .Nous avons pu malgré tout en faire toucher quelques uns aux enfants qui étaient bien surpris de voir comment cela poussait.

Vite un plat pour se restaurer en vitesse car un autre rendez vous nous attend à Huacachina pour faire du buggy dans les dunes de sable. Adresse conseillée par des amis qui valaient vraiment le coup…

Quelques kilomètres avant d’arriver le paysage change : des dunes de sable de plus en plus grandes. De vrai dune comme dans le Sahara. Nous voilà à plusieurs dans le buggy pour une virée dans les dunes. Que se cache t’il derrière une dune ? Et bien une autre… encore plus grande… Et puis une autre : un vrai désert dont on ne voit pas la fin. Après les formalités, les petits imprévus (changement de buggy, pas d’essence, …) nous voilà partis à toute vitesse sur les dunes : le sable vole de partout, les enfants sont aux anges, nous aussi. Une bosse, deux bosses : de plus en plus vites. Soudain le buggy se retrouve en l’air, je vois les jambes des filles passaient au dessus de leur tête… Nous comprenons l’utilité des ceintures, c’est bien mieux qu’un grand huit… Arrêt sur une dune pour s’initier à la glisse en planche de surf. Recouverte de partout de sable je refuse de me noyer d’avantage dedans. Les enfants ne se font pas prier. Les filles vont descendre les deux premières allongées dessus, les hommes debout. Les deux suivantes tout le monde debout. Les enfants arriveront sans tomber. Eric aura plus de mal… La dernière descente: plus de 200 m à pic, tout le monde la fera allongée. La première qui s’est lancée, Aline, inconsciente du danger : tout le monde la regarde partir. Elle glisse vite, s’éloigne, n’est plus qu’un point loin devant. Les minutes me paraissent longues, quand va t’elle s’arrêter ?? Enfin, la voilà qui finit sa course sur l’autre dune. A tour de rôle tout le monde se lance..

La journée se termine par une course avec un autre buggy, de nouvelle dunes que nous gravissons à toute vitesse… Surtout qu’Eric excite bien le chauffeur..

Nous arrivons plein de sable et nous nous jetons dans la piscine de l’agence puis sirotons un bon jus de fruit nature tout en nous reposant des péripéties de cette longue journée. Les enfants préfèrent les hamacs…

 

08/03/07:PARC NATIONAL:PARACAS

Il est 6 heures, Eric et moi nous nous levons sans bruit et prenons la route. Nous avons réservé une sortie en bateau pour les îles Balestas à 8 heures. Il nous faut une heure, plus le temps de réveiller les enfants, de déjeuner.

Sur le port des pélicans pas farouches du tout. Nous avons pu les approcher de très près. Un pêcheur leur tendait un poisson . C’était rigolo de les voir se précipiter vers ce poisson le bec en l’air, et de s’entrechoquer pour essayer de l’attraper.

Nous voilà parti à fond les ballons sur un bateau. Premier arrêt pour voir un géoglyphe de 200m de haut et de 60m de large qui représente la Croix du Sud et est également un repère pour les marins. Puis nous voilà aux îles Ballestas surpeuplées de pétrels, pélicans, de fous blancs et de cormorans. De vrai nuage noir au dessus de nos têtes. Au milieu de ce piaillement incessant des phoques à l’abri dans les creux des îles dans les grottes. Super nous avons pu voir les bébés : de vrais peluches. La plupart été sur les bords, certains apprenaient à nager avec leur maman. Pas toujours facile avec le courant et les vagues, certains étaient projetés plus vites que prévus sur les flancs des rochers . Nous n’étions pas au bout de nos surprises car en rentrant au bord des dauphins sont venues accompagner nos embarcations : spectacle dont on ne se lassera jamais surtout quand l’un d’entre eux s’est mis à sauter tout de son long à côté du bateau. Il était si prés qu’il ne rentrait pas dans le cadre de l’appareil photo…

Avant de reprendre la route nous avons tourné dans la réserve afin de voir la formation rocheuse en forme de cathédrale (les rochers ont été modulés avec le temps par l’eau de mer et le vent) et la plage au sable rouge du à la composition minérale des montagnes aux alentours.

Nous voilà de nouveau sur la route pour Lima à travers les étendues désertiques et sableuses. Pour la nuit nous nous sommes arrêtés au bord de la mer à côté d’un bouiboui qui a bien voulu nous préparer un repas : nous étions les seuls à manger les pieds dans le sable. Et oui, les vacances sont finies pour eux.

 

09/03/2007 : ROUTE VERS LIMA

Réveil au lever du soleil par la musique de samba du bouiboui à côté duquel nous avons mangé et passé la nuit. Nous avons fait laver le CC puis nous avons repris notre route. L’arrivée à Lima fut tumultueuse avec tout ce monde sur la panaméricaine. Les voitures au milieu des moto-taxis, des bus collectifs qui crient à tue tête leur destination, des vélos, des piétons qui traversent n’importe où. Le tout sous un bruit permanent de klaxons : aucune règle on klaxonne pour signaler que l’on passe. Nous nous sommes vites trouvés un parking dans le centre de Lima : nous sommes bien mieux à pied. Première chose courir à la poste pour récupérer le paquet avec le reste des cours d’Antoine On signe plusieurs papiers et on sort de la poste sans le paquet. Et oui tout paquet supérieur à deux kilos sont stockés à l’extérieur du centre ville. Nous voilà parti dans un tout petit taxi qui slalom entre les voitures, klaxonne, freine au dernier moment. Au bout de 20 minutes d’une conduite sportive dans cet effervescence nous voilà arrivé. Pour récupérer le paquet il nous faudra faire 7 bureaux, 6 signatures et encore grâce aux enfants nous sommes passés vites… Le taxi du retour était en bien plus mauvais état que le premier… Plus de tableaux de bord, les portières rouillées et défoncées… Le voilà parti à toute vitesse entre les voitures. Arrêt à la station service pour prendre 2 litres…

Nous faisons un tour dans le centre ville mais n’étant pas emballé par la ville nous en sortirons plus vite que prévu. Arrêt pour la nuit au bord de la plage à côté d’un buibui. Aline a perdu une nouvelle dent. Y a t’il une petite souris au Pérou, nous verrons bien ? Le monsieur du buibui qui nous a reçu ne faisait que mouiller le terrain sableux autour du CC. Avait il peur que nous nous ensablions ?? Nous n’avons pas compris.

 

10/03/2007 : SECHIN

Nouveau matin où nous nous réveillons de bonne heure sous les airs de samba de la cahute d’à côté. Aline était aux anges et soulagée, il y a bien une souris au Pérou. Elle lui a laissé 10 sols. Nous nous mettons à travailler le cned de bonne heure. La route traverse toujours un désert plat entrecoupé par des champs cultivés. D’ailleurs que de monde qui travaille dans ces champs : laboure, sème, récolte. Tout se fait à la main. Nous nous sommes faits arrêter coup sur coup deux fois par la police qui nous reprochait sur un tronçon de quelques mètres de ne pas avoir respecté la vitesse à 45 km/h. Y avait il un panneau ? Nous n’avons rien vu. Toujours est il qu’ils nous ont gardé un moment, tourné autour du pot pour essayer d’avoir un billet. Nous avons fait les idiots… ils ont abandonné.

Arrivés à Sechin nous visiterons le musée et sa momie et un mur d’un ancien sanctuaire très surprenant. Deux peuples sont représentés : les vainqueurs représentés en entier avec leurs armes et leurs airs victorieux. Au milieu d’eux les vaincus avec des expressions d’horreur, terrifiés. Parfois les corps sont décapités ou les têtes …

Fin de soirée moins drôle Aline commence à être sérieusement malade : vomissement diarrhée…

 

11/03/07: HUACA DE LA LUNA

Terrible nuit avec Aline malade… Nous prenons la route malgré tout. Nous nous sommes arrêtés sur la route dans un marché pour essayer de trouver quelque chose à manger car les buibui nous allons arrêter un moment vue l’état d’Aline. Nous n’avons pas vu de mini market quelque soit le village, seulement des marchés. On trouve tous les fruits que l’on veut c’est beaucoup plus difficile pour les légumes et la viande. Nous repartirons avec des tomates, des œufs et quelques fruits et du pain. Quel tintamarre dans ce marché, chacun annonçant ce qu’il avait dans sa calèche au haut parleur.

Nous voilà reparti sur la route jusqu’au temple de « huaca dela luna ».

Cinq temples imbriqués les uns dans les autres avec des bas reliefs représentants des divinités, des animaux, des figures géométriques. Ce temple appartenait à un peuple pré-inca : civilisation Moché, 300 à 800 après J.C ;

Aline toujours pas bien nous demandons la gentillesse d’un centre spirituel de nous accueillir sur son parking. Nouvelle coïncidence ce centre est tenu par une belge qui est venue s’installer ici depuis des années.

 

12/03/2007 : TEMPLE CHAN CHAN

Aline va un peu mieux : plus de fièvre, moins de diarrhée ne vomit plus. Elle est très faible et a toujours bien mal au ventre. Elle va visiter le temple chan chan sur les épaules d’Eric. C’est l’ancienne capitale du royaume des Chimus, bâtie vers 900 ans après Jésus Christ. Cité entièrement en argile qui aujourd’hui est envahie par les sables du désert et sous la poussière des briques en terre décomposée.

Balayée par les vents cette cité gigantesque de couleur uniforme à un aspect labyrinthique . Elle est composé de neuf palais citadelles entouré d’un rempart en adobe haut d’une dizaine de mètre percé d’une seule porte d’entrée. A l’intérieur des palaces de cérémonies, des sanctuaires, des habitations, des sépultures, des jardins… Aujourd’hui les archéologues tentent de la sauvée de l’effet du temps en remoulant les fresques et recouvrant les murs d’un vernis fait avec du jus de cactus. C’est très surprenant de voir toute une cité en terre avec autant de motifs sur les murs : quel travail !!! Après la visite de la cité, visite du musée du site : poterie, armes, outils...

Petit tour en ville puis au marché où nous avons acheté des fruits dont on ne connaît même pas le nom avec une chair qui ressemble à la mangue. Nous nous régalons de fruits exotiques et de jus frais. Nous avons repris la route : plus on monte vers le nord plus la pauvreté est grande. Les maisons ne sont même plus en terre, mais toute petite faite en planche. En ville, toujours les marchés avec les produits locaux, pas de magasin, et les motos taxis qui sont de plus en plus nombreux au milieu des gens à vélo et en âne. Le soir nous pensions dormir sur la plage, nous demandons conseil à la police qui préfère nous voir dormir à côté d’eux, le CC sur le parking du commissariat.

 

13/03/07 :ROUTE VERS L’EQUATEUR

Avant de reprendre notre route nous essayons de téléphoner aux parents : personne ne répond, nous laissons un message sur répondeur.

Une personne est venue vers nous nous poser des questions sur notre voyage. Il nous conseille au lieu de longer la côte qui n’est que du désert de prendre une route plus à l’intérieur qui traverse des villages, des champs. Malgré qu’elle soit un peu plus longue nous décidons de passer par là, afin de voir autre chose que ce désert magnifique mais qui n’en finit pas.

Au bout de quelques kilomètres nous longeons des cultures de riz, de cotons, de melons. Les paysages sont verdoyants, il y a du monde qui travaille dans presque tous les champs. Sur le chemin nous nous sommes arrêtés pour observer un jeune qui rassemblait les épis de blé, les attachait ensemble et les secouait énergiquement au dessus de sacs afin de récupérer les graines. Plus loin dans un autre champ pendant que les travailleurs semés méthodiquement, les ânes chargés de grandes jerricanes d’eau broutaient le peu d’herbe au bord du champ. A un autre endroit c’est une femme très âgée à l’ombre d’un arbre qui surveille ses quelques chèvres qui broutent au bord de la route. Nous croiserons sur cette route beaucoup de chèvres, de cochons et quelques vaches maigres.

Voulant prendre un raccourci nous nous sommes retrouvés sur une piste au milieu de la forêt tropicale. Cette piste traverse de petits villages où de nombreux hommes se reposent devant leur maison très sommaire à l’ombre. Les femmes sont au bord de cour d’eau où elles font la lessive dans une eau marron, la vaisselle et surveillent les enfants qui souvent se baignent tout nus dans cette eau boueuse. Plusieurs fois nous devrons traverser des passages dans l’eau suffisamment profond pour que tout le dessous du CC se retrouve sous l’eau. Heureusement il n’y a pas eu de grosses pierres sinon…

Il fait lourd, très lourd. Nous nous arrêterons devant un commissariat qui veut bien nous héberger pour la nuit. Certains d’entre eux se sont intéressés à notre voyage, à notre organisation avec les enfants. Ils sont venus discuter avec nous, visiter le CC…

C’est sous un gros orage que nous nous endormirons.

 

retrouver la suite de notre recit sur la page equateur...

Perou deuxieme partie la descente

18/04/2007 : JOURNEE PLAGE

Quel calme cette nuit !! Sous la grande insistance des enfants nous faisons une pause et décidons de passer une journée de plus à la mer. Les enfants ont travaillé et en fin de matinée nous avons tous fini à la mer avec les poissons qui sautent tout autour de nous , les pélicans flottent sur les vagues et les frégates se battent pour un poisson. Nous avons profité d’un restaurant sur la plage pour déjeuner les pieds dans le sable, faire un baby foot et replonger dans l’eau. En fin d ‘après midi nous avons fait une marche le long de la mer où les enfants depuis des rochers s’amusaient à se faire éclabousser, non, plutôt à se faire tremper par les vagues.

19/04/2007 : LA COTE

Nous continuons notre route en longeant la côte. Nous retrouvons le grand désert du Pérou : désert de sable, montagne nue et rocailleuse aux couleurs jaunâtres. Sur la route la police nous arrête pour un contrôle routinier (il y en a beaucoup au Pérou). Nous nous apercevons que notre pot d’échappement est cassé. A la première grande ville nous nous arrêtons et demandons un garage. On nous indique une rue.

A peine arrivé dans la rue des réparateurs que nous nous faisons assaillir de toute part chacun nous demandant de nous arrêter là sur le bord de la route. Et oui, le garage s’est le bord de la route. Ils vont nous réparer le pot d’échappement, la barre de protection en dessous du CC qui est complètement tordue à force de se prendre des trous et des bosses, et refixer un endroit extérieur de la cellule car la réparation d’Eric ne tient pas. Sans parler qu’il y a deux pièces de direction à l’avant qui sont morte et qu’il faut changer. Quel trafic autour du camping car entre ceux qui réparent en entrant dans un magasin, ressortent repartent dans un autre et ceux qui par curiosité restent autour de nous.

Au bout de quelques heures on peut repartir. Réparation rapide, bien faites, mais un peu cher j’ai l’impression de me faire plumer. Le Gringo on le repère de loin. Mais comme tout est allé très vite et que l’on a pas demande le tarif avant on est un peu coincer…

On s’arrête en ville pour voir sur Internet si on n’a une réponse pour le bateau (toujours pas !!!). Pendant ce temps je décide de rester au CC avec les enfants. Soudain un homme s’arrête à côté du CC et me fait des grands signes en signalant un problème sous le CC. Méfiante j’enlève les clés du contact, les confie à Anaïs et je descends voir. Bien sur je ne vois rien. Antoine descend à son tour et surprend une des deux personnes entrain d’essayer de rentrer pendant qu’il regardait sous le CC. Du coup par précaution nous fermons toutes les portes. Quelques minutes après les deux hommes reviennent : pendant que l’ un des deux nous parlent l’autre essaye d’ouvrir la cellule. Tout va très vite. Voyant qu’ils n’y arrivent pas ils s’en vont. Quelques secondes après une voiture de police s’arrête. Un policier l’arme à la main en descend et se dirige vers nous. C’est l’artisan sur le trottoir à côté de nous qui a observé le manège et s’en en avoir l’air a téléphoné à la police. Merci, c’est sympa de se sentir protéger. Eric arrive sur ses faits. On discute avec la police puis on reprend la route.

Aline maintenant a un peu peur mais avec le temps cela s’arrangera.

Le soir nous nous sommes arrêtés dormir au bord de la mer. Difficile de trouver une place car chacun s’approprie le bord de mer, en construisant sa maison sur la plage. Parfois un passage étroit permet l’accès à pieds à la mer mais avec le CC s’est beaucoup moins facile. Quand on demande où est la plage on nous indique un endroit entre deux maisons de 10 mètres de large voilà la plage…

20/04/2007 : ROUTE VERS LE SUD

Nous avons roulé toute la journée à travers le désert. De temps en temps par le système d’irrigation on traverse des cultures. Il faisait très chaud. Le soir nous nous sommes arrêtés dans un village de pêcheur pour la nuit : Puerto Morins

21/04/2007 : ROUTE VERS LA CORDILLERE NOIRE

Nuit affreuse surtout pour moi à cause d’un chien qui a aboyé une bonne partie de la nuit à côté du CC. Nous devions le déranger… Ce matin alors que nous étions entrain de somnoler nous entendîmes un drôle de bruit. N’arrivant pas à l’identifier nous ouvrons les volets et nous aperçûmes un magnifique perroquet bleu vert jaune entrain de jacasser sur l’antenne du restaurant d’à côté. Eric part faire quelques photos d’oiseaux et revient avec un petit filet de pêcheur qu’il a acheté à un pêcheur du coin. Cela fait un moment que j’en cherchais mais ils étaient toujours beaucoup trop grands. Quand nous sommes repartis sur la piste qui rejoignait notre route Anaïs a pris le volant. Elle était déçue que cela ne dure pas plus longtemps. Mais fier de faire les pédales comme elle dit.

L’ascension à travers la vallée de Huaylas est magnifique par le canyon d’El Pato : elle s’étend sur 160 kilomètres à des altitudes variant de 1800 m à 4 080m d’altitude. Elle est bordée par la cordillère blanche. C’est une chaîne de montagne qui rassemble le plus grand nombre de sommets de plus de 6 000m de haut après celle de l’Himalaya. De l’autre côté la cordillère noire avec sa végétation rase. Notre excursion commence par traverser la vallée avec ses différentes cultures comme celle d’un maïs orange qu’ils font sécher et celle des piments. Puis nous avons quitté la route pour longer la rivière dans une gorge étroite. La piste est très étroite (impossible de croiser sauf à quelques endroits), difficile : gros trous, bosses les unes sur les autres. Nous passons dans des tunnels taillés dans la roche, sur des ponts, nous longeons des crevasses. La barre de protection du CC racle souvent sur cette piste. A côté celles de Bolivie et même la caratéra australe c’est de la rigolade. Quand nous sommes arrivés au village de Huallancas un homme nous a signalé que nous avions une pierre de coincée entre les deux roues arrières. Il nous a fallu du temps pour arriver à l’enlever mais nous y sommes arrivés (du moins le monsieur qui nous a si gentiment aidé). Nous avons passé la nuit dans le village. Dans la soirée la police nous annonce que la route est bloquée suite à un glissement de terrain. On peut rejoindre Caraz par une piste étroite aux virages nombreux. « Mais les camions passent » nous disent- ils, pour nous rassurer !!!

                                       

22/04/2007 : ENTRE LES DEUX CORDILLERES

Nous voilà parti sur la piste conseillée par la police. La seule, sinon c’est demi tour. Piste tortueuse, très tortueuse, raide, très raide, étroite, très très étroite, …très difficile… On ne dépasse pas les 10km/h… Heureusement on ne croise que deux fois… Mais on avance. Désolé pour les photos mais Eric n’a vraiment pas la tête aux photos dans ces moments là. Pourtant le paysage qui surplombe la rivière et le canyon est un des plus beau du voyage. Nos yeux ne quittent pas la piste il faut surveiller le ravin non protégé par une bordure, les pierres, les trous. Parfois des passages plus difficile nous oblige à s’y prendre à deux fois. Souvent Eric demande mais qu’est ce que je fais là ?

Au bout de trois heures pour 30km nous voilà à Caraz. Ce village comme tous ceux de la région a subi de nombreuses catastrophes naturelles (tremblements de terre, inondations, glissements de terrains…). La plupart des villages ont été reconstruits en respectant l’architecture mais les vestiges Incas ont rarement été préservé.

Une fois à Caraz nous retrouvons la route : ouf !! Eric se détend. Petite après midi de route pour arriver à Huaraz. C’est une grande ville dynamique, importante. Nous nous promenons dans les rues animées et commerçantes avant de regagner les hauteurs prés d’une église pour passer la nuit. Quelles hauteurs ! nous finissons en première à fond sur l’accélérateur en espérant que ça passe tellement la pente est raide !!!

23/04/2007 : HUARAZ ET LA CORDILLERE BLANCHE

Avant de reprendre la route nous sommes allés au marché de Huaraz. Le costume des villageois est resté le même depuis des lustres. Ce sont surtout les femmes qui sont attachées à leur tradition vestimentaire : jupes de laine de couleurs différentes enfilées les unes sur les autres, un chemisier brodé aux coloris vifs. Sur leur tête un chapeau melon orné d’un ruban de couleur. Avant ce ruban avait une signification (noir pour une veuve, blanc pour une femme mariée, rose pour les jeunes filles). Aujourd’hui il existe une multitude de ruban.

 

Sur le marché il règne une grande activité. Dans les allées étroites il fallait faire attention aux nombreuses charrettes tirés par des hommes, aux femmes qui avaient leurs achats dans le dos. Tout est organisé par quartier : textiles, fruits, légumes, viandes. Dans le coin de la viande pour la première fois nous avons vu des poulets accrochés par la tête, d’autres se faire déplumer, vider et jeter dans un bain bouillant. Comme d’habitude ce marché nous a beaucoup plus. Nous avons repris la route pour Chavin : toujours plus proche de ces montagnes pointues aux sommets enneigés. Sur la route des huttes en paille, boue et bois sont encore habitées. Nous croisons quelques troupeaux de moutons, vaches… parfois sur la route. C’est à nous de faire attention !!Pour ne pas changer des habitudes la belle route goudronnée est parsemée de trous… de gros trous… sans oublier les éboulis qui parfois coupent une partie de la route. Nous grimpons, grimpons pour passer le col à 4 500m d’altitude. La route est magnifique au milieu de ses pâturages, de son lac de montagne. Au –delà du col la route qui descend devient de plus en plus difficile : sinueuse, étroite, avec de nombreux trous, bosses, et surtout des éboulis où parfois il fallait réfléchir comment les passer en évitant de frotter le dessous du CC. Bien sur des pierres se sont encore coincées entre les deux pneus. Nous arrivons enfin au village de Chavin où nous visiterons l’un des sites archéologique le plus ancien du Pérou : le complexe de Chavin de Huantar. C’est un ancien lieu de culte datant de 1000 ans avant J.C où l’un des dieux qu’on y vénérait avait l’apparence d’un homme-jaguar. Dans le site plusieurs pyramides, plusieurs galeries souterraines. Les enfants ont bien aimé déambuler dans ses souterrains. Dans le musée on trouve le résultat des fouilles. La plupart des pièces représentent ce dieu. En fin d’après midi nous nous sommes promenés dans ce village très rustique avec ses façades de maisons délabrées, colorées, usées par le temps. Au milieu des hommes qui déambulaient avec leurs ânes parfois chargés quand ils revenaient des champs.

Dans une rue un âne qui se frotte le dos au sol, les pattes en l’air, un cochon déboule suivi d’un mouton. Ils passent devant l’âne et pousse une porte non fermée à clé et disparaissent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Dans une autre des enfants jouent à faire rouler un pneu de voiture alors qu’un autre essaye sur le trottoir de faire ses exercices de maths. Des femmes tricotent devant leur devanture de magasin ou filent la laine. Dans les champs c’est la récolte du maïs. Savez vous que l’intérieur du pied de maïs se mange ? Du moins eux, ils le mangent. Des policiers sont venus nous voir et nous dire que l’on pouvait dormir n’importe où dans le village. Il y a des rondes toute la nuit. Ils nous ont proposé de dormir autour de la place d’arme à côté du commissariat. Nous y sommes allés à pied. Nous avons bien rigolé car tout le tour de la place d’arme est en travaux : aucune rue que des tranchées. Nous ne savons pas où ils voulaient que l’on gare le CC. De ce fait nous sommes restés prés du site archéologique.

                            

24/04/2007 et 25/04/2007 :

CHAVIN ET ROUTE VERS LIMA

Avant de quitter ce village nous faisons un tour à pieds. Comme il n’y avait pas beaucoup de vie par rapport à hier soir on décide de reprendre la route et de s’arrêter de temps en temps pour prendre une photo, observer un paysage ou une scène.

La route du retour est la même qu’hier. Or il a plu toute la nuit. Les éboulis sont encore plus nombreux. D’ailleurs l’œil d’Eric en a vu un en cour au moment où l’on allait passer. Heureusement que nous nous sommes arrêtés car il n’était pas bien gros mais cela aurait suffit à casser ma porte ou le pare brise. La route est encore plus belle malgré sa difficulté car aujourd’hui nous avons un beau soleil. Le vert des montagnes est pétant ainsi que le patchwork de culture sur les flancs de ses montagnes aux pentes si raides. Le tout contraste avec la couleur des maisons en terre et l’eau si claire de la rivière en contrebas. De temps en temps un hameau de quelques maisons très sommaires devant lesquelles broutent des moutons ou vaches si ce n’est les enfants qui jouent dans les champs à côté des parents qui travaillent.

De nombreux travaux sur la route ne facilite pas notre passage mais cela nous laisse le temps de voir ses hommes et ses femmes en activité.

Depuis nous roulons. Après ses montagnes, les hauts plateaux encadrés par les montagnes blanches nous avons franchi un autre col pour se retrouver au niveau de la mer. Effectivement au détour de deux trois virages, le paysage change totalement. Nous retrouvons les montagnes désertiques et des zones de cultures aux endroits irrigués. Parfois dans le sable des tâches rouges. Se sont des étendues de piments qui sèchent au soleil. Ou des tâches orange ce sont des maïs. Il fait chaud très chaud subitement. Quelle différence de paysage en si peu de temps.

Nous dormons au bord de la mer au même endroit que le 9mars mais les petits restaurants installés pour l’été ont disparu.

Aujourd’hui nous avons roulé, roulé. Nous devons arriver dans la région de Cuzco le plus vite possible. Nous passons Lima et continuons notre descente vers le sud. Je fais travailler les enfants pendant qu’Eric enchaîne les kilomètres. Soudain un pneu deux pneus de crevés. Nous finissons la journée dans une goméria. Un des pneus est irrécupérable : il a éclaté et commencé à fumer. Ce qui est étonnant c’est que nous n’avons rien entendu. Le deuxième est réparé et mis en roue de secours. Nous nous arrêtons peu de temps après au bord de la mer. Nous profitons d’un beau coucher de soleil sur des barques de pêcheurs autour desquelles plusieurs pélicans espèrent trouver un poisson.

Les enfants profitent d’un terrain de basket pour se dégourdir les jambes.

                              

26/04/2007 : ROUTE VERS NAZCA

Jusqu’à Nazca c’est la même route désertique. Nous roulons à travers une pampa déserte avec des cultures parfois le long de la route. D’un côté la mer de l’autre les montagnes sèches. Les enfants nous supplient de les ramener faire du buggy et du surf de plage. Mais nous n’avons pas le temps. Nous roulons, roulons depuis plusieurs jours. La fatigue commence à se faire sentir surtout que les routes sont loin d’être toujours faciles. Nous passons d’un col à plus de 4 000 m pour rejoindre une vallée et en passer un autre.

La fatigue, la chaleur, le froid, l’altitude, les enfants malades…Tout cela en une journée. Bref nous sommes épuisés. Ralentir ? C’est difficile. Il nous reste tant de sites, de paysages à visiter. Mais nous prenons malgré tout autant de plaisir à découvrir ce qui se cache derrière le prochain virage.

Après Nazca où nous avons fait une petite halte nous sommes partis vers l’intérieur sur la route de Cuzco. Adieu, le Pacifique !!!

Nous quittons vite la vallée pour affronter un premier col à 4 400 m. La route est raide , sinueuse. Les montagnes jaunes, rougeâtres sont totalement désertiques.

         

Surprise de l’autre côté du col : tout est verdoyant, et sous le brouillard. Nous retrouvons les vigognes et leur bébé, les moutons. Quelques habitations sommaires longent la route.

A cet altitude la plupart du temps les gens doivent vivre dans le brouillard. Quel courage !!Sur le bord de la route des hommes et des femmes, parfois très chargés, transportent dans leur dos de l’herbe, du bois, parfois surveillent les vaches ou moutons. Ils nous font un signe quand nous passons. Nous arrivons en fin de journée à Puquio. Dans le village la route est totalement cassée. C’est avec beaucoup de difficulté que le camping car grimpe, tanguant tantôt à droite, tantôt à gauche. Arrivé en haut du village on nous dit que pour Cuzco il faut passer en bas du village alors que la pancarte de signalisation (pour une fois qu’il y en a une) indique par le haut ??! !Apparemment la route serait trop mauvaise : qu’est ce que cela doit être. En faisant demi tour nous croisons un parking. Nous demandons pour y passer la nuit. Pendant que je prépare les enfants surtout Aline qui est fatiguée et a mal au ventre, Eric discute avec plusieurs personnes du village. Tout le monde veut voir le camping car. Nous leur disons demain matin. Nous sommes la curiosité du village. Ils nous disent qu’ils gagnent 600 sols par mois (150 €). C’est peu surtout par rapport à certains prix. C’est pour çela qu’ils achètent le strict minimum et mangent toujours la même chose : riz ou pomme de terre, poulet, cochon. En discutant nous apprenons que Cuzco n’est plus ni en bas, ni en haut mais tout droit. Décidément tous les chemins mènent à Cuzco. Bref , nous verrons bien demain. Pour le moment la route est partout et nulle part !!

 

27/04/2007 : ROUTE VERS CUZCO

Des gens du village nous disent qu’il faut 10 heures pour Cuzco encore… Nous n’y serons pas ce soir. Comme nous nous y attendions pour sortir du village ce n’était pas une mince affaire : routes chaotiques que nous avons du arpenter en long, en large en avant et même en marche arrière. Et oui c’est impossible de faire demi-tour dans une ruelle car elles sont trop étroites. Parfois nous remontons toute une ruelle en marche arrière. Quel boss le chauffeur !! Enfin nous voilà sur la route de Cuzco. Nous nous arrêtons à la sortie du village prendre de l’essence, malgré que la station ne nous inspire pas par son aspect délabré. Comme il n’y a pas d’autres stations services sur la route aujourd’hui, nous ne prenons pas de risque. Tout ce que nous pourrons trouver sur la route se sont des petits vendeurs qui affichent une pancarte devant leur maison « gasolina » et vendent l’essence au bidon. Nous nous engageons sur le premier col. La route est toujours aussi tortueuse, raide mais goudronnée. Les paysages sont verdoyants. Il n’y a pas de culture. Sur la route quelques personnes qui doivent se rendre… à pied… à la ville. Parfois ils en sont bien loin. Sur le plateau quelques hameaux de maisons : de simples rectangles en terre, cachés par des murs en pierre ramassées dans les champs pour les protéger du vent. Les toits sont rarement en chaume mais le plus souvent en tôle.

Nous retrouvons une multitude de troupeaux de lamas avec leur bébés. Ils sont jolis avec leur pompons rouges derrière chaque oreille. Malgré la hauteur : 4 500 m il y a des vaches qui broutent tranquillement. Devant certaines maisons des peaux de lamas reposent sur le bord de la route afin de sécher. Elles viennent juste d’êtres coupées. Parfois sur le mur en pierre de la maison c’est de la viande qui sèche… de la viande de lamas et de moutons. Nous ne voyons pas de culture. Que peuvent ils manger si éloigné de la ville ? Du lama sûrement ainsi que des pommes de terre malgré que nous n’avons pas vu de culture.

De temps en temps au bord de la route des enfants jouent. Quand nous passons ils tendent tous la main. Plus loin une petite fille isolée fait la même chose. Nous lui donnons un paquet de céréales. Un grand sourire illumine son visage rond et sale. Elle retourne prés des lamas toute heureuse. Pas plus haut que trois pommes elle doit avoir à peine 5ans. La végétation est rase au loin les sommets sont enneigés. Nous restons longtemps à cet hauteur faisant une pause pour le déjeuner au milieu de quelques habitations. Encore une fois nous sommes surpris par la quantité de gamins qui jouent dans ces villages. Combien font ils d’enfants ?

En ville pas beaucoup mais à la campagne cela semble bien différent. L’après-midi la route est aussi jolie. Une grande activité règne au bord de la route. Les femmes portant dans leur dos de l’herbe qu’elles maintiennent par un grand tissu coloré. Parfois le tas et si gros qu’elles disparaissent derrière. Plus loin ce sont des hommes qui ramassent du bois et le ramène sur des ânes. De temps en temps un enfant à vélo en porte également pour aider ses parents. Les femmes sont toujours en activité.

 Nous les voyons devant chez elle en train de laver du linge dans des bassines ou de s’occuper des enfants, de préparer à manger, d’écosser les légumes comme sur le marché. Entre toutes ces activités, elles filent la laine en marchant en discutant d autres tricotent… Mais elles prennent le temps de se rencontrer, de rire. Ils sont toujours entrain de sourire, de rire. Dans leur vie simple et dure ils semblent heureux.

 
Suite au premier col un deuxième nous attend. Une rivière aux eaux claires ondulent comme un serpent en fuite. Tantôt nous le rejoignons tantôt nous en éloignons. Notre route toujours aussi sinueuse parcourt ces montagnes verdoyantes aux pentes raides. Nous apprécions ses contrées retirées, malgré les longues distances. Nous arrivons en fin de journée à Abancay où nous passerons la nuit dans une station service à la sortie de la ville. Nous sommes arrivés au moment d’une fête. Plusieurs routes dans la ville était barrées .De nouveau c’était la galère pour s’en sortir : rues étroites, barrées, aucune indication. Jusqu’au moment où nous nous sommes retrouvés coincés dans une ruelle. Impossible de continuer devant car ils avaient installés une estrade, impossible d’aller à droite pour nous, car un camion garé bouche la circulation. Ils ne nous reste plus qu’à refaire toute la ruelle en marche arrière. Comme les voitures continuent d’arriver je vais jouer à l’agent de circulation et barrer l’accès à la route pendant que Eric sur 400 m va reculer. Nous avons eu droit à des coups de klaxons mais il fallait bien que nous nous en sortions.

28/04/2007 : ENFIN CUZCO !!

Nous entamons une nouvelle journée de route. Nous franchissons vite un premier col. Le long du trajet règne une certaine activité : les femmes lavent leur linge. Cela doit être l’activité matinale car elles sont nombreuses à le faire. Une fois lavé, le linge sèche sur le mur en pierre devant la maison, ou la poutre sous le toit quand un fil n’est pas tendu tout autour de la maison. Dans ce cas impossibles de sortir de chez soi, d’ouvrir une fenêtre. Quand il n’y a rien de tout cela le linge est posé sur les buissons. Nous ne voyons quasiment jamais de fil à linge installé dans le jardin.

Certaines femmes portent des charges si lourdes dans leur dos qu’elles ont le dos tout courbé. Parfois elles se font aider d’un enfant qui lui aussi commence très jeune à porter des charges lourdes et encombrantes. La végétation devient plus riche. Sur les flancs des montagnes des arbres, des arbustes d’espèces différentes. Souvent sur la route des troupeaux de vaches, de moutons de cochons nous obligent à faire attention…Car la route est pour eux.

La couleur vive des tenues des femmes ressort dans le vert des montagnes. Nous croisons plus de cultures que la veille. D’ailleurs de temps en temps au bord de la route des étendues de maïs sèchent. Il existe plusieurs variétés de maïs. Pour le moment nous en avons vu du blanc, du jaune, de l’orange et du noir (ce dernier est utilisé pour la fabrication de la fameuse chicha).

Soudain alors que nous étions arrêtés au bord de la route pour une photo, un gros bruit provient du camping car. Surpris par ce bruit nous avons mis quelques instants avant de comprendre que cela venait de la valve du pneu avant. Le pneu s’est dégonflé à vue d’œil. Nous commençons à avoir l’habitude : 3 pneus en une semaine. C’est une bonne moyenne !!Voilà de nouveau Eric sous le camping car pour chercher la roue de secours. Une fois prés nous cherchons un garage dans le premier village que nous croisons.

Le garagiste spécialisé dans les pneus est très gentil. Il nous répare cela en un tour de main. Ce n’était que la valve. Il habite dans son atelier qui n’est qu’une grande pièce de 15 m². Après une pause déjeuner dans un bui-bui pas très bon mais le seul du coin nous voilà de nouveau sur la route. Cuzco n’est plus qu’à 180 kms.Nous approchons doucement mais sûrement.

 Des hommes coupent le bois : attention ici tout se fait à la hache. Il n’y a pas de tronçonneuse et le bois à couper il y en a des tas et des tas devant les portes .Ils s’en servent pour se chauffer mais aussi pour le four. Plus loin c’est les céréales que l’on tamise . Dans les champs la plupart du temps c’est une charrue tirée par des bœufs qu’ils utilisent pour labourer. L’utilisation des tracteurs est si rare que dès que nous en voyions un nous sommes tout surpris.

 

Enfin la pancarte de cuzco. Sur les hauteurs de la vile nous croisons un camping car immatriculé 33 ; nous nous arrêtons et discutons un bon moment. Nous nous retrouverons demain et décidons de faire le Machupicchu ensemble avant de nous envoler pour 5 jours dans la jungle en fin de semaine. Nous les connaissions sans les connaître car se sont des amis des espaclas ( aujourd’hui en France) avec qui nous avons fait un bout de chemin au mois d’août ensemble.

Devant ce changement de programme nous courons après un traitement anti paludisme. Ce qui ne fut pas une mince affaire. Ils ont une multitude de pharmacie mais aucune ne possède de traitement. A force de tourner, de questionner nous apprenons que nous avons des chances de le trouver dans une pharmacie au centre ville. Eric prend un taxi et reviendra après un bon moment avec le traitement.

Nous nous dirigeons pour la nuit vers un village : « chinchero » où demain il y a un marché très typique.

  

29/04/2007 : CHINCHERO ET OLLANTAYTAMBO

Ce village se trouve à 3 760m d’altitude. La route pour s’y rendre traverse de fascinants paysages. Dans ce décor patchwork du à la présence d’une multitude de cultures sur les flancs des montagnes nous avons croisé plusieurs familles dans les champs. Certains ramassaient le maïs, d’autre les pomme de terre alors que certains se reposaient dans les champs en sirotant la chicha. Dans cette région les maisons sont en adobe et tuile. En arrivant dans le village nous nous garons à côté de la place du marché. Que de couleur sur ce marché artisanale péruvien !! Les artisans à même le sol sur une couverture étale leurs produits . C’est un vrai mélange de couleurs au milieu d’un cadre magnifique entre les montagnes et les vestiges Incas et Espagnols. Nous avons parcouru ce marché en long et en large. Les enfants vont et viennent de leur côté, négocient leur prix. D’ailleurs Aline pas du tout impressionnée c’est très bien s’y prendre : elle prend un petit air, sort sa phrase « por fabor es mi qui paye ». Les marchands se marrent tout le temps et parfois elle obtient un bon prix. Nous nous profitons de se marché si coloré pour faire des photos. Cette place est entourée d’un très haut et beau mur inca. Le reste du village est tout en hauteur. Les escaliers et les ruelles sont raides, en pierre. Au milieu de ces rues on peut voir la rigole originelle d’évacuation des eaux. Les espagnols ont utilisé les monuments des incas pour construire leurs maisons leurs Eglises, et , monuments. Les demeures coloniales s’appuient donc sur les soubassements d’origine sans modifier le tracé des rues. Ce mélange de construction de couleur (terre et chaux)est très original. En haut du village autour d’une place l’église coloniale du 16è siècle. Les murs intérieurs et extérieurs de l’entrée sont tous peints. Même les poutres du toit sont peintes. La nef, de style baroque est peinte également. Nous y sommes arrivés pour l’heure de la messe. L’Eglise était pleine. Les femmes arrivent les bras chargés de fleurs. Tout le monde chante.

Devant l’Eglise un ensemble de terrasses incas. Les murs sont composés comme pour toutes les demeures de blocs énormes de pierres arrondies ajustées à la perfection.

Au delà les montagnes dont certaines aux dômes enneigés.

MIDI…Déjà. Que le temps passe vite. Nous reprenons la route pour Ollantaytambo où nous retrouvons Martha, Maëva (leur fille de 9ans), et, Christpohe. Après-midi calme à discuter, jouer pour les enfants et réserver le train pour demain matin pour le Machupicchu . Nous avons eu beaucoup de mal à retirer de l’argent aux deux distributeurs de la ville… Or le train ne se paye qu’en liquide et en dollar.

 

30/04/2007 : DEPART POUR LE MACHUPICCHU

C’est tout une expédition. Départ en train pour Aguas Calientes. Et oui, il n’y a pas de route pour le Macchupicchu. Cette ville est tout en hauteur et est entourée de montagnes aux pentes abruptes. En bas une rivière à fort débit. Tout le long des rues, des commerçants, des restaurants et des hôtels. Nous partons avec Christophe, Martha et Maëva. Les enfants sont contents d’avoir une copine. Quand nous sommes arrivés nous avons cherché un hôtel. Un hôtel correct car avec nos 10mois et demi de voyage « en camping » nous avons envie de nous offrir un bon lit. Puis nous avons passé la plupart de l’après-midi dehors à déambuler dans les ruelles raides. Au lit de bonne heure car demain matin le réveil est à 4h30 !!

01/05/2007 : LE MACHUPICCHU

4h30 du matin, le réveil sonne. Dur dur pour les enfants !!Il faut s’y prendre à plusieurs reprises pour les réveiller. Anaïs râle, Aline ne veut pas se lever. Par contre Antoine est tout excité. Nous nous sommes réveillés depuis 3 heures du matin grâce à un coq qui exerce sa voix toute les heures… Nous prenons un petit déjeuner rapide. A 5h15 nous attendons le bus. Nous ne sommes pas les seuls… Qui va réussir à monter dans les premiers bus ? Chacun veut arriver le premier à l’ouverture sur le site pour profiter du lever du soleil sur les ruines et les parcourir sans trop de monde. Une colonie de bus arrive. Nous montons dans le deuxième. Sur le chemin, le bus s’arrête. Quelques personnes qui s’étaient aventurés sur le chemin pour monter à pied abandonnent et continuent en bus. La route est sinueuse et très pentue. Il faut 25 minutes de bus pour atteindre l’entrée. Les portes s’ouvrent quand nous arrivons. L’excitation monte… Qu’allons nous découvrir derrière ce chemin ascendant où tout le monde se suit à la queue leu leu ?

Soudain sans prévenir au détour d’un dernier effort nos regards plongent sur le « machupicchu » encore dans une semi-obscurité, entouré par des montagnes en pain de sucre. Quelle beauté !! Quelle atmosphère !! C’est indescriptible… Personne ne parle. Le silence règne. Nous l’observons, prenons quelques photos et retombons dans sa contemplation. Nous profitons que personne ne soit sur le site pour faire quelques photos. En effet la plupart des gens montent au niveau de la maison du gardien pour attendre le lever du soleil. Nous continuons de parcourir le site. Nous déambulons à travers les vestiges des maisons, des temples, des terrasses… Le tout s’organise en deux séries de bâtiments reliés par de nombreux escaliers raides et hauts surplombant le précipice et entre lesquels s’étend une grande place. Le soleil monte vite. Nous avons vite trop chaud. Ce site est construit tout en hauteur. Il est 10 heures. Nous sommes tous fatigués. Nous le parcourons depuis 6 heures du matin. Nous crapahutons vers la maison du gardien pour profiter de la vue sur le site tout en nous reposant. Eric plein d’énergie part tout seul voir le pont de l’inca. Il en a pour une heure de marche sur un sentier étroit et vertigineux. Nous décidons de rentrer lorsque les touristes arrivent enfin sur le site en masse, la visite se fait désormais à la queue leu leu, un vrai plaisir…

De retour à la ville nous nous reposons autour d’une table. L’après-midi se passe tranquillement à discuter alors que les enfants avec le peu d’énergie qui leur restent préfèrent jouer. En fin d’après-midi nous reprenons le train pour Ollantaytambo. A 19h30 tout le monde dormait…

  

02/05/2007 : JOURNEE REPOS A OLLANTAYTAMBO

J’ai eu la migraine toute la nuit et encore aujourd’hui. Je suis très fatiguée comme nous tous. Nous devions partir ce matin pour continuer de visiter la région. Finalement nous décidons de rester une journée de plus et nous reposer .Les enfants jouent avec Maëva dans le parc de l’hôtel (ollantaytambo lodge) pendant que nous nous rangeons , nous discutons. L’après-midi après un restaurant nous flânons en ville, au marché. De retour au camping car les hommes s’occupent des enfants et les font travailler. Nous profitons de notre moment de liberté entre femmes pour faire quelques photos de la ville et de ses habitants. Que c’est agréable de se retrouver entre femmes… sans les enfants et … sans les maris

 

Fin de journée autour de pop-corn préparé par Martha .

03/05/2007 : DEPART POUR CUZCO

Nous quittons nos nouveaux amis et prenons la route pour Cuzco. Nous avons fait quelques kilomètres seulement, que dans un village nous assistons à différentes danses. C’est la fête de la croix .Nous assistons à différentes danses : trois danses différentes, trois costumes différents. Dans l’une d’entre elle où il n’y a que des hommes ils finissent deux par deux par se flageller au niveau des jambes. Dans une autre les femmes avaient de très jolis chapeaux ornés d’une multitude de perles. Nous arrivons à Cuzco à 14 heures. Nous nous installons au seul camping de cette ville. Nous rencontrons des français sur le point de partir. Nous échangeons quelques anecdotes, quelques parcours puis nous descendons en ville pour manger, envoyer quelques messages laver le linge car demain nous partons pour la jungle.

 

04/05/2007 :PUERTO MALDONADO EN AMAZONIE

Cette ville longtemps isolée a pris son essor avec le caoutchouc au début du 20ème siècle, puis l’or marqua les années 70. Elle se trouve au milieu d’une magnifique région de forêt, entourées par quatre grandes réserves naturelles. C’est l’une d’elle que nous devons visiter.

Quand nous arrivons dans cette ville après un vol sympa au dessus de la forêt et de son cours d’eau tortueux et aux eaux boueuses nous constatons au fur et à mesure de la conversation avec la femme qui nous reçoit que le séjour que nous avions réservé n’est plus le même du tout. Au fur et à mesure de l’après midi nous découvrons qu’on nous a mis dans un Lodge en dehors de la réserve avec une autre agence. Le circuit qu’on nous propose est beaucoup moins intéressant. Nous bataillons pour récupérer notre ancien tour… mais en vain. L’agence qui nous a vendu le billet refuse de répondre et de nous parler. Nous sommes déçus et surtout nous ne comprenons rien.

Pour le moment nous suivons notre guide à notre nouveau lodge perdu dans la jungle au lieu d’être dans la réserve au bord de la rivière. Nous faisons une promenade sans intérêt pour connaître les environs. Nous profitons d’une vue sur les sommets des arbres. C’est fou la multitude des arbres serrés les uns aux autres…Une étendue à perte de vue. Nous avons croisé plusieurs espèces d’oiseaux : perroquets, toucans, perruches, colibris. Ainsi que plusieurs arbres fruitiers. Après avoir bien transpiré le long du chemin, une bonne douche, quelques parties de jeux avec les enfants avant de manger et de regagner nos chambres.

 

05/05/2007 : JUNGLE

Toute la nuit nous avons entendu le bruit des animaux nocturnes et des oiseaux. C’était apaisant. Il est 7h 30 , chaussé de bottes en caoutchouc nous partons pour une promenade dans la jungle. Il fait déjà très chaud. Tout le long du chemin des arbres gigantesques aux racines extérieures et exorbitantes, une végétation dense. De temps en temps une feuille géante se décroche. Nous avons très très chaud. Une multitude de moustiques volent autour de nous. Le chemin pas facile se transforme vite en galère. A cause de l’humidité des passages entiers se font dans l’eau. De l’eau parfois jusqu’en haut du mollet sans compter la boue qui colle aux bottes. Aline glisse dans la gadoue… mais courageusement ne dit rien. Plus loin alors que nous devions passer sur un tronc d’arbre sous l’eau pour passer de l’autre côté Eric qui aidait Aline glisse et entraîne avec lui Aline qui se retrouve dans l’eau et les appareils photos. Heureusement grâce au sacs étanches ils n’ont rien. En plus nous ne voyons pas d’animaux. La promenade jusqu’à la rivière qui devait durer deux heures se transforme en 4H. Enfin en vue, la rivière boueuse avec soi-disant des caïmans et des anacondas. Nous embarquons dans une barque qui prend l’ eau. Nous écopons et nous avançons sur cette rivière. Au bout de 10minutes à contre courant un faux mouvement du guide et nous avons failli chavirer. C’était moins une, de l’eau est rentrée de mon côté. Je suis mouillée mais nous sommes tous dans le bateau. Finalement le guide décide de descendre la rivière à la rame dans le sens du courant !!

Au bout d’un moment nous nous sommes arrêtés sur la berge pour pêcher. C’est Anaïs qui a pêché le plus gros poisson (10 cms…). Nous repartons sans chavirer, avec le moteur cette fois ci. Nous n’avons vu ni de caïmans ni d’anacondas. Nous reprenons le chemin du retour. Une galère en plus se rajoute : une pluie tropicale s’abat sur nous et nous transperce. Dans un sens cela nous rafraîchit un peu. Mais les appareils photos vont ils tenir le coup ? Il pleut si fort et si longtemps. Le chemin est encore plus boueux, encore plus d’eau. Nous sommes très fatigués. 3 heures pour remonter. Notre guide de temps en temps coupait du bambou pour nous faire boire l’eau à l’intérieur. Nous sucions également nos tee-shirts qui regorgeaient d’eau pour nous désaltérer. Une promenade de 4heures s’est transformée en 7heures avec seulement 2L5 d’eau que nous avons pris nous même et trois bananes. Le guide n’a rien porté, nous a simplement dit que cela ne dépassera pas les 4 heures. Nous sommes en colère ce n’est pas du tout ce que nous avions prévu. La seule satisfaction est sur le chemin du retour : un groupe de 15 singes est passé au dessus de nos têtes. Arrivé au lodge une bonne douche et le repas de midi… il était 15 heures.

Ensuite nous continuons de nous débattre pour joindre la ville par radio et essayé d’intercepter l’agence de voyage. Rien toujours rien !!Nous en avons marre !!!

En fin d’après midi seul Eric est allé voir le mirador et le coucher de soleil.

Fin de journée de nouveau à la radio…

  

06/05/2007 : FIN DU TRIP

Hier soir nous avons appris que l’agence qui nous a réceptionné n’a pas été payé non plus pour nous. Du coup ils ne veulent pas continuer de nous recevoir. Nous sommes donc obligés de préparer nos bagages…Arrivés à l’agence locale en ville nous essayons de joindre celle qui nous a vendu le séjour. C’est la même que pour les Galápagos et Nazca, et nous n’avions eut aucun problème. En vain, comme hier, personne ne nous passe le responsable. Nous décidons de rentrer à Cuzco et d’aller voir l’agence locale dans cette ville.

Au moment de partir nous découvrons que nos billets d’avion marqués payés ne sont pas payés. Nouveau problème !! Heureusement l’agence qui nous a réceptionné est très efficace. Elle arrive à contacter l’agence de Cuzco et à nous payer en urgence des billets.

Nous voilà dans l’avion très déçu : pas de séjour dans la jungle et nous ne savons pas si nous allons récupérer notre argent. Il va falloir continuer de se battre…Fin de journée dans le camping car à nous reposer et réfléchir !!…

Les enfants surtout Antoine et Anaïs sont couverts de boutons. Apparemment cela serait du à un parasite ramené de la jungle. Il ne manquait plus que cela. Conseil : passer de l’alcool le plus possible.

07/05/2007 : CUZCO

Ce matin je suis restée dans le camping car avec les enfants pour les faire travailler. Pendant ce temps Eric est allé avec l’ordinateur au cyber café pour graver les photos. Nous avons un problème avec notre ordinateur nous n’arrivons plus à graver.

L’après midi direction l’office du tourisme pour déposer une plainte et voir comment on pourrait essayer de trouver une solution. Au bout de quelques heures toujours rien. Personne ne veut nous parler et nous apprenons qu’il n’y a pas d’agence à Cuzco mais seulement un correspondant injoignable. Peut être qu’avec l’assurance de la carte visa nous pourrons récupérer quelque chose.

Antoine commence à avoir de la fièvre et une forte migraine. Eric et lui vont donc chez le médecin. Eric a un rhume depuis trois semaines que nous n’arrivons pas à l’enrailler.

Bilan pour Eric une bonne sinusite, pharyngite. Pour Antoine s’est peut être un parasite intestinal. Décidément…

 

Aline buvant l eau de bambou et Antoine devant un cochin d inde grille (cela vous rappelle des souvenirs les Espacla...)

08/05/2007 : JOURNEE REPOS

Nuit affreuse, Antoine et Anaïs sont malades : fièvre, diarrhées importantes. Ce matin nous restons dans le camping car. Les grands se reposent, Aline fait ses devoirs avec moi. Eric va au cyber mettre le site à jour.

L’après midi journée tranquille. Les enfants sont bien touchées : migraine, fièvre, diarrhée persistante.

Les boutons sont toujours là mais démangent moins.

Nous ne visitons toujours pas Cuzco et nous devons reprendre la route. Les dates, toujours les dates !!

09/05/2007 : CUZCO
 


Le matin nous nous sommes occupés de la scolarité des enfants. Comme ils vont mieux, en début d’après-midi nous sommes descendus à Cuzco à pied en déambulant dans le quartier San Blas : vieux quartier populaire avec des ruelles étroites, escarpées, pavées. Comme toutes les rues datant de la période inca elles possèdent au milieu un canal d’évacuation des eaux usées. Elles sont bordées de maisons anciennes toutes blanches possédant la plupart du temps une porte, deS volets et parfois un balcon dans les tons bleus. Nous avons adoré ce vieux quartier où il y règne une ambiance particulière, où les gens semblent vivre loin du touriste et pourtant si proche… Ces rues débouchent sur la « Plaza de Armas » . Belle place coloniale entourée de prestigieux bâtiments dont deux églises, des galeries … De cette place nous avons continué de nous promener dans « la rue Loreto » et « la rue Hatun Rumiyoc ». Elle sont bordées de chaque côté par des murs de pierres incas. Les pierres sont ajustées les unes aux autres sans mortier. Parfois elles ont des formes bizarres afin de pouvoir s’encastrer à la perfection dans celles autour. D’ailleurs on peut voir une pierre à 12angles. Souvent sur la base de ces murs incas ont été construits des bâtiments coloniaux. Notre escapade s’est terminée à l’agence de tourisme (pour changer !!). Nous apprenons que nous avons une chance de récupérer 650$ sur 1700$ !! Nous continuons la procédure car il est hors de question que d’autres touristes se fassent avoir. Nous posons donc un dossier à l’organisme Indecopi et à l’assurance Visa carte.

 

10/05/2007 : DEPART DE CUZCO

ROUTE VERS PISAC

 

Ecœuré par cette affaire nous avons envie de poursuivre notre route, de changer d’air, malgré que cette région vaux vraiment le coup. Nous y reviendrons sûrement au cours d’un voyage prochain… Nous prenons la route vers Pisac. Nous profitons de son marché local concentré essentiellement sur la place pour les denrées alimentaires et un peu d’artisanat tout autour. Il a bien changé par rapport aux photos des guides de voyages. On y trouve toute sorte de pommes de terre (il en existe plusieurs centaines) et de maïs (21 espèces dont certaines ne sont utilisés que pour la fabrication de la boisson alcoolisée : la chicha). Je m’en suis achetée quelques uns (du noir, du marron, du rouge, des hybrides…) pour ma collection de graine. Nous avons beaucoup moins aimé le marché artisanal qui n’a rien de typique. Les bâches assez basses au dessus des stands ne facilitent pas les photos. J’en ai profité pour faire des gros plans sur les tissus, les couleurs, les objets. Retour par les ruelles pavées encadrées par des maisons en terre et blanchies. Arrivé au camping car nous voyons passé un autre camping car et avec des français : un couple avec 3 enfants… 3 filles… bientôt 4 puisque la maman est enceinte de 8 mois. Nous discutons un moment ensemble puis partons faire les ruines de Pisac ensemble qui se trouvent à 8 kilomètres au dessus du village. Cet ancien quartier inca plonge sur la vallée. Vue saisissante qui avec ses montagnes tout autour, ses anciennes terrasses de cultures incas, ses murailles… nous rappellent le Macchu Picchu. Ils cultivaient énormément de plantes pour manger, se soigner, se laver… Le site est partagé entre une partie haute et une partie basse Nous y accédons par une ancienne porte inca. J’admire ses énormes pierres si bien taillées, si parfaites qui ont traversé tous ces temps. Et combien en traverseront elles encore ?
Après avoir visité la partie basse, nous sommes montés en taxi vers la partie haute et nous sommes redescendus à pied grâce à des escaliers bien raides. Après avoir visité la première partie avec nous les enfants des deux familles rentrent au camping car et jouent . Nous continuons la visite entre adulte. Temple du soleil avec son calendrier, de la lune, tables de sacrifices, emplacement de tombes…. Nous sommes à 3500m d’altitude, la marche est difficile.
Nous reprenons la route ensemble et discutons jusqu’à 22 heures avant de prendre chacun des chemins différents. Les enfants sont épuisés et ont faim.



11/05/07 : SALINAS/MARAS/MORAY



Nous avons dormi dans le village de Maras, près du commissariat de police. Nuit calme alors que nous étions à côté de la place principale du village… village si petit… Mais nous nous sommes fait réveillés de bonne heure par les bus qui appellent les rares personnes tout en klaxonnant et faisant le tour de la place. Ce qui n’est pas plus mal car c’est le matin qu’il règne dans ces petits villages la plus grande activité.

 
Effectivement en reprenant notre route vers les salinas, nous croisons dans le village des hommes qui emmènent leurs moutons aux champs, d’autres qui reviennent avec des ânes chargés d’herbes. Un peu plus loin c’est une dame qui dans la rue en terre se lave les cheveux tout en regardant ses vaches partir aux champs. Les enfants qui courent vers l’école changent de direction et viennent vers nous. Ils ont les joues bien rouges comme tous les enfants d’ici du à l’altitude, au froid et à leur taux d’hémoglobine plus élevé. L’église coloniale est en adobe. Ce village éloigné du tourisme mais très authentique nous a bien plu.

 
Les salinas se trouvent au bout d’une piste à 4 kilomètres de Maras.

 
Nous les apercevons au départ au détour d’un virage du haut de la montagne. Le ciel chargé de nuage se découvre de plus en plus éclairant 4 000 bassins d’une blancheur immaculée accrochés aux flancs d’une montagne. Spectacle grandiose. Nous nous arrêtons au point de vue d’en haut et les admirons un moment avant de continuer notre descente pour s’en approcher. Le sel de ces petits lacs resplendissent d’un blanc éclatant. Sous un soleil intense, une réverbération forte, les propriétaires de ces bassins, tous les jours durant la période sèche racle, entasse, transporte le sel pour 50 soles par mois par bassin. Nous avons eu la chance d’en voir quelques uns travaillés. Certains sont en sandales de caoutchouc, d’autres pour les économiser préfèrent travailler pieds nus… Certains remplissent leur bassin d’eau afin de pouvoir l’exploiter d’ici quelques jours, d’autres récupèrent le sel. Avant de commencer leur travail ils se retrouvent et partagent quelques feuilles de coca qu’ils mâchent et n’oublient pas d’en offrir à Pachamama qui est la Déesse de la vie.
Ces salines existaient bien avant la période des incas. Avant ils fournissaient le sel d’une très bonne qualité à toute la région. C’est un filet d’eau chargé en sels minéraux qui s’écoulent de la montagne et vient remplir ces différents bassins grâce à un système d’irrigation mis au point par les incas. Il existe plusieurs qualités de sels à Maras (celui pour la cuisine, pour les animaux, pour l’industrie…).
Nous avons pris notre temps à travers ses bassins en marchant le long, en s’asseyant et observant les gens qui y travaillent.


En fin d’après midi nous avons repris la route vers Moray. Pour cela nous avons traversé avec autant de plaisir le village de Maras et observer toute cette activité dans les champs.
Quand nous sommes arrivés à Moray il était tard pour visiter le site . Nous avons demandé la possibilité de dormir. Encadré par les montagnes dont certaines aux cimes blanches nous avons passé une nuit au calme. Le soir quand tout les travailleurs rentraient chez eux ils nous ont fait bien rire en montant à plus de dix adultes avec chacun son petit sac… et oui dix dans une petite toyota à cinq places break : il y en avait partout même dans le coffre !!!


12/05/07:CULTURE EN ETAGE DE MORAY

 

C’est sous un beau soleil que nous visitons ce système de terrasses incas en amphithéâtre. C’est un site d’acclimatation botanique circulaire en étage. L’inclinaison des murs de ces terrasses comme tous ceux des constructions incas est entre 10° et 15° les protégeant ainsi des séismes.
A la saison des pluies les différentes cultures sont arrosées sans être noyées grâce à un système de canalisation et d’inclinaison du terrain. Nous sommes à 3 500 m d’altitude et toutes sortes de plantes inexistantes en temps normal à cette altitude peuvent pousser. C’est le cas de la feuille de coca, du maïs. Une plante qui était apportée d’ailleurs était mise en terre au niveau de la terrasse la plus basse. Il y faisait plus chaud et il y avait moins de vent. Quand elle s’était adaptée ils la déplantaient et la replantaient au niveau de la rangée circulaire supérieure. Et ainsi de suite jusqu’à l’étage le plus haut. Après l’espèce pouvait être plantée dans la nature et résister au climat. Il existait à peu prés une vingtaine de terrasses avant de rejoindre la surface. Pendant qu’Eric et Antoine se promenaient dans tout le site, je suis restée en haut pour faire des photos et essayer de dessiner l’endroit.
Puis nous avons repris la route. Tout le long nous croisons des hommes, des femmes, des jeunes et des plus vieux dans les champs entrain de ramasser pour la plupart des pommes de terre. Le champ est labouré par une charrue tirée par deux bœufs,. Les hommes retournent à la bêche le champ de pomme de terre. Les femmes derrière eux les ramassent et les jettent dans des gros sacs. Au milieu d’eux les enfants les aident et surveillent les quelques moutons cochons qui pâturent à côté. Plus loin d’autres coupent à la faucille des herbes, du blé qu’ils ramènent chez eux à dos d’âne. Parfois ces derniers sont tellement chargés qu’ils disparaissent sous les gros sacs.

 

 Cette route vers Cuzco est vraiment pittoresque avec ces champs et ces collines en patchwork du aux différentes cultures.
Arrivé à Cuzco nous nous sommes occupés du quotidien et de notre litige de la jungle… La procédure est lancée. Toujours rien sur notre compte; cela pourra prendre trois ou quatre mois. Quand tout fut réglé nous avons repris la route vers le lac Titicaca. Nous nous sommes arrêtés au bord de la route car la nuit fut vite là. Je pense à l’entrée d’un village ou d’un hameau. Nous ne voyons pas grand chose.



13/05/2007 : ROUTE VERS PUNO



Cette nuit a la demande insistante nous avons fait un roulement dans les lits : Aline a dormi avec son papa, Anaïs avec moi et Antoine tout seul. Pour une fois j’avais de la place dans ce petit lit…Mais les vaches qui meuglaient prés du camping car m’ont réveillée plusieurs fois. Comme disent les enfants : « il y a toujours quelques chose pour te réveiller, maman !! » 

 Une fois l’école terminée nous avons pris la route vers Puno. Nous avons traversé une très belle vallée à 3500m d’altitude avec un col à 4300m. Tout autour des montagnes aux cimes blanches et vertes à la végétation rase. Nous nous sommes arrêtés pour la nuit prés des ruines de Sillustani que nous visiterons demain. Ce soir nous admirons le coucher de soleil et les oiseaux sur la lagune. La nuit sera fraîche après une journée chaude à 3800m d’altitude.

 



14/05/2007 : ARRIVE A PUNO



Nous étions les premiers sur le site mystérieux des ruines de Sillustani. Il se trouve en haut d’une presqu’île qui s’avance dans une magnifique lagune bleue entourée de montagnes aux herbes rases et jaune brun de l’Altiplano. Au sommet de la colline il y a des ruines qui datent du début du 13ème siècle, avant les incas. Apparemment il s’agirait de tombes funéraires en forme de tour. Elles auraient abrité des momies de nobles Colla. Elles sont édifiées avec de gros blocs de pierre de plusieurs tonnes ajustées les unes aux autres sans mortier. Certaines feraient 12 m de haut. Ils faisaient entrer le mort par une petite ouverture dirigée vers l’est (elle est toujours visible), afin d’offrir au mort les rayons du soleil levant donc symbole de la vie et de la réincarnation.

 
Sur le chemin de Puno nous nous sommes arrêtés visiter une habitation en terre faite de plusieurs pièces donnant sur une cour. Tout se passe à l’extérieur : les repas, le four pour cuire les aliments, le tissage… Les pommes de terre sèchent dans la cour. L’homme de la maison nous a montré comment il tisse ses tapis (c’est un autre système que celui que nous avons pu voir en Equateur) et les outils qu’ils utilisent dans les champs… Ils restent très précaires.

 
Arrivé à Puno nous nous sommes renseignés pour visiter les îles Uros du lac Titicaca. Les îles Uros sont les îles flottantes du lac Titicaca faites en roseaux. Dessus tout est fait également en roseau : les maisons, les huttes, les meubles… Ce dernier est aussi utilisé en cuisine. Et oui le roseau se mange et nous avons goûté pour vous : tendre, fade.
Une fois embarqué nous ne voyons que du bleu, du bleu à l’infini puis du jaune celui des roseaux. Enfin les roseaux prennent forme. Nous débarquons sur l’une de ces 40 îles sur lesquels vivent environ 2 000 personnes. Nous pouvons voir une partie de ces îles puisque une quinzaine d’îles sont ouvertes aux touristes à tour de rôle. Les indiens de ces îles vivent sur une épaisse couche de roseaux flottants.

 Elle fait plus ou moins trois mètres d’épaisseur avec une base immergée faites de racines emmêlées à de la terre. Quelle impression étrange quand nous marchons sur ces tapis flottants dans lesquels nos pieds s’enfoncent légèrement. Les habitants vivent du tourisme mais cela ne suffit pas et de la pêche. Il existe cinq variétés de poissons dans ce lac dont la célèbre perche du titicaca. Ils boivent l’eau du lac et s’éclairent à l’aide de panneaux solaires et de bougies. Nous avons visité deux de ces îles dont une sur laquelle nous pouvions dormir dans des huttes. Les habitants de ces îles guettent l’arrivée des touristes et nous attendent avec leur artisanat et souvenir. Elles sont vêtues de jupes aux couleurs vives, vertes ou rouges la plupart du temps et d’un chemisier blanc brodé de fleurs multicolores ou d’oiseaux. Le tout rehaussé d’une petite veste courte et sur leur tête du fameux chapeau melon rond que portent toutes les femmes de l’altiplano. Pour rejoindre la deuxième île nous l’avons fait sur un bateau de roseau.

 

Ce que nous ne savions pas c’est qu’à l’arrivée il nous demandait des soles en plus du billet d’entrée. Côté positif, cet argent est directement pour eux. L’embarcation glisse sur l’eau dirigée par un homme et une femme qui plongent une longue perche dans les profondeurs calmes du lac. Cette embarcation semble beaucoup plus sur que le bateau qui nous a emmené de Puno à la première île dont le moteur fumait et qu’il fallait constamment vérifié, refroidir.
Les enfants sur ces îles demandent constamment la pièce; Mauvaise habitude donnée par les adultes !! Il y a plusieurs écoles qui fonctionnent encore aujourd’hui sur ces îles.
Le soir nous avons eu l’agréable surprise de revoir Christophe Martha et Maëva. Nous sommes allés manger une pizza ensemble tout en nous racontant nos dernières péripéties.


15/05/2007 : ILE DE TAQUILE



Levé 5h30 du matin. Départ 7heures du bateau pour l’île de Taquile. Sur la route le bateau s’est arrêté sur une autre île des îles Uros. En tout nous en avons visité trois.
L’île de Taquile sur le lac Titicaca se trouve à trois heures de bateau de Puno et à 3950m d’altitude. Il n’y a pas de voiture, pas de moteur sur cet île. Tout se passe à pied. Et cela ne fait que monter et descendre. Quel courage pour ses habitants qui font à longueur d’année tout à pied !!!Quand le ravitaillement arrive de Puno c’est à dos d’hommes et de femmes , sur les chemins en pierre et en pente abrupte que les magasins sont livrés.
L’île fait 7kilomètres de long, les sentiers en pierre sont bordés par des murets. Les maisons sont en terre et le toit en tôle. De temps en temps des champs en terrasse et des moutons. Les cultures sont en étage sur les pentes de l’île séparée parfois par des murs en pierre. Le bateau nous a accosté. Il nous reste encore 2,5kilomètres à pied pour arriver à la place du village. La montée n’est pas facile mais les paysages sont superbes. Aline est de nouveau pas bien. Arrivé sur la place du village, près de la vieille église coloniale blanchie à la chaux nous découvrons ses habitants typiques qui dansent et qui jouent de la musique. En effet, aujourd’hui c’est la fête des récoltes. Comme toutes les fêtes ils arrosent cela à la bière et la chicha !!!
Ils cultivent essentiellement des pommes de terre, du maïs et des haricots. La répartition des cultures et des récoltes est faite selon les besoins de chacun. Ils vivent de façon communautaire.
Au moment de la colonisation cet île servit de prison. Aujourd’hui c’est un haut lieu d’artisanat et de tourisme : les hommes tricotent (et oui, les hommes) et les femmes tissent. Ils commencent à apprendre à tricoter, tisser dès leur plus jeune âge : l’artisanat c’est toute leur vie.
Ils sont tous habillés en habit traditionnel, même les enfants. Un habit typique de l’île qui est magnifique.


Les hommes portent le long bonnet en laine qui descend sur les oreilles et se termine par un pompon. Il est très coloré. La couleur dominante est le rouge. C’est eux même qui les tricotent. La position de leur « chuyo » (bonnet) sur la tête est tout un langage : un homme célibataire le portera en arrière de sa tête alors qu’un homme marié l’inclinera sur le côté. Ils portent également une large ceinture toute brodée, un petit gilet court qu’ils tricotent également au dessus d’une chemise blanche à manches bouffantes et un pantalon bleu marine droit. Coincé dans leur ceinture une pochette en tissu pour les feuilles de coca. Les femmes ont un voile noir sur lequel est accroché plusieurs pompons en fonction de leur statut. Voile qu’elles ont tendance à baisser sur leurs yeux pour se protéger du soleil, mais aussi des photos des touristes. Elles portent des chemises et des jupes très colorés qu’elles empilent les unes sur les autres. En fonction de leur statut la couleur et longueur de leur jupe n’est pas la même ainsi que la couleur de leur chemise. En effet une chemise blanche sera portée par une femme célibataire alors qu’un corsage rouge sera porté par une femme mariée.
Eric s’en va seul avec les sacs à dos accompagné par notre hôte. Et oui nous passons une nuit chez l’habitant pour profiter de cet île. Pendant ce temps nous observons l’activité sur la place. Dès qu’Eric nous a rejoint nous continuons notre ascension pour le restaurant où le reste du groupe nous attend. Partout sur l’île nous mangeons la même chose : soupe de légumes et quinoas, perche du lac Titicaca avec du riz et pour finir un thé. Aline n’a rien mangé. Elle est toute pale. Est ce l’altitude qu’elle ne supporte plus ? Le bateau de ce matin ?
Effectivement un peu plus tard elle vomira. Nous descendons sur la place. Nous observons la fête. Aline s’endort à même le sol sur nos manteaux…A la fête c’est toujours la même musique (le même rythme), les même pas de danse et les boissons fortes très fortes qui passent de main en main ainsi que les feuilles de coca. Les femmes font bien la grimace quand elles boivent leur gorgée d’alcool devant le regard de leurs enfants mais elles ne refusent jamais un verre…
A 16H 30 Aline n’est toujours pas bien. Je rentre avec elle dans notre chambre pour qu’elle se repose mieux. Notre chambre est toute simple : deux grands lits que nous nous partageons, une table. Pas d’eau. Les toilettes : « la cabane au fond du jardin… » un trou dans la terre. Pas d’électricité donc repas à la bougie et extinction des feux de bonne heure. Eric et moi dormons avec Aline. Quelle nuit !!!On n’a quasiment pas dormi à cause d’Aline qui est toujours malade…
Ceux qui nous reçoivent vivent dans une seule pièce collée à la notre. Elle fait office de tout : chambre, cuisine, pièce de vie.

 


16/05/2007 : TOUR DE TAQUILE



Réveil à 5h30 à cause du lever du soleil qui pénètre dans la chambre. Petit déjeuner à 7heures. Puis Eric est parti avec Anaïs faire un tour de l’île pour observer l’activité matinale. Apparemment il n’ont pas croisé grand monde. Cela est sûrement du à la fête d’hier.
Pendant ce temps je suis restée auprès d’ Aline.
Eric de retour c’est à mon tour d’y aller avec Antoine. Nous retournons vers la place principale. Il y a peu d’activité. Nous déambulons dans les ruelles. L’entrée des maisons en terre sont petites, la plupart des européens sont obligés de se baisser pour rentrer.
Soudain un cortège de 7personnes arrive, traverse la place en file indienne, rentre dans l’Eglise. C’est un mariage. Celui de la sœur du propriétaire qui nous a reçu. La mariée est au milieu, tête baissée et recouverte, nous l’apercevons à peine…Les couleurs sont celles de tous les jours, on ne se marie pas en blanc !!Pendant ce temps les reste de la famille, les invités, sont dans la maison et continuent de boire et manger.
La fête continuera toute la journée et la nuit.

                           
Sur la place du village plusieurs hommes assis au soleil, tricotent tout en papotant et refaisant le monde. Ils font de nouveaux bonnets. Les quelques femmes de la place assise entes elles au soleil filaient la laine. Les enfants en habit local couraient sur la place et guettaient les quelques touristes pour poser pour une photo et réclamer la pièce.
Plus loin nous croisons sur les chemins en pierre une jeune fille qui tricotent. La plupart des femmes quand elles marchent filent la laine en même temps sauf si elles sont entrain de porter de lourdes charges dans le dos. De même des hommes dans leurs beaux habits, chaussés de sandales en caoutchouc (dans toute l’Amérique du sud ils portent les mêmes sandales) tout en marchant, la laine autour du cou tricotent avec une rapidité surprenante.
Nous rejoignons le reste de la famille pour descendre vers le bateau. Nous prenons le bateau de l’autre côté de l’île . Pour cela nous devons descendre 563escaliers bien raides. Mais quelle beauté de paysages entre ses cultures en terrasse, ses murets en pierre, ces champs et en fond ce superbe lac au couleur bleu profond. Sur notre passage quelques belles portes en pierre ornées d’une tête inca donne une vue plongeante sur les eaux du lac.
Arrivé au bateau on nous dit que l’on peut pas prendre ce bateau alors que le guide la veille nous a certifié que c’était celui de midi.
Bref avec Aline malade, les enfants qui n’ont pas mangé Eric commence à bien s ‘énerver. Mais en vain, le capitaine du bateau ne veut rien savoir. Nous sommes donc obligés d’attendre celui de 13 heures (il est 11h30) . Nous arrivons à Puno à 16heures. Le temps de se remettre de nos émotions et nous filons à la pizzeria. Les enfants l’ont bien mérité. Aline commence à aller mieux.
Ensuite au lit de bonne heure. Tout le monde est fatigué.


17/05/2007 : AU REVOIR LE PEROU



Ce matin nous sommes restés au camping car pour travailler le temps qu’Eric réserve le bateau pour le camping car pour le 14juin par internet .
Ensuite, nous prenons la route vers la frontière. Sur la route goudronnée mais très chaotique nous ne roulons pas vite. Nous croisons une grande activité dans les champs. En plus des activités habituelles il y a celles liées au séchage des roseaux du lac Titicaca. Tout le long de la route nous longeons le lac plus ou moins prés. Nous n’avons pas vu d’activité sur l’eau.
Les montagnes qui semblent finir dans le lac sont en fait beaucoup plus loin. Ceci est du à la qualité de la lumière à cet altitude (nous sommes toujours à 3812m).
A la frontière dans l’ensemble nous sommes allés assez vite. Eric a eut plus de papier à faire car le douanier a refusé le carnet de route pour le camping car. Soi-disant qu’il n’est pas reconnu en Bolivie. Pourtant lors de notre premier passage au mois d’août on nous l’a bien accepté et tamponné. Cela doit dépendre de l’humeur et de la connaissance des douaniers !!Là, ils nous en voulaient car nous nous sommes garés de l’autre côté de la barrière de la frontière !!
A copacabana à 8kilomètres de la frontière, première ville bolivienne nous avons retrouvé Martha Christophe et Maëva.
Nous allons passé deux trois jours ensemble jusqu’à La Paz avant de se quitter…Pour ne se revoir qu’en France !!
Les enfants se sont retrouvés avec autant de plaisir et nous aussi. Les enfants ont fait une partie de ballon avec des enfants du coin sur une des plages du lac Titicaca avec en fond un superbe couché de soleil.
Fin de journée autour d’une bonne table où nous avons bien rigolé.




Retrouvez la suite de notre récit sur la page Bolivie en deuxième partie, La descente.

a bientot....