BIENVENUE EN ARGENTINE POUR UNE DESCENTE VERS USUHAIA

retrouvez plus de photo sur le bolg: http://photousuhaia.skyblog.com

la météo du pays: http://fr.weather.yahoo.com/amerique_latine/Amerique_du_Sud/argentine

une carte satellite ou un plan: www.maps.google.fr

redépart

5 SEMAINES AU PARAGUAY :

Ces semaines ont été des semaines familiales où nous nous sommes beaucoup reposés. Nous pensions rester que 15 jours mais finalement pris dans l’ambiance de famille nous nous sommes laissés aller. Les enfants en ont profité pour s’imprégner de leur cour du C.N.E.D. Ecole le matin, détente l’après midi avec partie de piscine sur partie de piscine.

Nous avons beaucoup suivi mon oncle et ma tante sur les routes aux alentours d’Asunçion à la recherche d’un terrain.

Le Paraguay est très verdoyant à la différence de ce que nous avons pu voir en Argentine du nord ouest et en Bolivie: beaucoup d’arbres fruitiers au bord des routes en campagne mais également en ville le long des trottoirs (énormément de manguiers). Asunçion, la capitale est moderne avec ses centres commerciaux, ses marchés aux fruits et légumes, ses très belles maisons. En dehors c’est autre chose. Les gens habitent dans des maisons toute simple parfois en bois au bord des routes sans terrain. Les routes principales sont goudronnées mais toutes les routes secondaires sont en terre rouge. Il faut faire attention au nid de poules, aux vaches qui traversent n’importe où, aux gens qui roulent souvent sans avoir de permis (ici les permis peuvent s’acheter)… Il y a également beaucoup d’estancia (de grands domaines de plusieurs hectares avec des élevages de vaches le plus souvent pour la vente de viande). Un soir nous avons assisté à une vente aux enchères de taureaux. Nous nous sommes retrouvés au milieu de tous ces fermiers avec leur chapeau de cow-boy, leur botte, qui essayaient d’obtenir les plus beaux reproducteurs et bien sur pour le moins cher possible. Un taureau vaut entre 10 000 et 20 000 Fr. C’était très intéressant. Et très amusant, car la soirée se passe en grignotant de la viande grillée, qu’ils nous apportent à table en sirotant un coca.

Nous avons rencontré de nombreux amis à mon oncle et ma tante: des français installés ici depuis des années ou des paraguayens. Ils sont très accueillants, très serviables et gentils. Quand une fête se prépare tout le monde vient de bonne heure participe à l’organisation avant de s’amuser.

Durant notre séjour nous avons vu nos premières pluies tropicales. Il pleut très fort, durant peu de temps. C’est impressionnant de voir toute cette masse d’eau coulée dans les rues de la ville. Dans certains quartiers, c’est de l’eau sur plusieurs cm. Les voitures ont du mal à rouler. Au bout de 2 heures à peine après le déluge il ne resta aucune trace.

15 OCTOBRE 2006 : JOUR DU DEPART

Ca y est nous nous décidons à partir, le camping car flambant neuf. Nous avons du changer les deux batteries de la cellule au dernier moment, elles s’étaient totalement déchargées à cause de la chaleur, Eric n’avait pas remis d’eau. Le lanterneau au dessus du lit de la capucine fuit. Cela fait plusieurs fois qu’Eric remet du joint, sans succès il faut espérer que cette fois ci cela marchera car avec les fortes pluies, il ne faudrait pas que la couette des enfants soit mouillée… Nous partons sous la pluie en fin de matinée. Arrêt pour midi au Mac Do : le deuxième depuis que nous sommes partis. Et oui nous n’avons pas vu de Mac Do ni en Argentine ni en Bolivie (ce qui n’est pas un mal pour nous… Du moins pour les grands car pour les enfants c’est autre chose, ils sont un peu en manque…). Nous avons fait plaisir aux enfants avant de reprendre la route. Les enfants en ont profité pour me faire souffler mes 37 bougies sur un big mac (le rêve suprême). Cela a bien amusé les autres clients. Une heure après notre départ, arrêt forc : la salle de bain était inondée. La douche solaire fuit…Cela commence bien, il a fallu tout éponger. Eric a du également monter sur le toit pour remettre du joint au lanterneau il continue de fuir… La pluie finie par se calmer. Nous nous arrêtons pour la nuit sur la route, au Paraguay derrière une station service, au calme sur un grand espace vert.

16 au 18 OCTOBRE 2006 :

ROUTE VERS LES MISSIONS JESUITES EN ARGENTINE

 

Nous avons repris notre route sous le soleil. Nous n’avions pas fait 100 km que nous nous sommes fait arrêter par la police de route (il y en a très souvent en Amérique du sud. On vous demande sans cesse vos papiers, d’où vous venez, où vous allez…). Mais là, le policier après nous avoir demandé nos papiers commençait à nous dire que nous roulions sans lumière (il était 10 heures du matin sous un soleil resplendissant) . Eric a du le suivre dans son bureau pour payer l’amende 150 pesos ou alors une ‘commission personnel’ de 50 pesos. A force de lui tenir tête, de lui montrer qu’ici les chauffeurs doublent sur les lignes jaunes, ne portent pas de casques sur leur moto, sont à plusieurs dessus et souvent avec des enfants… Il a fini par nous laisser partir sans amende.

Passage de la frontière sans souci sauf qu’il voulait garder toute nos provisions (laitage, fruit, légume…) quand ils ont vu que les enfants se précipitaient sur les fruits et protestaient ils nous ont laissé passer en disant : « c’est bon pour cette fois et nous ont donné des papiers explicatifs…). Bravo les enfants !!

Nous reprenions notre route tranquillement quand soudain le camping car fait un drôle de bruit dès qu’Eric accélère. La mauvaise série continue. Arrivé dans une grande ville nous cherchons un garage Ford. Une fois trouvé nous apprenons que c’est un jour férié. Nous devons attendre le lendemain. Côté positif : nous nous sommes faits une très bonne parrilla (viande grillée) à volonté pour trois fois rien. Il passe au milieu du restaurant avec un grand pic ou des morceau de viande ont grillé et vous en proposent. Quand il a fini le tour, il recommence avec un autre pic qui contient une autre viande et ainsi de suite. Ce qui vous permet de goûter à tout. Fin de journée tranquille dans un coin calme et verdoyant: jeux, devoirs ont terminés la journée.

Le lendemain de bonne heure nous sommes retournés au garage. Diagnostic : Le multiple d’admission à un défaut, quand on accélère il s’ouvre, perd donc de l’air et de la puissance. Ils n’ont pas de pièce de rechange dans toute l’argentine. Depuis la crise monétaire de 2001 Le change étant passé de 1 pesos pour un dollar à 3 pesos pour un dollar, ils ne vendent plus de Ford transit et par conséquent n’ont plus que les pièces courantes, filtre etc… Du coup il a fallu le réparer. Ils ont mis 3 h pour démonter réparer et remonter la pièce. Nous en avons profité pour acheter un poste de musique et se le faire installer (on s’était fait voler le notre sur le bateau entre la France et l’Argentine et nous n’en avions toujours pas racheté).

Nous essayerons de voir dans les autres pays s’ils ont la pièce.

Nous avons repris notre route vers Santa Ana pour la visite de nos premières ruines de missions jésuites. Comme il n’allait pas tarder de faire nuit nous nous sommes arrêtés au bord de la route.

18 OCTOBRE 2006 : LES MISSIONS

Climat tropical, il fait très lourd. Cette région est totalement différente de celle du nord ouest que nous avions déjà visité. C’est la région des grands fleuves Urugua, Paragua… de la végétation tropicale humide (nous ne sommes pas loin de la forêt amazonienne) : que de variété d’arbre différents les uns plus majestueux que les autres, des forêts resplendissantes. Des plaines fertiles verte et de la terre rouge avec le ciel bleu et quelques nuages blanc, sont un régale de couleur pour les yeux surtout en fin de journée .

Suite à un fort orage tout s’imprègne de cette couleur rouge des pistes et des bas côtés : les troncs d’arbres, les voitures, les trottoirs, les bords des maisons, des magasins et même le CC. Tout est teinté…Contraste intéressant entre les différents verts de la végétation tropicale et la terre rouge.

Cette jolie région est la première du pays en ce qui concerne la production de bois (nous avons croisé beaucoup de camions qui transportent des troncs d’arbres sur toutes les routes de la région et beaucoup de scierie au bord des routes, parfois perdues sur des km, en pleine forêt sans rien autour). C’est également une région productrice de la ‘yerba maté’ et la deuxième pour le thé.

- SANTA ANA : premières ruines importantes. Mission jésuite crée vers 1637, dont il reste quelques vestiges surtout son cimetière avec ses vieilles tombes envahies par les herbes, ronces et arbres. Ce qui a beaucoup plus aux enfants. La végétation s’est emparée de ses vieilles pierres ce qui leur donne une impression encore plus mystique, intrigante. Les arbres retiennent les ruines après les avoir brisés. On distingue la grande place centrale, le cimetière, pour le reste il faut laisser aller son imagination.

- SAN IGNACIO : La plus belle et la plus connue des missions du côté argentin. La mieux conservée aussi : reste des portes de la cathédrale, différents murs des édifices. Plus de tombes dans le cimetière.

Un peu d’histoire : Dès 1549 les jésuites arrivent au Brésil afin d’ évangéliser et « civiliser » les bons sauvages qui vivent là. En 1609, on construit la première « redducion » ; Les Guaranis convertit pacifiquement et réduit à la vie sédentaire sont regroupés dans des cités régies par un système communautaire autonome. Le nombre de mission ne cesse de croître. Attaque des portugais qui voient en ces hommes des esclaves faciles à vendre au Brésil. Les guaranis qui se révèlent de véritables guerriers finissent par écraser les portugais. Age prospère de ses missions qui vivent sur eux-mêmes. En 1759 ,changement du roi d’Espagne qui veut anéantir cet état dans cet état. Fin des missions à travers des bains de sang.

20 OCTOBRE : CHUTE D’IGUAZU

 

Iguazu en indien veut dire « eau grande ». C’était bien vu puisque 275 chutes se pressent sur un front de 2,5 km dans une exubérante végétation tropicale. Les chutes étagées se jettent les unes dans les autres, tantôt en mince filet perçant au travers d’une végétation touffue, tantôt en large et haute cascade. Avec leurs 72 m de haut elles battent celles du Niagara. Le bruit assourdissant des chutes s’entend à plusieurs km et sont en commun aux trois pays: argentine, brésil, paraguay mais sont plus impressionnantes du côté argentin.

A travers cette promenade au milieu des cascades et de la végétation nous avons croisé plusieurs animaux à la grande joie de tous : crocodile, toucan (qu’ils sont beaux au milieu des arbres verts avec leur long bec orangé), coati (sorte de fourmilier mais plus petit), gros lézard (comme des petits varans), une multitude d’oiseaux différents et de papillons.

Promenade en bateau au pied des chutes. C’était très impressionnant surtout que le bateau rentrait dans la bruine dégagée par les chutes d’eau. Nous sommes sortis de là tout trempé, à tordre (génial un jean qui colle à la peau). Les enfants étaient en maillot de bain et ne pensait qu’à une chose: y retourner mais vu le prix on ne l’a fait qu’une fois.

Douche froide le soir, repas léger et au lit de bonne heure pour tout le monde… Nous sommes restés dans le parc au milieu des oiseaux dont les toucans qui sont venus nous salué pour le petit déjeuner du lendemain matin… Beau spectacle, ils sont très repérables en vol avec leurs ailes noires et leur becs orangés.

21 OCTOBRE : VERS LE BRESIL

N’ayant pas beaucoup de temps et n’ayant pas beaucoup de chose à voir dans cette partie très au sud du brésil, nous décidons de revenir sur nos pas en descendant par l’argentine jusqu’à Posada et de rentrer au Brésil plus bas vers la frontière Uruguayenne. Nous gagnerons ainsi plusieurs centaines de km. Le passage de la frontière s’est bien passé mais a été long : plusieurs bureaux, l’ordinateur qui ne fonctionnait pas bien…

Route à travers la campagne sud brésilienne. Arrêt pour dormir à côté de fermes. Un des propriétaire nous a proposé de dormir dans son champs. Ils nous a expliqué un tas de chose mais en portugais cela reste incompréhensible à nos oreilles.

22 OCTOBRE : A TRAVERS LE BRESIL

Nous avons beaucoup roulé afin d’atteindre la côte atlantique. Dès que nous avons passé la frontière Argentine/Brésil et tout le long de la route nous n’avons croisé que des élevages, des champs. Nos premiers animaux brésiliens : vaches, moutons, nandou (sorte d’autruche) et une multitude d’oiseaux. Imaginez vous faisant Lille Marseille en ne traversant que trois villes et toutes les routes qui partent de la votre sont des piste en terre.

Le Sud est avant tout une terre d’élevage, et c’est là qu’est né le « gaucho » (homme au caractère dur qui sillonne les plaines à cheval, avec son pantalon bouffant). Nous en apercevons le long des champs.

Tout le long de la route peu d’arbre, que des champs à perte de vue avec des animaux et des marres où viennent s’abreuver les vaches mais aussi une multitude d’oiseaux. Nous ne voyions même pas les estancias, sûrement perdue au milieu de leur terre loin des voies d’accès.

Dès que nous sommes arrivés au Brésil impossible de retirer de l’argent avec notre carte visa. Comme c’est le week-end, il n’y a que des distributeurs, les banques sont fermés. Et impossible de trouver un distributeur qui acceptent notre carte, ils ne prennent que des cartes nationales. Nous avons réussi à trouver un magasin qui accepte les cartes visa mais là aussi arriver à la caisse elle ne passait pas. Nous avons cru que notre bon chariot allait rester sur place. A force d’insister, au moins une trentaine de fois (ils sont très persévérant), la carte est passée et nous avons pu partir avec nos courses. Pour l’essence pas de problème, nous trouvons des stations avec la carte visa. Pour les péages, heureusement que deux en plus de 1000 km, il faut à chaque fois insister pour payer en pesos argentin: nous passons une fois sans trop de difficulté mais l’autre fois nous avons cru que nous pourrions jamais passer. Déjà qu’en espagnol, ce n’est pas simple pour nous mais alors en portugais, c’est le ponpon !

Le travail scolaire entrecoupe nos journées de route. Hier soir nous avons dormi au bord de la mer et sous le vent qui ballottait le camping car. Les enfants malgré l’heure tardive n’ont pu s’empêcher d’aller galoper dans le sable et au bord de l’eau. Ce matin avant de partir promenade sur la plage et chasse aux coquillages.

23 OCTOBRE :DERNIERS KM AU BRESIL

 

Au bout de quelques km sur une route entourée de champs et d’élevage, nous nous sommes retrouvés sur une route magnifique entourée d’eau de chaque côté. Nous avancions au pas tant nous étions émerveillés par toute la faune que nous croisions : crocodiles, tortues, loutres, carpinchos (les plus gros rongeurs du monde) seuls ou en famille avec leur bébé. Certains s’amusaient même dans l’eau. Sans compter la multitude d’oiseaux, et de varans qui traversaient la route .Soudain un policier s’arrêta au bord de la route et nous dit de faire attention car dans le fossé au bord de la route il y a de nombreux serpents vénéneux…Eric qui était descendu juste avant dans le fossé pour faire des photos a eut très longtemps des frissons dans le dos de savoir qu’il aurait pu se trouver face à l’un d’entre eux.

Nous voici à la frontière Brésil l’Uruguay. La première frontière aussi tranquille. Seul problème les bureaux ne sont pas tous au même endroit. Pour le passage des personnes (tampon sur nos passeports) nous devons retourner 25 kms en arrière. Ce qui ne nous ravi pas. Mais il faut bien le faire. Donc après ses 50 km en tout. C’est un petit problème administratifs qui dure déjà depuis trois mois nous explique les brésilien. Nous voilà donc entre les deux pays sur plusieurs km. Il y a même une ville qui est autant brésilienne et Uruguayenne. En effet la séparation est la rue principale. Cela dépend de quel côté de la rue vous vous trouvez. Même les plaques d’immatriculation des taxis sont brésiliennes d’un côté et uruguayenne de l’autre coté de la rue.

Arrêt pour dormir au bord de la mer à la grande joie des enfants qui se dépêchent de gambader sur la plage.

24 OCTOBRE : L URUGUAY

Après avoir fait les devoirs, retiré de l’argent, fait les courses alimentaires, le plein d’essence et d’eau la matinée était bien entamée. Nous avons terminé dans un cyber-pizzeria où nous avons envoyé un message aux parents pour les rassurer. Puis route vers un parc à oiseau. Cadre magnifique au bord de la mer au milieu des palmiers. Nous avons fini la journée au bord de la lagune noire. Nous étions seul au monde face à une lagune de toute beauté avec ses oiseaux. Sur le chemin vaches, veaux en liberté et nandou. Antoine s’est amusé à les faire courir !! Fin de journée tranquille où on en profite pour jouer, travailler et se reposer de la route de ses derniers jours.

25 OCTOBRE : COTE URUGUYENNE

Aujourd’hui Aline a sorti spontanément son livre de mathématique. Nous n’allions pas casser cet entrain. La journée commence donc part du travail scolaire. Puis route vers la « pointe du diable » : petit village de pêcheur déserté à cette période de l’année. Quelques bateaux sur le sable fin attendant de partir en mer. En face une mer déchaînée dont les vagues viennent se fracasser sur les rochers envoyant des gerbes d’eau. Ce qui amuse beaucoup les enfants qui essayent de s’en approcher le plus prés possible sans se faire mouiller…Il y a longtemps se village fut occupé illégalement par des pêcheurs venus pêcher le requin dans les eaux voisines. Aujourd’hui c’est le tourisme qui a pris le relais de ce village.

L’après-midi route vers « Cabo polonio ». Impossible de se rendre en camping car dans ce village. Il est coupé de toute voix de communication .Vous ne pouvez y aller qu’à cheval, calèche ou 4*4. Pour nous c’était la formule 4*4 et 15 € pour la famille !!!! Belle promenade à travers les dunes et sur la plage. C’est un village de pêcheur qui est resté relativement épargné de l’afflux du tourisme à cause de ses dunes de sable, les plus hautes d’Amérique du sud. Vous imaginez: pas de voiture, pas de rue mais des pistes de sable, l’électricité n’est venu que depuis cinq six ans. Les maisons dont la plupart en bois sont éparpillées ici et là au milieu des dunes, certaines entourées de sable d’autre d’herbe.

Nous avons commencé notre visite par le phare du haut de ses 40 mètres, il domine toute la pointe. Et là, oh surprise des loups de mer se prélassaient sur les rochers en contrebas du phare: certains se baignaient, d’autre chahutaient alors que les d’autres encore tiraient leur flemme en s’étalant sur les rochers. Excitation générale chez les muselle. Dommage, le ciel s’assombrit de plus en plus et la fin de l’après midi s’est passée sous la pluie( nous n’allons pas nous plaindre, c’est la première fois que nous sommes gênés par la pluie dans nos visites). Au bout d’un moment nous étions trempés jusqu’aux os, et gelés par un bon vent marin. En attendant notre 4*4 nous sommes allés nous réchauffer en buvant des boissons chaudes dans des chaises longues en bois sur la terrasse abritée d’un bar tout en admirant la mer déchaînée.

Nous avons dormi dans le jardin du monsieur qui nous a emmené en 4*4 au milieu des chevaux qui souvent passaient devant le camping car au galop. Joli spectacle, Anaïs ne décollait pas de la fenêtre et les observait. C’est vrai qu’ils étaient très beau. Parfois ils sautaient la barrière.

 

26 OCTOBRE :

 LA PALOMA/ JOSE IGNACIO/PUNTA DEL ESTE

Ce fut une mauvaise nuit entre le vent et la pluie. Bref, démarrage difficile, nous sommes fatigués (surtout moi). Mais le soleil est de nouveau là. Quand il part en Amérique du sud il ne va jamais bien loin . « La Paloma » ne possède pas de grands intérêts à part ses belles plages de sable fin encore déserté par le touriste. Nous avions la plage pour nous, ce n’est que le printemps ici. Nous en avons profité pour sortir les cerfs-volants. Il y avait tellement de vent qu’il fallait faire attention aux filles , elles se faisaient tirées par le vent. Antoine a des moments se retrouvaient les fesses dans le sable pour essayer de résister au vent. Parfois cela suffisait mais à d’autre moment il glissait sur le sable. Nous avons bien rigolé. Antoine et Aline ont fini dans l’eau , pas longtemps car elle est froide(plus froide qu’au cap nord il y a trois ans).

Route vers « José Ignacio » où nous nous sommes arrêtés au bord de la mer pour déjeuner. Tout en mangeant nous observions le ballet nautique de cinq loups de mer devant nous dans l’eau. Joli phare haut de ses 32 m que nous avons observé, pris en photo mais non visité. Les vagues venaient s’écraser à son pied. Antoine et Aline qui flirtent toujours avec les vagues ont fini encore une fois dans l’eau.

Puis nous avons continué notre route vers « Punta del este » : quel contraste avec tous ces villages de pêcheurs. Très grande ville, avec des immeubles immenses, certains atteignent les 30 étages face à la mer. Aucun cachet (du moins pour nous). De nombreux argentins venaient passer leur vacance ici : 70 %des investissements de Punta sont argentins…La crise de 2001a fait changer les choses, bien que depuis deux ans, petit à petit cela reprenne.

N’aimant pas ses ambiances, nous avons poursuivi notre route jusqu’à la « Punta Ballena » où nous jouissons d’un cadre magnifique face à la baie de Punta et ses vagues qui viennent s ‘écraser sur les rochers à côté de nous. De temps en temps un loup de mer pointe son museau hors de l’eau.

27 OCTOBRE 2006 :

ROUTE VERS MONTEVIDEO

Nous avons longé la côte vers Montévidéo. Le temps n’est pas terrible : nuageux mais il ne fait pas froid. Les paysages nous rappellent beaucoup ceux d’Europe : vallonné, verdoyant, des arbres comme chez nous (au revoir les plantations tropicales et leurs arbres fruitiers), toujours des « estancia » comme souvent en Amérique du sud et sur le bord des chemins des hommes à cheval. Ici ils boivent énormément de maté. Ils en boivent tellement qu’ils se promènent partout avec : en voiture, bicyclette, course et dans toute sorte de sortie .C’est un vrai rituel. Et il est très amusant de voir des grands gaillards avec leur thermos sous le bras et leurs tasse à la main en train de le siroté avec leur longue cuillère percée qui leur sert de paille. Une loi est sortie leur interdisant d’en boire au volant mais cela ne les empêche pas de le faire. Nous sommes tombés sur un grand centre commercial Géant comme en France. Les enfants sont tout content car nous venons de trouver pour la première fois depuis des mois du nutella (ils ont fait la réserve).

Petit plein alimentaire malgré les tentations car dans quelques jours nous quittons l’Uruguay et pour le moment c’est le pays le plus cher d’Amérique du sud que nous ayons visité.

Montévidéo est la capitale du pays. Elle longe la mer. Nous nous sommes promenés dans le centre ville : les magasins sont comme chez nous, très modernes, nous retrouvons certaines marques.90%de la population uruguayenne vit en ville dont la moitié à Montévidéo…

Pour dormir nous sommes sortie de la ville pour nous dénicher un petit coin sympa, calme, au bord de la mer avec l’odeur des pins. Les filles ont fini la journée sur la plage et nous ont construit un charmant château de sable.

28 OCTOBRE 2006 :

 COLONIA SACREMENTO

est classée depuis 1995 Patrimoine mondiale de l’humanité par l’UNESCO pour son quartier historique au bord de la mer. Son port constitue une porte d’entrée dans le pays surtout pour les échanges avec l’Argentine. En effet, cette ville fait face à Buenos Aires (capitale de l’Argentine). Ce quartier est un enchevêtrement de petites rues pavées irrégulièrement avec des maisons basses dont certaines sont colorées. Au coin de certaines rues, une vielle lanterne en fer forgée au verre jauni vient contrasté avec l’azur du ciel Au milieu de ce quartier un phare d’une blancheur éclatante, construit dans les anciennes ruines du couvent, domine toute la ville. Cette blancheur contraste avec les murs en pierre grise du couvent large de plus d’un mètre. Nous pensions prendre le bateau pour rejoindre l’Argentine et nous économiser des km. Mais il n’y a qu’un bateau qui part à 20 heures ce soir pour trois heures de traverser et plus de 150 € . Comme nous trouvons cela un peu cher, l’horaire ne nous arrange pas, nous décidons de faire 500 km de plus par la route, nous ne sommes plus à 500 km près…

Pour dormir nous avons trouvé une belle plage. Les enfants finissent leur journée dans le sable. Il fait très lourd.

C’est très facile de trouver en Uruguay des endroits agréables pour dormir dans des cadres adorables. Tous les bords de mer sont accessibles. C’est un pays très calme, très serein, pas de bruits de voiture, motos ou camions, pas de chiens qui aboient. Un régal pour les nuits. C’est un pays très sur où le camping sauvage est très accessible et facile.

29 OCTOBRE 2006 :

ROUTE VERS L’ARGENTINE

 

Hier soir j’ai trop vite parlé. Nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit à cause d’un terrible orage. Je crois que c’est la première fois que nous voyons un orage aussi violent: coup de tonnerre sous coup de tonnerre. Aucun répit : une pluie violente frappait le camping car. Et, des éclairs splendides, tellement puissants et nombreux qu’ils éclairaient totalement le ciel toute les dix secondes. Nous n’avons pas beaucoup dormi ni les enfants sauf Anaïs apparemment. Mais quel beau spectacle, quelle puissance de la nature. Nous nous sentions tout petit dans notre 12m². Tout le long de la route ce matin ce sont des champs inondés : les arbres, les vaches ont les pieds dans l’eau, parfois presque jusqu’au corps. Les bords de route regorgent d’eau et parfois des cours d’eau créés par l’orage viennent débordent sur la route. Ils faut faire d’autant plus attention que les routes sont en mauvais état : nombreux trous, bosses quel changement avec le bon état de la chaussée sur la côte Est….

Quelques courses pour dépenser nos derniers pesos uruguayens avant de passer en Argentine. Nous avons pris la précaution de cacher nos provisions car à chaque frontière ils nous embête avec leur contrôle sanitaire (interdiction de passer quoi que se soit en Argentine).

La frontière est au niveau de « Fray dentos » sur un pont. Les deux pays sont séparés à ce niveau par le fleuve Uruguay. Côté pratique tous les bureaux sont regroupés pour les deux pays. Le passage se fait assez vite Nous avons beaucoup roulé notre but étant de descendre au plus vite vers la péninsule de Valdés en Argentine, car entre il n’y a pas grand chose à voir. Pour la nuit nous nous sommes arrêtés dans une station service. Nous avons acheté une bouteille de gaz argentine. Eric a eut beaucoup de mal pour l’avoir car n’en ayant pas une pour faire l’échange (nous étions toujours sur nos bouteilles françaises) il ne voulait pas nous en vendre. Depuis le Paraguay, nous avions une bouteille de gaz française (la première presque vide est restée chez Charles et Rosa. Nous la prendrons au retour). Nous ne sommes pas sur de récupérer la consigne car il faudrait la ramener à cette station surtout que les 50 pesos de consigne me paraissent être un prix maison. Nous pensons la laisser vers Buenos Aires avant notre retour.

30/31 OCTOBRE 2006 : ON ROULE

Deux jours de route en continue afin de descendre vers la Péninsule de Valdés tant attendu par les enfants. En dessous de Buenos Aires les routes sont toutes droites à perte de vue. De chaque côté peu d’arbre mais une végétation rase avec des champs et des élevages de vache et pour la première fois de moutons. Nous mettons un DVD aux enfants, nous avons baissé la table ce qui leur fait un grand lit, cela change et ils adorent ça. Nous à l’avant avec un peu de musique, nous enchaînons les kilomètres.

Le 31 au soir nous arrivons à « Punta Bermeja » 300 km plein sud de Bahia Blanca. Très belle pointe éclairée par le soleil couchant qui donne au phare et la nature tout autour cette couleur si caractéristique de fin de journée que tous les photographes adorent.

 

Sur la route après le phare qui longe la côte nous observons la plus grande colonie de perroquets au monde. Plus de 120 000 nids cohabitent sur la falaise sur plus de dix kilomètres. Sachant qu’il y a 3 ou 4 individus par nids, imaginez ce que cela peut faire. Les nids sont creusés dans la falaise. Ils peuvent faire jusqu’à 7/8mètres de long. A la tombé de la nuit, sous le soleil couchant s’est une multitude d’individu qui passent au dessus de nos têtes en poussant des cris aigus. Impressionnés par leur couleur, leur nombre nous descendons du camping car avec les appareils photos, jumelles pour les observer. Certains se posent sur les fils électriques, d’autres s’accouplent (ils sont très fidèles…), d’autres mangent quelques dernières baies avant de rentrer dans leur nid. Certains ont encore de l’énergie à dépenser puisqu’ils ne font que virevolter au dessus de nous. La couleur de leur plume : bleu et verte ressortent sous la lumière chaude. Quand ils passent au dessus de nos têtes la couleur rouge ventral au niveau des pattes et jaune au niveau de la poitrine nous frappe tellement elles sont vives. Anaïs est totalement fascinée par les perroquets et passe son temps aux jumelles. Soudain elle nous dit : « papa, maman, c’est génial on dirait que les perroquets ont des range-patte ». Effectivement quand ils volent ils prennent une forme aérodynamique et leurs pattes sont collés sous leur ventre très serrées les unes aux autres comme le train d’atterrissage des avions. Ces oiseaux migrent vers le nord de l’Argentine et reviennent chaque année au même endroit et retrouvent leur nid, qu’ils garderont toute leur vie. Nous sommes tellement fascinés que nous décidons de faire une halte et de rester là demain… Surtout qu’une autre surprise attend les enfants au bout de la pointe… : Notre première colonie de lions de mer à contempler . Il est 20 heures quand nous arrivons au bout, il commence à être tard, le soleil se couche, le ciel est tout rougeoyant. Notre curiosité est trop forte, malgré leur tardive et le manque de lumière nous nous approchons des lions de mer. Avant de les voir nous entendons leur bruit rauque qui provient du bas de la falaise. En arrivant au bord des rambardes qui ont été installées le long de la falaise, c’est une multitude d’individus que nous observons. Certains dorment affaler sur les rochers ou le sable au pied de la falaise car c’est marée haute , d’autre nagent et font des pirouettes dans l’eau avec une extrême grâce et fluidité. Enfin quelques individus sortent de l’eau et s’aident de leur nageoires pour regagner le sable.

Pris dans notre contemplation nous ne voyons pas le temps passer. Quand nous regagnons le camping car ,tout excité et émerveillé il est 21 heures.

01/11/2006 :

UNE JOURNEE A « PUNTA BERMEJA »

Les enfants font leur journée de travail avant de retourner observer les lions de mer. Ils sont très motivés et ne traînent pas. De jour le spectacle est différent. C’est marée basse. De nombreux lions de mer profitent du soleil et des rochers apparemment pour se reposer. Cette fois ils sont sur toute la plage. Cette colonie importante compte 4 000 à 6 000 individus en fonction des moments de l’année, cette colonie est permanente.

Pourquoi lion de mer ? Ils font partie de la famille des otaries puisqu’ils se déplacent sur leurs nageoires (à la différence des phoques qui ondule, rampe sur le ventre) et les mâles ont une crinière (comme les lions) autour de leur tête. Ils vivent entre 18 et 25 ans. Les femelles pèsent 160 à180 kg alors que les mâles pèsent jusqu’à 350 kg.

 

Nous prenons tout notre temps pour les observer. Les enfants ont emmené leur matériel : fauteuil pliant, crayons et carnets de dessin. Les voilà parti pour nous faire un beau dessin de la colonie. Eric et moi en profitons pour faire des photos vous vous en doutiez. Ce groupe est constitué de plusieurs harems : un mâle vit avec plusieurs femelles. Alors que les femelles dorment sur le sable et les rochers le mâle veille attentivement sur elles afin de les garder pour lui. Effectivement dès qu’un mâle plus jeune ou autre s’approche d’un peu trop prés, il se dressent du mieux qu’il peu, il pousse son cri, s’approche de l’intrus et parfois cela se termine dans des combats courts mais virulents : coup de tête, coup de dents. Dans deux mois à la période de reproduction, les combats seront plus long, plus agressif, plus sanglant. Il ne faut pas dire que les femelles ne font rien. Elles passent l’année à être enceinte : 11 mois de gestation, une semaine après sont de nouveaux en chaleur.. Et le cycle recommence.

Actuellement le mâle constitue son harem. Il s’accouplera avec chacune d’entre elles.

Quel brouhaha : chacun pousse son cri, le tout accompagné par celui de perroquets qui ont fait leur nid dans la falaise au dessus des lions de mer, et des pétrels (oiseau marin carnassier qui se nourrit des individus morts). La mer est d’un bleu azur, le vent de terre rend l’océan calme, et le bruit des vagues vient s’ajouter à celui des animaux.

Les enfants nous ont fait des beaux dessins. Personne ne veut rentrer au camping car fasciné par la colonie. Nous restons encore un bon moment chacun rapportant une réflexion : regardez comment ils nagent ? Antoine était impressionné par les combats. Aline par la taille des mâles par rapport aux femelles. Anaïs par la ressemblance avec les lions (crinière, rugissement, le côté dominant) et leur agilité dans l’eau. Nous ne nous lassons pas de les observer.

Quel spectacle nous attend à Valdés ?!!

Nous avons discuté avec un gardien très sympa qui a répondu à toutes nos questions. Anaïs subjugué par les animaux s’est trouvée un nouveau métier : observer et étudier les animaux…

L’après midi nous avons eu la chance d’observer quelques baleines qui s’amusaient près du rivage à faire des allers retours. Nous les repérions avec leur souffle. Ce jet de gouttelettes d’eau se repère particulièrement bien quand la mer est calme. De temps en temps certaines sautaient mais elles étaient trop loin pour que nous puissions observer leur saut.

Ceux ci est un moyen de communication entre eux. Si une commence à sauter et s’il y en a d’autre autour il y a de forte chance qu’elles se mettent à sauter à leur tour.

2 et 3/11/2006 : DIRECTION VALDES

Des images plein la tête nous continuons notre descente. Il fait toujours bon, mais les températures sont moins fortes (20°).Il faut dire que nous commençons à être bien bas. Le vent commence à souffler fort…Surtout la nuit. Est ce les différences de températures ? Nous ne savons pas.

Sur les conseils du gardien, nous décidons de longer la côte. 130 km de pistes pas terrible et surtout sans les lion de mer et oiseaux promis. Parfois nous nous retrouvons au bord de la mer d’un bleu turquoise et reposant. Elle est calme. Les enfants en profitent pour l’observer en quête de baleine. Ils sont récompensé de leurs efforts car on aperçoit souvent au loin des souffles de baleine. Soudain une baleine plus proche que les autres montre sa gueule large entourée de coquillage (ce qui fait la joie des oiseaux qui viennent les picorer), puis un aileron, un dos. Elle ne sautera pas mais restera là ce qui nous permit de bien l’observer. Elle était accompagnée de deux ou trois baleineaux. Ce sont des baleines frange australes. Les naissances ont lieu entre août et septembre. Les enfants espéraient qu’elle saute (nous aussi), mais non. Une autre fois…

 

Nous nous sommes arrêtés au bord d’une plage où nous avons trouvé quelques beaux coquillages. Les enfants en ont fait la rasia voulant faire une guirlande, des colliers, des dessins dessus. Nous avons regardé les nids des perroquets sur des falaises et quelques oiseaux marins comme les huîtriers pies que nous avions vu la première fois au cours d’un précédent voyage en Islande. C’était la marée basse, il y avait de nombreux crabes et algues. Les crabes étaient tout petits mais suffisamment gros pour faire peur à Aline qui n’osait plus aller nettoyer ses coquillages dans les flaques d’eau. Anaïs notre fidèle observatrice de la faune à passer son temps les jumelles sur les yeux.

Pour dormir nous nous sommes arrêtés au bord de l’eau, à l’abri du vent. Nous l’entendions souffler mais le camping car ne bougeait pas protéger par une butte. Les enfants sont descendus sur la plage et sont remontés avec plein de coquillages blancs qu’ils se sont amusés à dessiner.

Aujourd’hui nous avons posté des envois du CNED en recommandé pour être plus sur que cela arrive. Pour les filles au niveau des dates ça va. Antoine est juste j’espère que l’envoi ne va pas mettre trop de temps. Ce n’est pas toujours facile de tout combiner. Nous venons de passer trois jours sans voir de postes. Plus on va descendre plus on va être confronté à ce problème.

4/11/06:

ARRIVE A LA PENINSULE DE VALDES

Avant de pénétrer à la péninsule de Valdés nous nous sommes arrêtés à Puerto Madryn comme bien souvent, nous faisons le plein d’essence, de nourriture, nous nous connectons à internet , et faisons un peu de devoir avant de s’isoler pour combien de temps nous ne savons pas encore au milieu de la faune marine de Valdés. Les températures ont fortement chuté ces derniers jours et le vent souffle très fort. Je pense que c’est le plus dur à gérer: un jour nous avons chaud (autour de 22°C) , le lendemain on descend à 10°C et ainsi de suite…

  • En fin de journée nous empruntons la route vers la péninsule. Il y a un droit d’entrée assez élevé pour les étrangers: 35 pesos pour nous trois demi-tarif pour les filles. Pour la première nuit nous nous installons près du seul village de la péninsule: Puerto Piramides. Nous nous renseignons sur les sorties bateau pour voir les baleines et nous nous installons pour la nuit au camping où nous rencontrons un jeune couple français d’Orléans et de Paris (et oui, le monde est petit…) qui sont partis depuis un an et demi, ils ont traversé l’Afrique avant de se perdre en Amérique du sud. Ils nous conseillent un coin paradisiaque où l’on peut observer de la plage les baleines… (vous pouvez les rejoindre sur www.laroutedesmers.com)

5-6-7 NOVEMBRE 2006 :

 LA PUNTA PARDELAS et la danse des baleines

Comment décrire autant de beauté ? Les mots ne suffiront pas pour transcrire ce que nous ressentons. Cela fait trois jours que nous sommes au même endroit afin de profiter du ballet incessant des baleines et de leur célèbre chant.

 

Le premier jour quand nous sommes arrivés il faisait très beau, la mer était calme d’un bleu transparent sans vent. Oh beauté suprême: de majestueuses baleines glissent sur l’eau à quelques mètres de nous à peine : un souffle puissant, des ondulations lentes de leur corps. Les mamans sont accompagnés de leurs petits. Certaines viennent ici pour s’accoupler d’autres pour donner naissance à leur petit. La gestation dure 11 mois. Elles sont dans ce golfe du mois de juin au mois de décembre puis repartent d’où elles viennent, en antarctique. Quelques une plus joyeuses nous font de belles prouesses : sauts gigantesques pour retomber de toute leur masse dans l’eau et former de remarquables gerbes d’eau. Un saut, deux sauts, trois sauts s’enchaînent, parfois plus, ils sont souvent espacés de 15 à 20 secondes, dès que les enfants voient un saut , ils ont pris l’habitude de compter …Nous sommes totalement subjugués, émerveillés, ravis, heureux. La plupart du temps se sont les petits qui sautent et pourtant c’est déjà énorme. Quand ils sont trop éloignés de leur maman, ils frappent l’eau en donnant un coup de queue, des coups de nageoires qui résonnent dans ce golf de 60 km de diamètre juste ouvert à l’océan de 4 km. Tous ces signes: saut, coup de nageoire et de queue sont des signes de communication entre la maman et son petit. Souvent quand un saute un autre plus loin joue avec lui. C’est merveilleux. Nous n’avons pas vu encore d’aussi beau spectacle. Voilà deux ans que nous rêvons de Valdes, que nous lisons des récits d’autres voyageurs, que nous regardons les photos dans les livres. Depuis quatre mois que nous sommes en Amérique du sud nous y pensons souvent, et depuis notre départ du Paraguay nous n’avons que ce mot à la bouche : Valdes !Nous allons vers Valdes. En secret, tout ce temps là nous espérions apercevoir une baleine sautée et quel bonheur pour nous si nous pouvions en prendre une en photo. Et là ! Sous nos yeux, alors que nous y sommes enfin à Valdes, les baleines sont là devant nous et elles enchaînent les sauts, c’est magique. Cela va au delà de toutes nos espérances. Que la nature peut être magnifique. Ces baleines , les baleines franches australes font 13m de long …Quand vous êtes à côté vous semblez bien petit. Elles sont identifiables et identifiées d’ailleurs, grâce à la formation de callosité sur leur tête. Ce sont des poux qui se développent en parfaite harmonie avec la baleine et qui ressemblent à des coquillages qui seraient collés sur sa tête. A force de les observer nous commençons à en repérer certaines. Leur tête représente le tiers de leur corps. Lorsqu’il n’y a pas de vent, cela nous permet de bien entendre leur souffle puissant comme la sirène d’un bateau et même de percevoir des sons rauques qu’elles émettent parfois entre elles depuis le CC…De vrais mélodies… Vous les oubliez, l’espace d’un instant elles vous rappellent aussitôt avec leur souffles ou leur chant. Splendide, nous avons passé la journée à les observer sans se lasser. La journée s’est terminée par une sortie en mer, afin de les observer de plus prêt ? Est ce possible, et bien oui. Les baleines passaient tout prêt du bateau. Il y a même un jeune baleineau qui est passé sous le bateau pour ressortir à ras de ce dernier juste au dessus de la tête des filles qui se penchaient sur l’eau. Elles ont bien sursautées (ce n’étaient pas les seules). Par rapport au spectacle de la journée nous avons été un peu déçu par le bateau mais ce n’est pas grave car le soir nous retournons auprès d’elles pour nous endormir. Le soir, la nuit nous pouvions les entendre du camping car. Le silence, l’obscurité renforçaient ce moment magique ou l’on perçoit les claquement des nageoires sur l’eau, un peu plus fort c’est une queue qui vient de claquez à la surface, encore plus fort c’est un saut qui vient de se réaliser à vos appareils les suivant ne sont pas loin… C’est très impressionnant, très émouvant également. Eric très excité par sa journée à du mal à s’endormir. C’est sur, demain nous restons.

 

Le lendemain il y a du vent, la mer est agitée, nous les voyons moins. Nous en profitons pour travailler un peu. Car au milieu de ce spectacle de baleines c’est très dur de se concentrer, et nous avions un peu écourté la séquence devoirs. Promenade l’après midi le long de la plage, le vent à faibli et nous avons la chance de pouvoir marcher et observer une baleine et son petit qui suivaient la rive. Nous étions à quelques mètres d’eux. Sur la fin de journée, le vent est presque complètement tombé, nous avons assisté à plusieurs sauts, ils s’enchaînent les uns après les autres et nous sommes émerveillés à chaque saut, c’est un peu comme un enfant à noël qui déballe ces cadeaux. La marée était remontée, les baleines parcouraient le golfe à quelques mètres de nous le long des falaises. En tendant le bras nous pouvions les toucher. Nous nous sommes endormis avec leur chant et leur souffle. Anaïs qui s’est réveillée dans la nuit a eu du mal à se rendormir voulant les écouter…

Aujourd’hui encore superbe journée : la mer est de nouveau calme. Avec Eric nous nous sommes levés à six heures afin de profiter du spectacle le plus tôt possible. Des jeux de queues, de nageoires et encore des sauts. La marée était en train de monter. Après le petit déjeuner, de la fenêtre du camping car nous voyons plusieurs baleines faire des pirouettes sous notre nez, elle se mettent sur le côté, puis le dos en écartant les nageoires qui dépassent de la surface. Laissant tout en plan à l’intérieur, nous sortons. Je pense que c’était notre plus belle matinée. Eric ayant lu dans une revue qu’il fallait faire du bruit pour les attirer nous voilà parti dans un concert chacun y allant de sa plus belle voix, le tout accompagné par des applaudissements, nous étions seuls ce matin. Et bien vous nous croirez ou non, mais les baleines sont venus vers nous : une belle queue de la mère à 3 à 5 mètres de nous est sortie et à frappé l’eau puis elle à recommencer cela quatre fois, c’est un mouvement assez lent et on sent la masse se lever et elle s’écrase dans l’eau dans un bruit sourd, les nageoires après, tapaient la surface de l’eau… à chaque coup de queue nous applaudissions et lancions des bravos, complètement excité. Antoine se met à crier un salto, un salto, immédiatement repris par Anaïs. Soudain son jeune baleineau, s’est mis à faire un saut, la devant nous à cinq ou six mètres à peine, alors là nous sommes déchaînés et tous les cinq nous exultons et c’est en cœur que nous hurlons un salto en frappant des mains, un deuxième saut arrive sous nos hourras Eric n’en reviens pas il l’a pris en photo mais il est trop prêt il ne tiens pas dans le cadre c’est de la folie, trop prêt pour l’objectif de l’appareil photo, vous y croyez vous ? à peine 20 secondes et le troisièmes saut arrive, on est fous de joies mais c’est là que le délire complet arrive, le baleineau continue il poursuit ces sauts, on a plus de voix tellement nous hurlons, au total il en enchaînera 8 les uns à la suite des autres si prés de nous…Que c’était beau, nous sommes en plein rêve.

La plus excitée d’entre nous était Anaïs qui les appelait, chantait, tapait des mains le plus fort qu’elle pouvait. Parfois elle sautait aussi bien que le baleineau pour montrer sa joie, son émerveillement. Elle est complètement excitée. En fait nous réalisons que nous n’étions pas les seuls, trois personnes un peu à l’écart sont sortie de leur tente, sur la plage, et assistent au spectacle également. Il est 9 h, Aline est en pyjama, en effet les filles nous ont rejoins très vite sans finir de déjeuner. Aline n’a pas eu le temps de s’habiller, quel début de journée. Ouf, après toute cette effervescence nous soufflons un peu. Nous n’en revenons toujours pas. Voici que notre baleineau se met à faire la planche les deux nageoires en l’air et à exhiber son ventre blanc et noir. Puis c’est le tour d’une maman et de sa progéniture de s’amuser ensemble : ils tournaient en rond, tantôt le petit passait sur sa maman, tournait autour d’elle, posait sa queue sur son dos . A ce moment là, nous avons pu nous approcher de très près. Nous avions les pieds dans l’eau (certes il faisait un peu froid) et elles se sont mises à défiler juste à côté de nous toujours aussi gracieuses fendant l’eau de leur corps immense et soufflant de grandes gerbes d’eau. Il faut dire que nous faisions tellement de bruit qu’elles ne pouvaient faire autrement que de passer nous dire bonjour.

^ Ne pouvant détacher ce spectacle de nos yeux, nous terminons les devoirs au bord de l’eau. L’appareil marche à plein régime, nous sommes même obligé de le vider en cour de journée du jamais vu. Et le soir quand les enfants sont endormis, que la nuit est tombée, nous repassons les photos de la journée, confortablement installés sous la couette en écoutant les baleines…

Avant de s’endormir, Anaïs nous a dit que c’était trop bien et qu’elle avait de la chance d’être ici et de voir cela. Et qu’elle trouvait dommage que ces copines ne puissent pas tout ça. Avant de partir, beaucoup lui ont dit mais comment vas tu faire un an sans télévision. Mais ici c’est cent fois mieux que la télé. Quand je vais dire à mes copines ce que j’ai fait aujourd’hui : j’ai regardé les baleines toutes la journée. Elle est radieuse, ses yeux pétillent de bonheur. Avant hier sur le bateau, elle ne perdait pas un mot des explications que la guide nous donnait sur les baleine durant la sortie bateau.

 

8/11/2006 : LA CALETA VALDES

TOUJOURS SUR LA PENINSULE

Une immense langue de terre et de galets se détache de la péninsule, sur plus de 25 km avant de rejoindre le continent formant ainsi une étroite impasse d’une cinquantaine de mètres de large tout au plus. C’est ici que des éléphants de mer ont élu domicile, pour le plus grand plaisir des orques qui profite de la marée haute pour venir festoyer. Le long de la plage nous avons vu des éléphants de mer se faire dorer au soleil. Ils font partie de la famille des phoques : ils se déplacent en ondulant leur corps et non sur leurs nageoires comme son cousin l’otarie. Par contre ils sont très bons nageurs. Nous avons pu marcher en hauteur, le long de la mer et les observer. Actuellement il reste quelques mâles (leur poids varie autour de 5 tonnes et font entre 4 et 6 mètres de long), les bébés (ils font 35 kg à la naissance, sont allaités 25 jours et prennent 8 à 9 kilos par jour et font 2 mètres).Les femelles sont déjà reparties pour manger. Les jeunes sont donc indépendant très tôt, il faut dire qu’ils font déjà leur 200 300 kg facile. Les éléphants de mer ne font pas grand chose la journée, à part dormir sur le sable, assez haut sur la plage afin de se protéger des orques qui cherchent les petits pour les manger. Les mâles ont une trompe qu’ils gonflent quand ils se battent entre eux pour impressionner l’adversaire. De temps en temps afin de se rafraîchir ils se lancent du sable sur leur dos.

 

Soudain Antoine a repéré dans l’eau 4 ailerons. Ils n’ont pas tardé à se rapprocher du bord. C’était 3 femelles et un jeune orque (on vous rassure ce sont les gardiens qui nous l’ont dit). Ils longeaient la plage sous l’eau à l’affût d’une proie. Les éléphants mâles du haut de la plage ont bien senti le danger : ils les regardent passer, ne bougent pas. Ce qui n’est pas le cas des plus petits qui traînent plus au bord de l’eau.

C’est très joli de regarder un orque nager : ils sont extrêmement rapide cela nous change de la baleine, ils fendent l’eau de leurs ailerons qui peuvent atteindre 1,8 mètres pour les mâles et peuvent frôler la plage, un mètre, tout en nageant. Un mâle pèse 9 tonnes et mesure 9 mètres alors qu’une femelle pèse 7 tonnes et mesure 8 mètres. Ils sont noirs et blancs, et ils ont des dents très tranchantes qui leurs permettent de capturer toute sorte de proies :poissons, oiseaux, bébés phoques et éléphants de mer (ils mangent plus de 70 espèces d’animaux différents). Nous les avons suivi le long de la plage. Apparemment les éléphants de mer devaient être trop gros ou trop haut sur la plage car ils ont fait plusieurs approches mais ne sont pas passé à l’attaque. Arrivé au bout de la rangée des éléphants de mer ils ont fait demi-tour pour atteindre un autre endroit de la lagune , beaucoup plus loin. Nous nous sommes mis à courir. Mais ils sont plus rapides que nous, enfin que moi, et les filles, car Antoine et Eric qui ont eu le courage de courir jusqu’au bout ont eu la chance de voir l’un des orques se jeté sur la plage pour attraper un bébé éléphant de mer : il le tient bien fort avec ses dents, le secoue pour le tuer en l’assomment, et le mange. Les autres orques autour se rapprochent pour finir les reste qui flottent dans l’eau. Enfin les pétrels, oiseau carnassier finiront les derniers morceaux.

Les autres éléphants de mer à côté n’ont pas du tout bouger, comme si rien ne se passait.

Apparemment nous avons eu beaucoup de chance car c’est très rare de pouvoir observer cette scène. Le soir fatigué mais heureux nous sommes retournés dormir auprès de nos nouvelles copines : les baleines.

9-10/11/06:JOURNEESTRANQUILLES

AVEC NOS NOUVELLES COPINES

 

Nous sommes restés observer les baleines : encore des sauts, des queues, des souffles, une nageoire qui tape… C’est toujours la même chose et pourtant, nous nous régalons toujours autant. Et à chaque fois c’est différent, la lumière n’est pas la même, la couleur de l’eau à changer. Et c’est beau ! On dirait un missile qui surgit de l’eau, d’abord à la verticale, avant d’obliquer et de s’écraser formant un gerbe blanche au milieu de ce bleu foncé… A force de les observer nous commençons à en reconnaître certaines. Une des baleines a mis au monde un bébé albinos. Nous pouvons savoir si une baleine vient vers nous ou s’éloigne par son souffle en « v »(elle possède deux orifices respiratoires) : la partie la plus haute est toujours à droite. Ainsi selon le sens du V vous savez si elle se rapproche ou s’éloigne. En ce moment elles ne mangent pas, ou très peu, elles passent leur temps à nager, jouer et dormir la baleine dort souvent mais jamais plus de 15mn, toujours à la surface de l’eau elle est immobile et a bouger son appareil respiratoire. Au bout de 15 minutes, elle a besoin de respirer alors elle se réveil, fait un petit souffle et pique la tête sous l’eau et s’est reparti pour un tour…La survivance durant cette période de cinq mois est possible grâce à ses réserves de graisse accumulées durant l’été.

Le soir nous avons vu passer deux femmes à côté du CC avec deux gros os de baleine. Eric est allé les voir afin de savoir où elles les ont trouvé.

A partir de là, cela est devenu une obsession pour tous les cinq : trouver des os de baleines.

11/11/2006 : PUNTA NORTE

Nous partons au nord de la péninsule, à punta norte. Décevant à cette époque de l’année car les lions de mer sont déjà reparti. Les orques n’approchent donc pas la côte. Seuls sont présents une poignée d’ éléphants de mer, toujours aussi actifs, qui attendent la marée haute pour faire quelques prouesse dans l’eau. Nous avons eu malgré tout la chance de pouvoir observer notre premier tatou ( il possède une carapace articulée qui lui permet de se mettre en boule en cas de danger. Il vit dans des terriers et galeries). C’est l’hérisson d’Amérique du sud.

Sur le chemin du retour nous nous sommes arrêtés de nouveau à la caleta valdés en espérant voir de nouveau des orques. Mais je pense que nous sommes exigeants. Belle promenade mais sans d’orque cette fois. Nous nous sommes désaltérés avec une bonne salade de fruit tout en admirant le paysage.

Du 12 au 14 /11/2006 :

A LA RECHECHE DES OS DE BALEINE

Très beau temps durant ses trois journées. Comme la promenade pour arriver à la plage ou se trouve les os est longue , Eric et Antoine y sont allés seul la première fois. Au bout de 4 heures de marche, parfois les pieds dans l’eau ils sont rentrés bredouilles. Ils n’ont trouvé que des callosités (du moins nous pensons que cela en sont).

Nous constatons que les baleines sont moins nombreuses. Certaines commencent à repartir pour manger avec leur petit qui pour la première fois vont quitter le golfe.

Le lendemain Eric et Anaïs sont partis de bonne heure le matin. Ils ont vu des beaux oiseaux dont le cormoran impérial, des sternes et des huîtriers pies. Anaïs s’est trouvé un gros coquillage. 6 heures de marche, elle est revenue fatiguée mais heureuse de sa ballade. Surtout que tout le long du chemin les baleines l’ont encouragé de leur chants mélodieux. Mais toujours pas d’os, nous désespérons.

Enfin le dernier jour, nous décidons d’y aller tous ensemble. Très belle promenade au bord de l’eau accompagnée par les prouesses des baleines. Pique nique sur la plage quand soudain nous trouvons notre premier os de baleine. Regonfler à bloc, nous nous séparons pour arpenter la plage. C’est Anaïs qui a eu le plus de chance car elle en a trouvé un deuxième qu’elle a traîné jusqu’au CC ( c’est à dire plus de trois heures de marche). Maintenant c’est Eric qui est content !!! où les mettre ???, sûrement avec la roue de secours. En prendre un seul déclencherait une guerre froide avec les enfants….Nous avons la nuit pour réfléchir car nous partons demain.

Bravo à Aline qui très motivée à marcher plus de 6 heures …sans râler. Et Anaïs qui a fait la promenade deux jours de suite.

Nous finissons la journée à côté du CC, les pieds dans l’eau en constatant qu’il y a beaucoup moins de baleines qu’à notre arrivée. Cela nous permet de moins regretter le départ demain. Les enfants nous disent qu’on va déprimer si on part de Valdes. Valdes, aura été féerique, hors du temps. Je crois que nous n’oublierons jamais ces moments là… Et les photos que nous avons gardé sur plus de mille réalisé nous y aiderons plus facilement encore.

 

Venez, venez à Valdes si vous le pouvez, c’est tout simplement BEAU…

15-16/11/2006 : PUERTO MADRYN

Les baleines s’en vont alors nous aussi, après ses 10 jours partagés avec elles. Nous sommes repassés par Puerto Madryn afin de refaire le plein alimentaire, s’occuper du camping car (essence, eau, pneu qui se dégonfle…), internet , lessive… Bref, deux jours de «corvées ».

Eric a galéré pour accrocher les deux os de baleine sous le camping car. Attention il était surveillé de prés par nos trois enfants. Pas question d’en laisser un !!! A chaque arrêt du camping car Antoine vérifie s’ils sont bien toujours là !! Quand nous sommes arrivés à Puerto Madryn il y avait un fort vent qui entraînait avec lui le sable. La ville était sous un nuage de sable… Pas très cool pour les yeux.

Une fois que tout fut en ordre, nous reprîmes la route vers Rawson. Arrêt pour la nuit au bord de la mer à côté d’un CC allemand qui était avec nous à Valdés.

Nous aurions du être rejoint par « les desroutes » que nous avions rencontré sur les routes quelques mois plus tôt mais ils ont quelques soucis de moteur. Nous nous verrons plus au sud.

17/11/2006 : RAWSON ET TRELEW

Après les devoirs des enfants nous nous sommes promenés au port de Rawson où les derniers pêcheurs réparaient leurs filets. Dans cette petite ville portuaire on pêche les langoustines. Mais il était un peu tard pour assister au retour de pêche. Dommage !! De vieux bateaux de couleur orangé occupaient les rives du port. A côté de ceux abandonnés d’autres étaient en réparation ou tout simplement amarrés aux quais attendant un prochain départ. Une colonie de lion de mer : un mâle et son harem s’activaient au bord de l’eau, au soleil. C’était plaisant comme promenade. Nous sommes allés pointer notre bout du nez dans une exposition sur la vie maritime de la région. L’exposition était intéressante: poissons, mammifères marins reconstitués, coquillages du monde entier, certains étaient magnifiques, il faudra que l’on y aille un jour… et une explication assez complète sur les « toninas » (jacobites). Ce sont de surprenants individus aux allures de bébé orque. Ils appartiennent à la famille des dauphins (tout blanc avec la tête et la queue toute noire) et se rencontrent le long de la côte patagonne. Ils sont très rapides, donc pas facile à observer. C’est possible de faire une excursion en bateau pour tenter de les observer mais vous n’êtes pas sur d’en voir. Nous avons fini dans un restaurant afin de goûter quelques spécialités culinaires à base de poisson (nos premiers crustacés et poissons depuis notre départ) : hum, cela fait du bien de manger autre chose que de la viande (certes, très bonne) .

Les enfants n’ont pas voulu faire d’infidélité à leur plat préféré : viande, frite, purée et salade pour Anaïs. Anaïs est très économique, une salade en guise de repas lui suffit !!

Puis nous avons repris notre route pour nous arrêter à quelques kilomètres de là, visiter le musée paléontologique de Trelew. Cette ville est la plus importante de la région même si Puerto Madryn commence à lui faire de l’ombre. Ce musée retrace l’évolution et l’histoire des espèces végétales et animales de la région. Très intéressant et interactif avec ses nombreuses espèces animales reconstitués (nombreux squelettes de dinosaure). La vallée du chubut est très riche en découverte paléontologique. Heureux voyage dans le temps jusqu’à l’époque quaternaire (300 millions d’années). Les questions des enfants sont nombreuses. Petit rappel sur le « big bang » et l’évolution. Dans une salle annexe à travers des vitres il est possible de regarder les scientifiques travailler sur leur fouille. D’autant plus intéressant que nous avons eu la chance de pouvoir suivre un guide français (ce qui est rare).

En fin de journée nous avons repris notre route et piste vers « Punta Tombo » pour observer la plus grande colonie de pingouin de Magellan. Nous y sommes arrivés une heure à peine avant que la réserve ne ferme. L’entrée est payante et il n’est pas possible de dormir juste à côté des pingouins. Nous nous sommes donc garés à côté de l’entrée. Nous en profiterons mieux demain, toute la journée. Par contre ce soir nous sommes bercés par leur cri. Apparemment ils ne s’arrêtent jamais…Bonne nuit !!

18/11/2006 : PUNTA TOMBO

et sa colonie de pingouin de Magellan

A 200 km au sud de Valdés se trouve la plus grande colonie de manchots d’Amérique du sud.

       

   Actuellement 500 000 individus. Ils seront 1 000 000 quand tous les bébés seront nés.     

Les manchots reviennent chaque année au même endroit, dans le même nid, après avoir passé l’hiver austral en mer afin que les couples se reconstituent.

Le rituel est toujours le même :      

 

 Le mâle arrive toujours en premier, au mois d’Août. Il occupe chaque année le même nid (et oui, il sait le retrouver parmi les 250 OOO nids présents). En attendant l’arrivée de sa compagne, il refait le nid, le protège contre les concurrents.


    
  

 Une fois le couple reconstitué, la femelle pond un ou deux œufs.

Nous sommes arrivés de bonne heure le matin. Nous étions les premiers dans le parc. Sous les recommandations du garde, nous nous sommes dépêchés de déjeuner car les premiers touristes arrivent vers 11 heures. 3 heures seuls au monde avec comme simple compagnie ses manchots : petit être qui ne font pas plus de 44 cm. Sur le chemin qui mène au parking nous avons pu voir nos premiers nids, nos premiers animaux. Il fallait faire attention car à tout moment il y en a qui passait devant le CC… et la priorité ils ne connaissent pas… C’est très attachant de les observer: démarche amusante, on ne peut s’empêcher de leur attribuer des réflexions, attitudes en rapport avec nous.

     Ils sont attendrissants et parfois entament une danse à deux, pleine de tendresse 
   Parfois ils sont plus agressifs, surtout envers les autres mâles et s’affrontent à coup de bec et de nageoire   

Durant notre promenade, sous l’excitation des enfants qui ne savaient ou donner de la tête encerclés par tous ces manchots nous avons eu la chance de voir :

    

   - des bébés qui n’avaient que quelques jours 

- des œufs  

 

le trafic incessant des deux parents de leur nid à la mer.  

  

Effectivement à tour de rôle les deux parents partent à la mer chercher de la nourriture pour leur progéniture qu’ils nourrissent par régurgitation.


 

     Nous avons passé notre journée à déambuler au milieu d’eux, à les observer. Les enfants se sont régalés de courir de l’un à l’autre, de prendre des photos, de marcher avec eux dans les allés, d’imiter leur démarche, leur bruit, leur façon de regarder en penchant la tête d’un côté puis de l’autre.
  
 

Tout en contemplant les nids nous avons constaté que les nids sont tous différents. Ainsi ils peuvent plus facilement les reconnaître, l’année suivante.

- nids fait à l’aide de cailloux photocailloux

- d’autres à l’aide de branche photobranche

- enfin certains avec des plumes photoplumes

- ou de la paille photopaille

 

 Ce qui est surprenant c’est que certains nids sont éloignés de la mer. Parfois ce sont plusieurs centaines de mètres qu’ils doivent arpenter.

Si le nid est à découvert les manchots creusent de véritables terriers 

ce qui n’est pas le cas quand ils sont sous les arbustes

A force de marcher, d’observer nous commencions à être fatigué. Nous nous sommes assis sur des rochers face à la mer où nous pouvions voir les manchots s’activer au bord de l’eau. S’approchant de l’eau ils n’hésitent pas une minute pour plonger, malgré la température basse de l’eau.

     

Leur plumage très étanche les protège du froid

Dans l’eau, ils ne font pas que jouer mais se nourrissent et font le plein pour leur petit.

Leurs ailes sont des nageoires, ce sont donc des oiseaux qui ne peuvent pas voler. Après la pêche, ils font une pose sur la plage avant de reprendre le chemin du nid. Ils en profitent pour mettre de l’ordre dans leur plumage

Les enfants en ont profité pour dessiner ce qu’il voyait. De vrais petits artistes en herbe. Leur dessin ont été pris en photo par des touristes.

Bref, nous avons passé une très belle journée à les contempler Nous avons eu le plaisir de savourer la beauté de ce site toute la journée. D’ailleurs c’est surprenant de regarder tous ceux qui viennent en bus et repartent au bout d’une heure. Même les enfants ont été surpris et nous on dit combien ils étaient heureux de pouvoir faire ce voyage en camping car et de s’arrêter quand on veut, où on veut et le temps que l’on veut.

Réflexions des enfants sur la journée :

- Les manchots sont des animaux très bien élevés puisque pour faire leurs besoins ils abandonnent leurs nids quelques secondes, vont un peu plus loin et reviennent vite protéger leurs progénitures ou couver leurs œufs.

- Depuis qu’ils ont vu les manchots pousser leurs cris, ils imitent leurs braiments. C’est surprenant de voir des animaux pas plus haut que trois pommes faire des bruits aussi forts. Le but de ces cris est d’attirer leur compagne et faire fuir les autres males.

- Leur démarche dandinante à droite et à gauche.

19/11/06 :ROUTE VERS COMODORIO

Nous avons continué notre route vers le Sud, des images plein la tête de la journée d’hier. Nous nous sommes arrêtés sur la route dans une autre colonie de manchots (cabo dos bahias). Spectacle toujours aussi fascinant qui a ravi toute la famille.

20-21/11/06 : COMODORIO

Il n’y a rien de particulier à visiter dans cette ville, mais comme toutes les villes un peu plus grandes, quand on y passe nous en profitons pour faire le plein alimentaire, quelques achats nécessaires. Nous devions changer les pneus du camping car. Après plusieurs concessionnaires, il s’avère qu’en Argentine ils n’ont pas notre taille de pneu. Nous espérons en trouver au Chili car les deux de devant sont bien usés… Nous voulions visiter le musée du pétrole mais apparemment il est fermé au public depuis cet été. Nous avons vu le plus grand parc d’éolienne d’Amérique du sud avec une trentaine de moulins tout autour de la ville sur les collines.

22/11/06 :

COLONIE DE LIONS DE MER DE COMODORIO

Hier soir nous avons rencontré un argentin qui tout content de discuter avec des français en espagnol, nous a conseillé d’aller voir une colonie de lions de mer dans un village de pêcheur qui touche Comodorio. Ces explications ont été un succès. Il s’agit de la caleta Cordova juste avant comodorio quand on arrive du nord, juste après Asta (pour ceux qui nous suivent). Nous avons trouvé là, une petite colonie qui était derrière des rochers entrain de profiter du soleil (n’hésitez pas à demander au gens ou ils se trouvent). Nous étions à quelques mètres d’eux : fantastique. Nous essayions de calmer l’excitation des enfants car à chaque bruit de voix nous avions plusieurs têtes qui se tournaient vers nous, dont certaines qui poussaient quelques cris. Et je suis sur qu’ils étaient meilleurs grimpeurs que nous (enfin que moi !!). Une fois qu’ils se sont habitués à notre présence nous avons pu les observer comme nous le voulions. C’était un harem: un lion de mer (reconnaissable à sa crinière et des femelles avec quelques petits). Certains dormaient au soleil, d’autres se baignaient. Nous avons eu la chance de voir un bébé téter sa maman et d’en voir certains se bagarrer pour une place. Comme s’il n’y avait pas assez de place à côté.

Il était 14 heures et le repas n’était toujours pas prêt. C’est toujours difficile dans ces moments là de se retirer pour préparer le repas. D’ailleurs les enfants ne réclament rien. Eux aussi ne pensent pas à leur estomac Après le repas les enfants sont repartis les observer afin de les dessiner. Au bout de quelques minutes une voiture de police est arrivée nous interdisant de monter sur les rochers car cela peu être dangereux. Ce matin nous avons eu beaucoup de chance…

Nous avons repris notre route vers Sarmiento où après s’être perdue sur les pistes nous avons fini par trouver l’entrée du parc de la forêt pétrifiée. Se perdre n’était pas stressant (sauf pour Eric…) car le paysage était charmant : montagne colorée en arrière plan et devant de chaque côté de la piste des zones marécageuses avec une multitude d’oiseaux. Nous avons même vu un tatou creuser avec ses pattes et rejeter la terre afin de pouvoir s’enfouir totalement dans son trou. Antoine l’a touché mais cela n’a pas perturbé son activité. Il a été surpris par la dureté de sa carapace. Nous trouvons en Argentine quelques objets fait avec la carapace de tatou. Bien sur le commerce est interdit mais cela ne semble pas gêner les nombreux vendeurs ni les acheteurs d’ailleurs.

 

Le garde du parc nous a autorisé à dormir à l’entrée du parc. Nous avons pu profiter d’un magnifique couché de soleil sur des montagnes multicolores (rouge, jaune, vert). Les enfants n’étaient pas tranquilles car le chien du garde passait son temps sous le CC a reniflé. Sentait il l’os de baleine ??

23/11/06 : LA FORET PETRIFIEE

Il est impossible de rentrer avec le CC dans le parc car les chemins sont beaucoup trop mauvais. Nous sommes donc partis avec un autre couple de français dans la voiture du garde. Après une balade à travers les dunes et montagnes de toutes les couleurs, sous un vent très fort nous avons vu pour la première fois des arbres pétrifiés. Il y a des millions d ‘années il y avait une forêt. Suite à des phénomènes géologiques comme une éruption volcanique la forêt a été arrachée, pulvérisée, recouverte de cendre contenant de la silice. Plus tard des eaux se sont infiltrées et par un phénomène d’osmose la silice a remplacée la matière organique jusqu’à reproduire la forme totale de l’objet organique. Les arbres pétrifiés (donc en pierre) ont gardé leur forme naturelle : écorce, nœud. Sur certains on voyait les cercles concentriques qui permet de connaître l’âge d’un arbre. La pierre est de couleur ocre, rougeâtre. Les enfants ont ramassé tout le long de la promenade des échantillons d’écorce pétrifiés : leurs poches changeaient de forme au fur et à mesure de la promenade.

Sur le chemin du retour le guide nous a arrêté en cour de route et c’est à pied sous le vent mais dans quel décor que nous avons rejoint l’entrée du parc. Notre visite s’est terminée par celle du musée du parc où Jean-Marie (le français est un spécialiste de la paléonthologie) nous a fait tout un cour sur les fossiles.

A midi nous avons eu droit a un mouton cuit au barbecue, préparé par les gardiens du parc que nous avons partagé avec le couple de français. Nous nous sommes tous régalés, ne parlons pas d’Antoine qui avait plein d’os dans son assiette… Anaïs ne s’est contenté que de la salade (quel gâchis !!)

Nous sommes restés très longtemps à discuter avec ce couple qui a beaucoup voyagé. Puis chacun a repris sa route. Nous nous reverrons sûrement à notre retour, ils sont de Tours.

En fin de journée nous avons visité un musée sur les indiens qui habitaient il y a plusieurs années dans la région. Il y avait six peuples d’indiens. Aujourd’hui il n’en existe plus un seul. Ils ont tous été exterminés par les espagnols puis par les argentins eux même.

Petit tour dans un parc où nous pouvions voir une reconstitution des différentes espèces de dinosaures trouvés dans la région.

 

Petite aparté: bon anniversaire à mon petit frère qui a 35 ans aujourd’hui.

24/11/06: JOURNEE COOL

A part quelques courses en début de matinée nous n’avons rien fait de spécial. C’est une journée où chacun a fait ce qu’il lui plaisait .Ces journées sont très rares dans le voyage, car même si on ne s’arrête pas dans un endroit touristique nous trouvons toujours quelque chose à faire: promenade, photos de la faune et flore, visite de la ville ou des alentours… Là, à la demande générale chacun a fait ce qui lui plait. Les filles ont inventé énormément de jeux. Antoine cherchait des pierres, les cassait espérant trouver un fossile En fin de journée (on ne sait pas s’arrêter longtemps) nous avons repris la route vers Comodorio. Nous avons traversé, comme à l’aller des champs entiers avec des puits de pétrole. Certains fonctionnaient d’autres sont arrêtés.

25/11/06 et 26/11/06 :

ROUTE VERS PUERTO DESEADO

Changement de programme, nous ne passerons pas à Comodoro mais nous irons directement à Puerto Deseado. Sur la route nous nous sommes arrêtés à Caleta Olivia où nous avons eu la chance de voir plusieurs harems de lions de mer sur la plage. Nous avons pu nous en approcher de très prés, mais il fallait rester vigilent car l’un des harems était très agité. En effet, de nombreux mâles s’affrontaient. Les bagarres ne durent jamais très longtemps. Ils s’affrontaient à coup de tête et de crocs. Il y en avait toujours un qui agressait un autre. Dans les groupes il y avait des mâles, des femelles mais également des bébés. Aline qui s’amusait à suivre un petit avait totalement oubliée le harem à côté d’elle. Elle s’est vite fait rappeler à l’ordre par un gros mâle de 300kilos qui s’est mis à rugir (comme un lion, d’où leur nom) et à se redresse de toute sa taille. Elle n’a pas mis long feu pour rebrousser chemin. Elle a eu peur, d'autre part. Les enfants étaient excités de pouvoir être assis aussi prés d’eux. Ils sont su ne pas crier, faire des gestes doux, les observer en silence. Ils sont prêts pour faire des safaris .C’est sur Aline à la fin en avait un peu marre ; après la centième photos et une heure à les observer sans bouger cela se comprend. Nous avons repris notre route sous un beau soleil entouré de steppes à l’infini. Quelques marras (gros lièvre) sont venus couper la monotonie du chemin.

Arrivé à Puerto Deseado nous nous sommes arrêtés pour dormir au bord de l’eau. Nous avons terminé l’après midi par une promenade au bord de la mer. Il y avait des falaises, des rochers à escalader, au grand bonheur des enfants et des grottes que la marée basse avait mis à nue. Très belle marche sous le vent accompagnée par de nombreux oiseaux : cormoran, huîtrier pie, de nombreuses variétés de mouettes et quelques pingouins de Magellan. Le lendemain nous avons continué d’explorer ces grottes, de nous promener le long de la côte. Nous avons eu la chance de voir plusieurs bébés mouettes. Ils sont tout petits, commencent à sortir du nid. Ils ne savent pas encore voler : ils n’ont pas encore leurs plumes mais un duvet gris. La plupart d’entre eux sont regroupés sur une île peu éloignées de la côte. Nous sommes restés un moment assis avec les jumelles à les observer et les écouter. Anaïs motivée par son cahier de notes personnelles s’est installée dehors pour continuer ses pages : elle veut tellement décrire ses journées qu’elle est en retard de quelques jours. Elle passait des écritures aux jumelles.

Ce matin nous allons voulu nous connecter mais ici les connections ne sont pas faciles : pas d’ADSL, ordinateurs qui ne prennent pas la clé USB… Donc c’est partie remise. Nous avons repris notre route et nos pistes. Avant d’arrivée au parc des arbres pétrifiés nous avons traversé des paysages admirables : monts pelés tantôt pourpre, ébènes, verdâtres, blancs cassés… au milieu d’une steppe semi-désertique. Dommage le soleil n’était pas de la partie. Antoine a conduit sous la surveillance d’Eric, il a passé les vitesses. Il était tout content. Le parc est gratuit. Il y a un musée à l’entrée avec des fossiles d’arbres et de dinosaures, des objets appartenant aux indiens habitants il y a quelques années dans la région, des peaux d’animaux trouvés dans le parc dont le fameux puma que nous n’avons pas vu encore et qui ferait le bonheur d’Antoine. Nous nous sommes régalés dans ce petit musé. Ensuite nous avons emprunté un sentier à pied sur deux kilomètres au milieu de troncs pétrifiés. Les troncs sont d’une couleur moins éclatante que le parc précédent mais sont beaucoup plus gros et longs. Ce sont des araucarias primitifs , ancêtres des araucarias actuels qui gisent à l’endroit exact où ils ont grandi. Ils mesuraient jusqu’à 100 m de haut et avaient plus de 1000 ans lorsqu’ils succombèrent. Depuis ce jour 150 millions d’années sont passées, nous étions au Jurassique. De ce temps le paysage était très différent : climat tempéré uniforme puisque la Cordillère des Andes n’existait pas. Les vents humides venants de l’Océan Pacifique favorisaient une végétation exubérante. A l’est il n’y avait pas d’Océan Atlantique et le continent Américain était relié à celui de l’Afrique. Du aux activités volcaniques intenses, aux vents violents de nombreuses forêts succombèrent. Elles furent recouverte par des cendres. Par la suite l’eau des pluies en passant à travers la couche de cendres volcaniques se charge en minéraux puis pénètre et se cristallise dans toutes les espaces vides du bois. Aujourd’hui grâce à l’érosion il est possible de voir des exemplaires (fabuleux !!). A certains endroits on peut voir des souches légèrement dépassées de terre. Il y a donc d’autres exemplaires plus anciens enterrés. Mais apparemment il n’y a pas de projet pour les mettre à nu. Malgré le vent fort et la pluie menaçante nous nous sommes régalés à observer ses arbres, à ramasser (chut !!!… nous n’avons pas le droit) quelques échantillons d’écorces pétrifiées. Nous avons passé la nuit au milieu de nos montagnes multicolores…

27/11/06 : VISITE D’UNE AUTRE FORÊT PETRIFIEE

Ce matin nous allons voulu nous connecter mais ici les connections ne sont pas faciles : pas d’ADSL, ordinateurs qui ne prennent pas la clé USB… Donc c’est partie remise. Nous avons repris notre route et nos pistes. Avant d’arrivée au parc des arbres pétrifiés nous avons traversé des paysages admirables : monts pelés tantôt pourpre, ébènes, verdâtres, blancs cassés… au milieu d’une steppe semi-désertique. Dommage le soleil n’était pas de la partie. Antoine a conduit sous la surveillance d’Eric, il a passé les vitesses. Il était tout content. Le parc est gratuit. Il y a un musée à l’entrée avec des fossiles d’arbres et de dinosaures, des objets appartenant aux indiens habitants il y a quelques années dans la région, des peaux d’animaux trouvés dans le parc dont le fameux puma que nous n’avons pas encore vu et qui ferait le bonheur d’Antoine. Nous nous sommes régalés dans ce petit musée.

 

Ensuite nous avons emprunté un sentier à pied sur deux kilomètres au milieu de troncs pétrifiés. Les troncs sont d’une couleur moins éclatante que le parc précédent mais sont beaucoup plus gros et longs. Ce sont des araucarias primitifs, ancêtres des araucarias actuels qui gisent à l’endroit exact où ils ont grandi. Ils mesuraient jusqu’à 100 m de haut et avaient plus de 1000 ans lorsqu’ils succombèrent. Depuis ce jour 150 millions d’années sont passées, nous étions au Jurassique. De ce temps le paysage était très différent :climat tempéré uniforme puisque la Cordillère des Andes n’existait pas. Les vents humides venants de l’Océan Pacifique favorisaient une végétation exubérante. A l’Est il n’y avait pas d’Océan Atlantique et le continent Américain était relié à celui de l’Afrique. Du aux activités volcaniques intenses, aux vents violents de nombreuses forêts succombèrent. Elles furent recouverte par des cendres. Par la suite l’eau des pluies en passant à travers la couche de cendres volcaniques se charge en minéraux puis pénètre et se cristallise dans toutes les espaces vides du bois. Aujourd’hui grâce à l’érosion il est possible de voir des exemplaires (fabuleux !!). A certains endroits on peut voir des souches légèrement dépassées de terre. Il y a donc d’autres exemplaires plus anciens enterrés. Mais apparemment il n’y a pas de projet pour les mettre à nu. Malgré le vent fort et la pluie menaçante nous nous sommes régalés à observer ses arbres, à ramasser (chut !!!… nous n’avons pas le droit) quelques échantillons d’écorces pétrifiées. Nous avons passé la nuit au milieu de nos montagnes multicolores…


28/11/06 : DEPART POUR PUERTO SAN JULIAN

Sous un beau soleil et des couleurs éclatantes autour de nous, nous partons fouiner le sol du parc des bois pétrifiés à la recherche d’une pierre, d’un morceau de bois ou pourquoi pas d’une pointe de flèche des indiens. Les enfants se sont régalés à explorer les moindres recoins: pierre, bois pétrifiés ont fait leur bonheur mais pas de flèche. Ensuite nous avons repris notre route direction Puerto St Julian. Comme il n’était pas trop tard nous avons visité une copie conforme du bateau de Magellan: 6 m de large, 14 m de haut et 30 de long, 50 hommes à bord. Ils étaient partis à cinq bateau afin de découvrir le passage entre l’Atlantique et le Pacifique: premier tour du monde à la voile en trois ans !!! Les hommes dormaient tous sur le pont sauf les capitaines qui avaient leur cabine. Au bout de trois ans un seul bateau revint (celui-ci) avec seulement 18 hommes à bord. La visite était très sympa: reconstitution des personnages à taille réelle au milieu d’un décor concret: outil de navigation, artillerie, les cuisines et les réserves alimentaires dans les calles. Ils sont partis d’Espagne en Août 1519 et arrivèrent à Puerto St Julian le 31 mars 1520. C’est à ce moment là que fut célébrée la première messe catholique sur le continent américain.

 

La soirée s’est terminée dans un cyber café pour mettre le site à jour (enfin un qui va un peu plus vite que les autres tout a bien fonctionner sauf la mise à jour). Nous pensions le lendemain faire une excursion en bateau pour voir les pingouins, les cormorans gris et les toninas jacobite. Ils font partie de la famille des dauphins. Mais les promenades en bateau ne sont possibles qu’à partir de mi-décembre. Tant pis, se sera pour une prochaine fois. Aline commence à se demander si elle verra des toninas…

29/11/06 et 30/11/06 :

PUERTO SAN JULIAN

Nous avons passé une bonne partie de la journée le long de la côte de San Julian. Les paysages y sont magnifiques : falaises, phares, harem de lions de mer, oiseaux marins. Nous avons déjeuné au bord d’une falaise contenant de nombreux fossiles. Voilà les enfants partis avec des couteaux sur les rochers à la recherche de la perle rare. A force de fouiller ils ont fini par trouver des fossiles d’oursin. Encore des découvertes à ranger dans le camping car… (pour la plus grande joie d’Eric qui ne sais plus où les mettre). En fin de journée nous nous sommes occupés du camping-car : lavage extérieur, intérieur à l’aspirateur… Tout cela pour retrouver des pistes dès le lendemain et être de nouveau envahi par la poussière malgré les nombreux trous de boucher.

Nous avons passé la nuit dans la réserve naturelle de la péninsule de la ville qui s’étend sur une superficie de 10 400 hectares. Nous avons vu des guanacos toujours aussi majestueux, des tatous, des lièvres, des chevaux et de nombreux oiseaux marins. Le paysage est désertique: une steppe semi-aride qui vient lécher la côte. Nous avons passé toute la journée dans ses paysages sauvages à observer les animaux. D’ailleurs les mouettes pour se nourrir viennent chercher sur la plage des moules. Comme elles n’arrivent pas à casser la coquille du premier coup, elles prennent de la hauteur et laisse tomber la moule. Elles recommencent ce manège plusieurs fois et finissent l’opération avec le bec pour enfin se régaler. La journée s’est terminée sous la pluie (première fois que nous en avons depuis l’Uruguay). Nous en avons profité pour faire les courses et aller une dernière fois sur Internet (cela ne marchera pas) avant de continuer notre descente.

01/12/06 : ROUTE VERS LE

PERITO MORENO

Plus nous descendons vers le sud plus le soleil se lève tôt et se couche tard. Dès 5 heures du matin il y a une très belle lumière rasante et le soir jusqu’à 22h30 il fait jour. Avec Eric nous nous sommes levés de bonne heure afin de rouler au calme (chut ! les enfants dorment il n’est que 6 heures) et de profiter de cette belle lumière. C’est souvent à ce moment là que nous refaisons le monde et préparons nos projets futurs… Et nous ne manquons pas d’idées… il faut dire que la route est longue mais silence, vous n’en serez pas plus !!! Les enfants se sont réveillés vers 8h30. Petite pause pour le petit déjeuner avant de continuer notre route : 200 km de route et 200 km de piste (et oui !!) pour atteindre El Calafate. Rien de spectaculaire sur la piste : toujours les même vastes étendues semi-désertiques, les même nuages de poussière que notre CC soulève en roulant sur ses pistes ainsi que les rare voitures et camions qui nous croisent.. Nettoyé le CC tous les soirs après nos kilomètres devient un rituel. De temps en temps nous croisons quelques troupeaux de guanacos qui se mettent à courir à travers ces étendues sauvages quand ils entendent le CC arriver. Parfois ils nous passent devant pour sauter la barrière de l’estancia de l’autre côté de la route avec une grande aisance. Dans certains groupes nous voyons des petits. Ils ont du naître il n’y a pas longtemps car ils tètent toujours leur maman et cela ne fait pas longtemps que nous avons commencé à les voir. Nous avons croisé également des familles entières de nandou, cousin de l’autruche que nous avons du mal à apercevoir tellement leurs plumages se confondent avec la nature. Nous comptons parfois jusqu’à 12 jeunes par famille qui détalent lors de notre passage. Sur les derniers kilomètres de la piste nous croisons quelques estancias parsemées dans la nature. Au moins ils ne sont pas embêtés par les voisins !!!. Quelques cyprès entourent les maisons afin de les protéger du vent… parfois si violent… Peu de temps avant d’arriver à El Cafalate nous retrouvons la route : hum, que cela fait du bien : subitement nous avons moins de poussière dans le CC, moins de bruit, l’intérieur ne tremble pas et nous pouvons dépasser les 40 km/h. Quelle joie !! En arrivant en ville nous avons l’impression de nous retrouver dans une station de ski : rue principale bordée de différents magasins artisanaux mais aussi de service comme la poste. En dehors de cette rue il n’y a pas grand chose. Par contre la ville est entourée de montagne aux cimes blanches et est bordée par le Lago Argentino dans lequel se jette 50 km plus loin le fameux Perito Moreno. Depuis le Paraguay nous n’avons pas fait de boutiques artisanales. Sous la demande générale des enfants, après avoir fait ce que nous devions faire, nous voilà déambulant de boutique en boutique. Les prix sont loin d’être aussi intéressant qu’en Bolivie. Nous n’avons fait que regarder. Il est 20h30, Aline commence à réclamer à manger. Nous allions nous diriger vers une pizzeria quand nous croisons Jean-Marie et Patricia, les français de Tours rencontré il y a quelques jours à la première forêt pétrifiée. La soirée s’est prolongée tard, tous les 7, dans un bon restaurant avec parilla à volonté. Leur viande est toujours aussi bonne !!!

02/12/06 : PERITO MORENO

Il fait partie du parc national de Los Glaciares avec les différents sommets enneigés et acérés, les lacs glaciaires mais aussi les forêts Andinno-patagonnes que nous pouvons apercevoir dès que nous rentrons dans le parc. Effectivement nous n’avons pas vu autant d’arbre depuis bien longtemps et là subitement nous voici entourés d’arbres de part et d’autre de la route, de fleurs, d’arbustes. Parmi ces arbres, certains sont bien verts d’autres sont morts dus à des parasites ou n’ayant pu résister à des inondations successives du lac. Ils sont gris et ont des formes bizarres. Ce qui offre un paysage de contraste entre le vert bronze et le gris des arbres, la couleur bleu laiteuse du lac est du à la richesse des sédiments de la langue glaciaire. Nous oublions durant quelques jours que le paysage principale de la Patagonie est la steppe semi-aride. Cette immense masse glaciaire de plus de 300 kilomètres de long se partagent en de nombreuses langues glaciaires débouchant dans des lacs. Comme le Perito Moreno qui se termine dans le lac Argentino. A l’entrée du parc nous ne voyons pas le glacier. Il faudra une quinzaine de km pour que, au détour d’un virage il apparaisse face à nous dans toute sa splendeur. Quel blancheur !!

 

Le Perito Moreno est un monstre de 15 km de long, 5 km de large et atteint 60 m de hauteur au dessus du niveau de l’eau. Il est très rare de voir des glaciers à une altitude aussi basse dans un paysage aussi boisé. Ce glacier semble être l’un des seuls à ne pas reculer.

Vous commencez à nous connaître. Vous imaginez bien que fasse à un tel spectacle nous y sommes restés toute la journée. Une passerelle aménagée permet de l’observer sous toutes les coutures. Fascinés nous l’écoutons grincer, gémir dans un silence total. Ses explosions retentissent sur les parois des montagnes qui l’entourent. Même les enfants qui ne sont pas les derniers pour s’exprimer oublient durant quelques minutes de parler. Ils sont subjugués par son immensité, sa proximité, et ses craquements. Puis, sous une explosion un bloc d’une certaine taille se détache et choit dans les eaux du lac. Certains partent à la dérive, d’autres plongent dans les profondeurs du lac pour remonter beaucoup plus tard avant de s’éloigner du glacier, enfin les derniers les plus petits morceaux restent au pied de la langue glacière et finissent par fondre rapidement et disparaître. Quelle belle symphonie de bleus entre celle du glacier bleu turquoise (du à la densité de la glace et à son vieil âge) que le soleil fait ressortir différemment en fonction des moments de la journée et celle laiteuse du lac.

Au cours de notre promenade nous avons recroisé Jean-Marie et Patricia. Une belle journée de plus que nous partagerons ensemble. En fin d’après midi ils repartent vers la ville pour rejoindre leur chambre d’hôtel. Nous nous allons dormir dans le parc, face au glacier (de préférence). En attendant, nous retournons au pied du glacier. La lumière est encore différente faisant d’avantage ressortir le bleu turquoise de la glace. Je ferme les yeux et je me concentre sur les bruits aux alentours: à celui du vent se mêle celui des oiseaux. Des chants différents qui semblent parfois se répondre ou non, s’éloignent ou se rapprochent. Parfois les rafales de vent atténuent leur mélodie. Au milieu de tout cela le glacier qui se manifeste plus ou moins fort. C’est superbe… je suis totalement plongée dans les bruits environnants semblants les percevoir de mieux en mieux : autre chant d’oiseaux, branches qui bougent… quand soudain je reconnais les bruits de pas d’Aline qui me sortent de ma rêverie et sa voie qui m’appelle… L’expérience est terminée mais se sera à recommencer car il y a plein de bruits insignifiants les yeux ouverts qui prennent une autre valeur les yeux fermés. A l’heure où les touristes s’en vont nous avons le glacier pour nous. La température baisse vite, le vent souffle d’avantage créant des mini-tornades et le glacier se met à exploser de plus belle. Ceci est sûrement du à la différence de température qui se crée rapidement. Mais cela ne décourage pas les enfants qui avec manteau, gants, bonnets retournent observer le glacier et s’excitent à chaque gros bloc de glace qui tombent dans l’eau créant des vagues et de belles gerbes d’eau dans un gros fracas. Le Périto Moreno est ce que l’on appelle un glacier stable, son front ne bouge pas. Il avance de deux mètres par jour au centre et un mètre sur les bords. Mais comme il se détache autant de glace chaque jour (pour la plus grande joie des touristes) son front reste au même niveau.

03/12/06 : UNE JOURNEE EN BATEAU POUR VOIR LES GLACIERS

Réveil de bonne heure car le départ est à 9 heures pour une journée sur le Lago Argentino à la découverte des autres glaciers accessibles seulement par voie maritime.


Dès que nous partons du port nous montons sur le pont. Un vent glacial nous pénètre mais cela ne nous empêche pas de découvrir et d’admirer des icebergs plus ou moins grands, d’un bleu parfois très prononcé ou au contraire translucide. Les enfants sont fascinés et s’amusent à donner des noms en fonction des formes à tous les icebergs que nous croisons.

Au bout de 2h30 de navigation nous arrivons dans la baie d’Onelli. Le bateau accoste doucement en se faisant un passage entre les icebergs. Nous avons quelques moments de liberté le temps de déjeuner. Nous prenons un sentier qui nous emmène au pied d’une lagune glacière de toute beauté. Ce sentier dont personne ne doit déroger traverse une forêt dont la plupart des arbres sont déracinés. Et oui ils reposent sur une fine couche de terre laissée par les glaciers. Les arbres n’ont pas la possibilité de bien s’enraciner. Les intempéries, le vent violent qui règne quasiment en permanence les déracine facilement. Le spectacle laissé par ces arbres couchés, arrachés au milieu de ceux qui résistent au climat nous fascinent.

Vous avez tous compris nous sommes les derniers du groupe et nous arriverons les derniers sur le lieu du pique-nique. Alors que certains mangent nous prenons photos sur photos de ce lieu où la mort et la vie se confrontent en permanence. Effectivement à côté du spectacle de ces arbres déplantés envahis par le lichen et les champignons nous pouvons admirer de nombreux oiseaux et insectes qui viennent se nourrir des larves que regorgent les arbres morts.

A travers les derniers arbres de la forêt nous découvrons le lac O’Nelli déversoir du glacier du même nom sur lequel navigue au rythme du vent de nombreux icebergs. Tout en mangeant notre pique-nique nous observons ces blocs de glace aux formes bizarres et aux teintes bleues. A peine avons nous fini de manger que nous devons rejoindre le bateau pour une prochaine étape. Le rythme est trop rapide pour nous. Nous aurions bien voulu longer les berges du lac. Tant pis il faut suivre, sauf si on veut rentrer à la nage...

 

Le bateau reprend sa vitesse de croisière ente les icebergs et s’arrête une vingtaine de minutes le long du glacier Upsala qui se jette dans le bras nord du lac .Il a deux grandes langues terminales de 4 km chacune de large. Sa surface est de 870 km² et il est long de 60 km. Ce glacier n’est pas stable à la différence du Perito Moreno et depuis quelques années il recule laissant dans le lac d’immenses icebergs aux couleurs azurées ou parfois plus ténébreux du à la moraine que les glaciers traînent avec eux le long de leur interminable descente vers les lacs. Nous sommes restés malgré le vent qui balayait nos visages toute la journée sur le pont du bateau profitant au maximum du paysage. Les enfants aussi sauf Aline qui a voulu faire une petite sieste de 20 minutes. Il faut dire que ce matin nous avons du les réveiller de bonne heure. Nous avons apprécié le comportement de certains touristes qui entre deux visites au lieu de profiter des vues dorment, discutent, restent bien au chaud. Par contre quand nous arrivons sur un lieu ils n’hésitent pas à vous écraser contre le bord pour pouvoir faire leur photo et repartent vite au chaud dans leur siège confortable… D’ailleurs nous avons fini la promenade à une dizaine de personnes sur le pont du bateau.

Dernière escale pour le glacier Spegazzini haut de 130 mètres et bordés de hautes falaises. Nous pouvions voir la trace de l’ancien lit du glacier et constater que lui aussi, du au réchauffement régresse. Sur le chemin du retour le soleil est apparu mais le vent était toujours présent. Les icebergs et les panoramas vus à l’aller semblaient totalement différent sous la lumière. Le bleu était plus pâle mais les falaises , les montagnes et le bleu du lac ressortaient davantage. Comme quoi chaque moment est unique et il faut bien en profiter.

 

Nous avons retrouvé notre CC en fin de journée bien fatigué mais heureux de cette balade.

04/12/06 : DE NOUVEAU LE PERITO MORENO

Et oui nous ne nous en lassons pas. Nous sommes toujours aussi fascinés par son spectacle. Lumierebleue Deux jours après que nous l’ayons découvert il avait déjà changé : une superbe lumière bleue régnait sur toute sa surface faisant davantage ressortir les séracs. Certains blocs étaient tombés dans le lac ce qui changeait son aspect. Bloctombesuite Nous l’avons observé toute la journée et nous avons eu de la chance (de la patience également) de voir d’énormes blocs de glace équivalent à des immeubles de 10 à 15 étages qui se détachaient du glacier, glissaient, plongeaient dans les eaux sous un vacarme de tonnerre. Ceci à plusieurs reprises au cours de la journée. Les couleurs du glacier changent au gré de la lumière. Bref, le spectacle est toujours aussi grandiose.

Le Périto Moreno est un glacier magique, il vous hypnotise, vous êtes là depuis des heures à le contempler mais vous n’arrivez pas à partir. Et quand bien même vous parvenez à faire quelques mètres un grondement, quelques petits morceaux de glace qui tombe déclenchant des bruits de carabine vous arrêtent aussitôt dans votre retraite et vous voilà repartis pour plusieurs minutes de contemplation supplémentaires… Nous y reviendrons en janvier, c’est promis lors de notre remontée vers le Chili. Les enfants eux même ne se lassent pas de ce spectacle. Ils sont même déçus quand nous leur annoncions que nous partons le lendemain.

05/12/06 : RETOUR A EL CALAFATE

Avant de reprendre la route, les enfants fatigués ont voulu une dernière fois aller voir le glacier. Nous avons passé une dernière grosse heure à l’admirer. Il y avait énormément de lumière qui nous obligeait à porter des lunettes. Nous nous sommes promenés sur le réseau de terrasses en bois en guettant le moindre bloc qui pourrait tomber.

Ils ont également préparé le petit sapin que nous avions acheté il y a quelques jours à El calafate sous leur demande insistante. « Un noël sans sapin, n’est pas un noël » nous ont ils dit. Il n’est pas mal avec sa guirlande unique dorée et ses petites boules et cloches rouges et dorées et avec ses 55 cm de haut il est à l’échelle de notre petite maison. Quand on roule le sapin passe sous la table. Quand on s’arrête il passe sur la table. C’est toute une organisation mais cela se passe bien. Ici nous ne ressentons pas du tout l’ambiance des fêtes. Déjà le climat ne s’y prête pas : c’est l’été. Certes nous commençons à être bien bas mais les températures restent agréables. Ensuite il n’y a pas de décoration de vitrines ou de rues. Et il y a peu d’articles de fêtes dans les magasins.

De retour à El Calafate nous avons fait quelques boutiques. Tout le monde prend goût à traîner un peu en ville même les enfants et Eric car ici les villes sont rares. D’ailleurs tout le long de la descente sur la carte routière se ne sont pas des villes qui sont marquées mais des noms d’estancias (de fermes, d’habitations).

En fin d’après-midi nous avons visité un parc ornithologique. Eric en a profité pour compléter sa collection de photos d’oiseaux. A force d’aller trop près il s’est fait attaquer par un rapace qui montait et descendait en piquer sur lui. Il s’est protégé avec l’appareil photo et le gros zoom. Il n’a pas été blessé mais il a eu bien peur…

photooiseau

Petite soirée tranquille afin d’essayer de reposer les enfants. Avec le glacier nous nous sommes couchés tard, nous l’écoutions du CC et nous nous levions de bonne heure… Tout le monde est fatigué.

06 et 07/12/06 : JOURNEE A EL CALAFATE

Nous avons passé une journée tranquille à El Cafalate: petit tour en ville, et en fin d’après-midi nous nous sommes promenés au bord du lac. Nous avons vu de nombreuses espèces d’oiseaux dont les sternes toujours aussi agressives ainsi que plusieurs lapins patagons (très haut sur patte). Les enfants ont ramassés plusieurs plumes différentes d’oiseaux. Nous en avons profité pour s’occuper de l’intendance avant de repartir se perdre sur les routes du sud. Nous avons pu dormir au bord du lac Argentino et profité de sa couleur bleu-lait et admiré quelques iceberg venu des grands glaciers à 50 km de la ville.

08/12/06 et 09/12/06 : ROUTE 40

Deux possibilités s’offrent à nous pour continuer notre descente vers le sud. Nous pouvons prendre une belle route goudronnée mais qui traverse des paysages assez fades ou la fameuse piste 40 non asphaltée aux paysages magnifiques. Nous Choisissons la deuxième solution. Nous voilà parti sur des centaines de kilomètres à 30 km heure. Quelle solitude, quelle immensité. Nous ne croisons personne sur plusieurs kilomètres. Quand on aperçoit une estancia au détour d’un virage nous sommes étonnés de rencontrer une présence humaine. Dans la journée nous avons peut être croisé deux ou trois voitures. La piste est pour nous…avec ses étendues à perte de vue et en arrière plan ses montagnes aux neiges éternelles. Nous apercevons de plus en plus d’élevage de moutons. Et oui en Patagonie il mange beaucoup de mouton au barbecue. Hum !!c’est délicieux. Les paysages étaient parfois un peu monotone dans la première partie. Mais plus nous descendons plus ces étendues tantôt plates, tantôt vallonnées sauvages nous fascinent. Aujourd’hui sur notre route nous avons croisé de nombreux rapaces dont le caracara huppé qui jalonnent le bord de la piste. Nous avons l’impression qu’il guette un animal écrasé par une rare voiture qui passerait. Et pour la première fois nous venons d’ observer des condors : gros rapaces de 95 cm de haut (presque aussi grand qu’Aline) et de 3 m d’envergure. Très impressionnant. Nous avons vu d’autres espèces d’oiseaux et nous avons eu la chance de tomber sur un terrier de renard. Nous nous sommes arrêtés quelques instants pour les observer. Il y avait trois petits qui semblaient être sans les parents. Tantôt ils sortaient de leur terrier, tantôt nous observant ils ne sortaient que leur tête. Il y a peu d’arbre dans cette région : quelquefois ils sont verts et dressés ou couchés par le vent rasant un sol sec et désertique. D’autres fois ils sont dépourvus de vie, debout ou allongés, aux troncs très souvent tortueux. Il faut dire qu’un vent violent souffle quasiment en permanence et quand par chance il ne souffle pas (comme aujourd’hui) il faut en profiter car il revient vite en force. Et certains arbres sont dévorés par des champignons parasites. Il existe aussi une variété importante de mousses et de lichens. Ceux qui pendent des arbres sont appelés « barbe de vieux ». Ils ne peuvent pousser que s ‘il n’y a pas de pollutions et ils ont une croissance très lente. Les plus longues barbes sont vraiment très vieilles.

Pour la première nuit nous nous sommes arrêtés au bord de la piste. Ce n’est pas gênant …avec le peu de trafic.

Pour la deuxième nuit nous avons trouvé un endroit bien sympa au bord de l’eau avec en arrière plan les montagnes enneigées et en fond sonore celui des nombreux oiseaux de la région…Soirée crêpes à la grande joie des enfants. Surprise pour les parents : les enfants nous ont fait un spectacle : jonglerie, gags, danses….le tout avec de beaux visages maquillés et souriants et des yeux pétillants… A renouveler, les enfants !!

10/12/06 :PASSAGE DE LA FRONTIERE CHILIENNE

 

Nous avons laissé notre coin paradisiaque après une matinée scolaire pour passer la frontière Chilienne et continuer notre descente. Une mauvaise surprise nous attend après une quarantaine de kilomètres sur la piste : il n’y a plus ou pas de postes de frontières à cet endroit. Pourtant elle est bien mentionnée sur nos deux cartes routières. C’est 200 kilomètres de pistes en direction du Chili qu’il a fallu faire. Il y en a un (ce n’est pas la peine de le nommer, vous avez tous compris de qui il s’agit…)qui n’était pas content du tout, mais pas du tout !!!Il valait mieux se faire tout petit et attendre que l’orage passe. Dans ce paysage assez fade nous avons eu la chance de voir plusieurs animaux dont trois renardeaux qui jouaient à côté de leur terrier. Nous les avons observé un bon moment mais nous n’étions pas les seuls. Et oui, eux aussi nous observaient. Parfois ils nous oubliaient et reprenaient leur activité. En fin de journée nous arrivions à la frontière. Il y avait beaucoup de monde. Les enfants commençaient à paniquer pour leur os de baleine en dessous du CC car des douaniers avec leurs chiens passaient derrière tous les véhicules plusieurs fois et les faisaient renifler. Tous les véhicules étaient fouillés. Après une heure et demi de remplissage de formulaire divers c’est notre tour. Les chiens ne sentent rien, la douanière nous fait ouvrir tous les placards (même celui des chaussures) mais ne trouve rien. Nous avions tout caché (les produits alimentaires) dans la capucine sous la couette des enfants. Hi hi hi !!!

Nous avons roulé jusqu’à un premier port d’embarcation pour Terre de feu. Mais nous le prendrons pas tout de suite voulant descendre le plus loin possible sur la route continentale américaine. A peine arrivé les enfants ont repéré 4 dauphins et se sont amusés à faire la course avec eux car ils longeaient tranquillement le rivage.

Nous sommes restés pour notre première nuit chilienne à cet endroit, au bord du canal de Magellan en compagnie des dauphins. Il a fallu plus d’un mois à l’explorateur Magellan pour se frayer un passage à travers les eaux sombres du détroit.

11/12/06 : PUNTA ARENAS

DANS LA PROVINCE MAGALLANES

A la pointe sud du continent, constamment balayée par des vents violents cette province est totalement à l’écart du reste du Chili : steppes arides entourées de montagnes aux neiges éternelles. La majeure partie de cette région se résume en de nombreuses îles. C’est une côte totalement déchiquetée qu’il n’est pas possible d’explorer en grande partie à moins de naviguer plusieurs jours en mer. La plupart de ces îles sont inhabitées et ne sont pas desservies.

Ce matin de bonne heure et sous une température bien basse (quelques degrés au dessus de zéro) nous laissons les enfants dormir et commençons à rouler. Nous longeons le canal de Magellan en direction de Punta Arenas. Nous nous sommes arrêtés souvent sur la route pour observer le paysage et faire quelques photos. Dans le détroit nous voyons quelques bateaux échoués abandonnés qui avec le temps se dégradent de plus en plus. Petite pose pour le petit déjeuner puis nous visitons quelques anciens bâtiments abandonnés le long de la route. Ces bâtiments servaient énormément pour les exportations de moutons vers l’Europe fin XIX début du XX siècle. Avant l’ouverture du canal de Panama l’activité était importante ici avec voies ferrés et port important. Depuis l’ouverture de Panama les usines ont fermé, les gens sont partis et les voies ferrées ont été abandonné tout comme ce petit village. Quand nous passons plusieurs jours loin de la civilisation nous avons toujours du mal à nous retrouver au milieu de tout le monde. Nous avons donc un peu tourné dans la ville, nous avons galéré pour trouver une place pour se garer, puis nous avons mis du temps pour trouver une banque qui acceptait notre carte bancaire. Sans argent c’est difficile de poursuivre…Le temps de prendre ses marques et il était déjà 13H 30. Les enfants commençaient sérieusement à râler. Nous nous sommes donc engouffrés dans une bonne cafétéria. Hum les bons jus de fruits frais d’ananas et framboises. Tout le monde s’est régalé. Les ventres bien pleins nous avons fait un tour en ville. Comme auparavant, la vie de Punta Arenas reste centré autour de la place principale. Il y a de nombreux vendeurs qui essayent de vendre leur artisanat. Mais les prix sont beaucoup plus chers qu’en Bolivie. Nous sommes repartis sans rien. Les enfants continuent d’agrandir leur liste de noël. Nous leur avons expliqué que la lettre était envoyée au Père-Noël que ce n’était donc pas le peine de continuer. Aline nous a dit que ce n’était pas grave car elle pourrait toujours envoyer un e-mail au Père-Noël Internet…

La journée s’est terminée par les courses et chercher une place pour dormir, à l’extérieur de la ville c’est mieux. Nous avons pris la route pour la laguna Parilla. Une fois que nous avions quitté la route, plus nous nous enfonçions sur la piste plus nous croisions des arbres malmenés par le vent aux formes bizarres et de nombreux autres déracinés, anéantis par des feux anciens. Effectivement au moment de la colonisation des forets entières ont brûlé en vue d’occuper les terres pour l’élevage du mouton. Aujourd’hui le reste de ses forêts gisent par terre. Très joli contraste entre le vert des jeunes forêts, le gris des arbres morts, le bleu de la rivière en contre bas et la luminosité du ciel qui malgré l’heure tardive (10 heures) est toujours présente. Un peu plus loin sur le chemin nous avons croisé des braconniers. Quand nous sommes arrivés ils ont vite caché leur fusil dans l’herbe. Par contre un jeune garçon de treize ans continuaient de donner des coups de bâton sur la tête d’un lapin qui avait reçu une balle dans le ventre. Nous avons discuté un peu avec eux puis nous avons continué notre route. Avec la quantité de lapins que nous avons croisé ce n’est pas étonnant que se soit le rendez vous des braconniers.

12/12/06 : LAGUNA PARILLAR

Journée tranquille à la lagune. Le matin les enfants ont travaillé. A midi nous avons préparé un barbecue. Nous avons partagé notre repas avec un renard qui a du être attiré par notre feu. Au départ un peu peureux il se tenait à l’écart .Les enfants se sont chargés de l’attirer en ne faisant aucun bruit et en lui lançant des bouts de viande. Quand je me suis aperçue qu’ils étaient entrain de donner leur entrecôte, je n’étais pas très contente… Le renard a passé tout le repas avec nous et a eu le droit de croquer nos cinq os. A la fin il venait manger aux pieds des enfants. Puis se sont les rapaces perchés dans l’arbre à côté de nous qui guettaient les morceaux de viande qui pouvaient nous échapper.

 

L’après-midi nous avons fait une promenade dans la forêt qui longeait la lagune. Les enfants ont organisé une partie de cache-cache entre eux puis à nous cinq. Ils se sont tellement bien cachés que nous sommes rentrés au camping car sans eux… Ne vous tracassez pas depuis nous les avons retrouvés…

13/12/06 : LE BOUT DE LA ROUTE CONTINENTALE

 

Nous nous sommes levés tous les deux à 7heures. Il faisait à peine 10°C dans le CC. Nous avons laissé les enfants au lit et nous avons commencé notre route en mettant le chauffage de route à fond. Les enfants ne se sont levés qu’une heure trente plus tard. Nous étions arrivés à côté d’un château fort en bois . Premier fort construit au moment de la colonisation : « le fuerte Bulnes » fondé en 1843. Il a été reconstruit en 1943 avec les matériaux de l’époque: le bois et la terre. Il est entretenu par l’armée, entouré d’une palissade de pieux il permet de se faire une idée de l’extrême rudesse de la vie de ces pionniers du bout du monde. Puis nous avons continué notre route du bout du monde. La route longeait le canal. Il y avait de très beaux paysages. Même à cet endroit si reculé nous croisions des habitations. Quel courage d’habiter si loin de tout et sans présence humaine. Certains ne sont plus tout jeune !! Au bout de plusieurs kilomètres sur un chemin pleins de trous et de bosses nous avons été obligés d’arrêter car un gros trou au milieu du passage nous a empêché de continuer. Malgré l’insistance des enfants nous nous sommes arrêtés là, préférant ne pas casser le CC. Après une pose pour le repas nous avons rebroussés chemin. Attirés de loin par un petit port pittoresque avec des bateaux de pêches aux couleurs vives nous nous y sommes arrêtés. Il y avait de l’activité :c’était le retour de la pêche aux oursins. Les bateaux dans cette crique ne pouvant venir jusqu’aux bords, les caisses remplies d’oursins étaient chargées dans des barques puis transférées dans des camions. Certains étaient triés par taille. Nous nous sommes promenés un moment au milieu d’eux observant leur activité. Certains pêcheurs faisaient la pause et en dégustaient quelques uns.

 

14/12/06 : LA PINGUINERA DE LA BAIE D’OTWAY

Nous nous sommes levés de bonne heure afin de visiter la réserve de pingouins avant que les touristes arrivent. Nous avons pu observer le matin le long de la piste une bonne variété d’animaux : de nombreux lapins, une mouflette qui ne nous a pas vu et que nous avons eu tout le loisir d’observer, des nandus d’amérique avec leurs petits. Je ne sais pas si je l’ai déjà dit mais chez cet espèce c’est le mâle qui s’occupe des petits. Je lui souhaite bon courage car ils sont nombreux : 12 à18 individus chez ceux que nous avons pu voir. Sans compter les guanacos et les nombreuses variétés d’oiseaux.

La colonie de pingouins est beaucoup plus petite que celle de Punta Tumbo mais nous avons eu la chance de voir des jeunes de un an. Ils ont leur plumes mais ils n’ont pas leurs couleurs définitives : ils sont gris et ils n’ont pas les deux bandes noires qui caractérisent les manchots de magellan. Ils sont nés l’année dernière à cet endroit et y sont revenus. Ceux qui sont nés cet année sont encore dans les nids et ils ont toujours leur duvet. Nous en avons vu deux ou trois. Ils ont bien grossi en quelques semaines. Comme toujours nous avons bien pris notre temps, revenant sur nos pas parfois. A la sortie nous avons posé quelques questions au gardien du parc. Nous espérions voir une autre espèce quelque part en Amérique du sud mais cela semble compromis car la plupart des espèces habitent sur les îles. Il y avait à la sortie un petite boutique souvenir. Il y a peu de kiosque à souvenir comme celui-ci à la sortie des sites. Nous y avons jeté un coup d’œil. Quand nus avons vu que les prix étaient affichés en dollar nous n’avons pas poussé plus loin.

Sur le chemin du retour nous avons croisé nos animaux moins nombreux que le matin malgré tout.

 

Puis nous avons continué notre route vers le bac pour traverser pour terre de feu. Une centaine de kilomètres à faire sur une route et non une piste…Cela va nous changer. Antoine en a profité pour faire son devoir d’anglais.

Quand nous sommes arrivés au bac nous n’avons pas eu à attendre. Il n’y avait personne à la différence d’il y a quelques jours. Nous sommes montés sur le bateau avec quelques difficultés. Ayant le châssis trop bas, nous avons touché et nous étions coincés entre le bateau et le quai. Le conducteur de bateau a du faire quelques manœuvres et tout est rentré dans l’ordre. Et là quelle surprise : quelques « toninas » : dauphin de chili jouaient avec le bateau. Depuis le temps qu’Aline voulait les voir. Les enfants étaient tout excités. Ils sont noirs et blancs et ils sont très habiles. Ils n’ont pas d’ailerons et sont plus petits que les dauphins. Quand le bateau a démarré, ils l’ ont suivi en nageant sous l’eau et parfois en sautant. C’est très gracieux quand ils nagent, ils semblent percer l’eau. Comme elle est transparente c’est facile de les observer. Ils sont plus difficiles à photographier à cause de leur rapidité. Arrivé de l’autre côté «Terre de Feu » les surprises continuent. Nous avons retrouvés un couple suisse rencontrés il y a quelques semaines et nos deux canadiennes en sac à dos rencontrés à la Péninsule de Valdés. Ils sont déjà descendus jusqu’à Ushuaia et remontent. Rencontre furtive, mais agréable car le bateau repart déjà dans l’autre sens et ils sont en bus. Le CC attire toujours beaucoup de monde et quand la plupart des personnes aperçoivent la tête de nos trois enfants les questions pleuvent, que se soit des étrangers, des français ou des locaux. C’est vrai que nous ne croisons pas beaucoup de couples avec enfant . Avant de faire nos premiers pas sur « Terre de Feu » nous avons discuté avec des français. L’un d’entre eux était installé en Amérique du sud depuis une cinquantaine d’année et recevait pour la première fois de la famille. Pour rien au monde il voudrait rentrer en France. « La France, c’est bien pour les vacances mais pas pour y vivre » nous dit-il…

Ca y est nous faisons nos premiers kilomètres sur cet île dont nous avions tant rêvée.. depuis des années. Nous avons du mal à l’imaginer… Mais oui nous y sommes bien. Les mots ne viennent pas. Les enfants avec leur vivacité habituelle nous on vite ramené sur terre . Cet île se partage entre le Chili et l’Argentine. Actuellement nous sommes toujours dans la partie chilienne. Le nord, là où nous sommes est la pampa patagonne dépourvue d’arbres et où les moutons sont beaucoup plus nombreux que les habitants.

La route se termine très vite pour laisser place à une piste pas facile : tôle ondulée, gros cailloux, bosses, trous. Nous nous arrêterons pour la nuit au bord de cette piste qui semble interminable entourée de chaque côté d’une steppe aride, jaunie par le vent.

15-16/12/06 : DEUX JOURS DANS UNE ESTANCIA

Réveil agréable ce matin. La température est remontée et il fait doux, il n’y a pas de vent. Quand le vent s’arrête on le remarque…

Nous reprenons notre piste. Antoine en profite pour revoir du vocabulaire et Anaïs est devant avec moi pour une leçon de « découverte du monde » du cned.

Au bout d’une cinquantaine de kilomètres le regard d’Eric est attiré par une multitude de moutons regroupés dans un enclos et des gauchos encore à cheval. Toujours très curieux il va demander à l’un d’entre eux ce qu’ils font. Comme nous le supposions ils regroupent les moutons pour la tonte. Nous les regardons emmener les moutons vers l’estancia. C’est toute une organisation : la route est bloquée avec du fil barbelé de par et d’autres de la ferme. Puis les cavaliers et 8 ou 10 chiens les acheminent vers la propriété. Un agneau s’est pris dans la clôture : ce n’est pas un problème, l’un des cavaliers va le chercher, le sort de cette mauvaise passe en le prenant d’une seule main et le ramène sur sa selle dans le troupeau. Les chiens sont très présents, habiles et savent ce qu’il faut faire. Dès qu’il y en a un qui s’écarte il est vite rappeler à l’ordre. Cela n’a pas empêché un agneau de réussir à passer entre les mailles des chiens et cavaliers. Il est parti dans les collines. Ce n’est pas grave, c’est un petit il reviendra par lui-même vers sa mère. Quand nous voyons le propriétaire nous lui demandons si nous pouvons assister à la tonte des moutons. Il est tout heureux de nous recevoir. La plupart des touristes descendent directement à Ushuaia par la route directe et ne prennent pas le temps de s’arrêter.

 

Nous voilà donc au milieu de 1000 moutons. Nous avons fait un tour sur une petite partie de la propriété puisqu’elle ne fait ‘que’ 2500 hectares; Et oui, c’est une petite. Il en a trois en tout et sur chaque des moutons. Ce qui fait en tout environ 10 000 moutons sur 10 000 hectares. Ici c’est la norme environ un mouton par hectare.

Il y a bien longtemps avec la colonisation les moutons furent introduits sur l’île et causèrent la perte de nombreux indiens qui trouvèrent que les moutons étaient plus faciles à attraper que les guanacos. Les fermiers ne se laissèrent pas faire et les indiens furent tue de manière méthodique.

Après le repas nous avons assisté au marquage des nouveaux nés. Ils se mettent à courir après le troupeau pour en enfermer dans un premier petit enclos, puis une cinquantaine dans un autre encore beaucoup plus petit ou les moutons sont serrés. Chaque homme présent dans l’enclos en attrape un, le pose sur la balustrade. Avec une perforatrice il y en a un qui leur perce les oreilles (un trou à l’une deux à l’autre) : c’est la marque officielle de l’estancia. Pour différencier les mâles et les femelles un autre homme les marque à la peinture : rouge pour les femelles, noire pour les mâles. Enfin il coupe un petit bout de la queue des mâles tout simplement pour pouvoir compter après le nombre de mâle qui sont nés. Tous les mâles partiront automatiquement à la vente. Enfin pour finir, un petit cocktail de vitamines pour la route. Les agneaux tremblaient et sautaient les premières minutes du au stress puis tout rentra dans l’ordre. Enfin quand tous les jeunes agneaux furent passer ils se sont mis à compter le bout des queux : 358 moutons mâles vont partir à la vente, les femelles elles resteront sur l’estancia.

Le plus amusant fut quand Eric a du porter un agneau (lui qui n’aime pas toucher les animaux…) du bout des doigts et faire les marques aux oreilles.

En fin d’après-midi les enfants ont aidé à trier les moutons en fonction de leur âge pour la tonte prévue le lendemain. Ils couraient dans les enclos pour les faire venir et remettre ceux qui se trompaient de chemin dans le bon rail.

Puis ils sont allés voir les chevaux. Et là, oh surprise derrière l’enclos des chevaux il y avait deux moutons de pendus morts et sans peau et un guanaco, qu’ils étaient entrain de couper. Par terre traînaient les poumons, les intestins… Antoine et Anaïs dégoûtés sont rentrés dans le CC. Aline est restée avec Eric pour les regarder faire. Le guanaco qui représente une soixantaine de kilos de viande est mangé par les chiens . Les moutons se sont pour eux. Un mouton est mangé en deux trois jours pour trois personnes. Ici on mange du mouton midi et soir 364 jours par ans à Noël c’est fête souvent un poulet remplace notre dinde. Pour le repas du soir nous avons eu droit également a du mouton offert gentiment par le personnel de l’estancia. Nous ne mangeons pas avec eux par manque de place dans le préfabriqué. Effectivement l’estancia est un lieu de travail. Il n’y a pas d’habitation sur ses terres mais seulement un coin pour dormir pour les jours de travail et un coin repas. Aline qui adore la viande n’a pas voulu en manger. Le soir les enfants étaient tous excités et ils voulaient tous les trois acheter une estancia, nous sommes en train de nous renseigner…

Malgré la présence de 28 chiens sur le terrain nous avons tous bien dormi. Le lendemain nous nous sommes réveillés à 6h30 pour arriver au début de la tonte. Mais toute la journée le propriétaire de l’estancia a attendu que le personnel pris pour l’occasion arrive mais il n’est jamais arrivé. Journée tranquille à l’estancia au milieu des moutons, chats, chiens, chevaux et en plus sous le soleil .A midi nous avons eu droit à de la viande de mouton et un pot de confiture faite maison. L’après-midi nous sommes allés les voir compresser de la laine de moutons grâce à une machine archaïque et à la force des bras. Ils faisaient des sacs de 250 kilos qui partent ensuite à la vente. Fin de journée tranquille autour d’une tasse de thé partagée tous ensemble.

 

17/12/06 : JOURNEE DE PLUS A L’ESTANCIA

Nous avons été réveillé de bonne heure par le générateur qui s’est déclenché pour la tonte des moutons. Les enfants qui attendaient ce moment depuis leur arrivée, pour une fois on vite été prêt. Petit-déjeuner et départ pour la tonte. A notre arrivé on entendait le bruit des tondeuses, il y avait du monde partout et chacun avait une tâche bien précise. Les moutons n’étaient pas tondu par « nos gauchos » mais par une équipe spécialisée. Il paraît que tondre un mouton semble facile quand on regarde mais la difficulté commence dès le départ par la manière dont on doit le tenir pour ne pas qu’il bouge. Cinq personnes tondaient. Un autre plus jeune ramassait la laine, la posait sur une table. Là deux autres personnes triait la laine: les parties les plus salles étaient retirées, le reste mis dans de grands box pour être compressées et emballées par deux autres hommes. Un mouton produit 3 à 4 kilos de laine. Quand ils commencent à plonger la tondeuse dans la laine, il y en a tellement que nous n’arrivions pas à distinguer la main et la tondeuse. Enfin un dernier balayait au fur et à mesure autour des tondeuses. Les tondeurs de moutons sont payés au mouton, il y avait du rendement… Pas plus de trois minutes par moutons.

 

Nos gauchos rapprochaient les moutons, et ensuite après la tonte les marquaient. Le soir ils sont repartis les remettre tous dans les champs et en récupérer d’autre. Le cycle recommence : marquage des nouveaux nés, tonte etc. Une odeur forte de moutons régnait dans l’enclos.

En fin d ‘après-midi nous prenons une photo de groupe et nous partons difficilement laissant les gauchos à leurs moutons. C’est toujours difficile quand on se retrouve dans une bonne ambiance de continuer notre chemin…

Sur la route (du moins la piste) nous nous sommes arrêtés au bord, ne trouvant pas d‘endroit pour dormir. Heureusement, il y a peu de passage. Nous avons eu le plaisir d’observer deux trois dauphins qui jouaient, sautaient…

 

18/12/06 : JOURNEE DE ROUTE

Rien de spécial aujourd’hui, nous avons beaucoup roulé sur de la piste… pas belle… donc lentement. Nous sommes repassés en fin de journée en Argentine. C’est le plus facile passage de frontière que l’on ai eut : douaniers rapides, pas de contrôle sanitaire (de toute manière nous avions caché, comme d’habitude ce qui nous restait).

A force de faire le yoyo entre le Chili et l’Argentine, Aline a du mal à savoir où on en est !!

Arrivée en ville: plein alimentaire et nous nous sommes renseignés sur des itinéraires découvertes pour les enfants. Demain nous devrions partir à la recherche des castors.

19/12/06 : NOS OISEAUX LES IBIS A FACE NOIRE ET LES CASTORS

Très belle piste entourée d’une nature verdoyante, de rivières d’étangs. De temps en temps une estancia perdue, plus ou moins grande, cachée la plupart du temps par des arbres pour se protéger du vent. Le mélange des couleurs était magnifique : les arbres morts offrant une teinte grisâtre recouvert le plus souvent par du lichen plus ou moins long de couleur vert pâle. Le tout sous un fond vert plus ou moins foncé du feuillage et de l’herbe. Parfois le ciel bleu laissé la place à un ciel orageux. Bref, un seul mot: splendide. Les arrêts photos furent nombreux. Soudain Eric qui était descendu pour photographier des ibis à face noire a découvert en les suivant, sous les arbres tout un groupe avec des petits dans les nids. Affolement général, Aline et Anaïs sont descendues en pyjama avec un polaire ayant peur d’arriver trop tard. Sous les arbres quel spectacle !! Il y en avait partout . Les bébés, deux à trois par nid avaient encore leur duvet et ne faisaient que piailler. Les parents avaient délaissés les nids en quête de nourriture ou apeuré par notre arrivée sont montés plus haut dans les arbres. Chacun poussait son cri. Un vrai brouhaha qu’Antoine et Aline ont essayé d’enregistrer sur leur MP3. Ils vivent en colonie. Les nids sont grossiers fait de plusieurs branches coincés à l’intersection de deux branches. Les petits ne pouvaient pas encore voler. Nous avons eu tout le loisir de les observer, les photographier, de monter aux arbres (du moins les enfants) pour les voir plus prés, toujours plus prés. Les adultes ont un corps gris et noir, un cou et une tête marron clair. Leur bec, me plait beaucoup. Il est long, fin, noir et crochu.

   

Les enfants ont ramassé plein de plumes de différentes couleurs et du duvet. « Que c’est doux nous dit Aline en le ramassant ».

Au bout d’une heure trente nous sommes retournés au camping car tout excité. Antoine nous dit : « je suis sûr que nous passons à côté de pleins de choses ». Nous ne pouvons tout de même pas faire cela à pieds…

Nous reprenons la piste à la recherche des castors. Nous étions entrain de rouler quand juste au bord de la route nous découvrons le premier barrage de castor. Il était long de 5 mètres plus ou moins. Le barrage avait bien sur provoqué la montée des hauts et inondé les arbres aux alentours. Sur les troncs rongés nous pouvions voir les traces des dents. Sur le bord du barrage une maison faite en terre et branche. D’après les enfants l’endroit n’était pas abandonné puisqu’il y avait des traces fraîches… Mais nous n’avons pas vu de castors. Il faut dire que ces animaux sont nocturnes, donc pas facile à observer. Il s’est mis à grêler, nous avons repris notre route à travers toujours de très beaux panoramas. Quand de loin nous apercevons d’autres barrages. Ils semblent plus gros. Les enfants regardaient un DVD, nous les laissons continuer surtout que c’est Harry Potter et Harry Potter, c’est sacré surtout pour Antoine. Eric et moi allons explorer les environs. Nous longions des barrages de castors quand soudain devant nous un castor grignotait. Malheureusement le temps qu’Eric retourne chercher les enfants il a plongé et je l’ai perdu de vue. Nous avons longé un moment les barrages sans en revoir. Par contre ses derniers de plusieurs mètres de long et leurs cabanes étaient impressionnants par leur taille. Une maison par barrage. Plusieurs familles vivent là. Les castors ont été introduits après la seconde guerre mondiale. Ils viennent d’Amérique du Nord. Ils se sont énormément multipliés provoquant par leur barrage des inondations importantes qui dépeuplent les paysages alentours de leurs arbres. Pour nous ces paysages envahis par l’eau sont magnifiques à regarder. La grandeur de leur habitat, de leur barrage sont stupéfiants.

Nous nous arrêterons un peu plus loin à côté d’un nouveau barrage et nous attendrons le soir pour sortir. Nous avons du mal à gérer l’impatience des enfants. Nous avons été récompensé de notre persévérance car nous avons vu plusieurs castors nager, sortir de l’eau pour passer au-dessus de leur barrage. Parfois il tapait de la queue ce qui faisait un gros bruit qui raisonnait dans le silence. Ceci signale aux autres individus qu’il y a un danger. Toute leur maison est hors de l’eau, par contre l’entrée est en dessous, on ne la voit pas de l’extérieur.

Sur le bord la plupart des troncs sont coupés par les castors. Parfois ils en entament un et s’aperçoivent qu’ils ne peuvent en faire le tour, alors ils passent à un autre. Nous sommes restés jusqu’à la tombé de la nuit pour les observer. Bravo à Aline qui a su ne pas faire de bruit. Les enfants ont pu s’en approcher très prés profitant pour s’avancer que le castor tapait de la queue et plongeait quelques secondes. Finalement ils ont joué à « un deux trois soleil » avec un castor.

 

20/12/06 : TOUJOURS LES CASTORS

Eric voulait se lever de bonne heure et partir avec Antoine voir les castors. Mais personne ne s’est réveillé. Nous avons continué notre belle piste. Un peu plus loin nous sommes allés voir une épave qui bientôt fera parti des monuments historiques.

Après une pause déjeuner nous sommes retournés là où nous étions la veille pour observer de nouveau les castors.

Les enfants sont impressionnés par leur taille (ils les imaginaient plus petits) et leur queue. Nous avons de nouveau attendu le début de soirée pour y retourner. Les castors construisent des digues afin de constituer un plan d'eau artificiel d'une profondeur suffisante pour pouvoir stocker de la nourriture et maintenir l'entrée de la hutte sous l'eau.

En effet leur nourriture: écorce, jeunes pousses est conservée dans l’eau. Ce soir là, nous avons plus de chance que la veille puisque nous avons vu un castor sortir de l’eau pour manger longuement sur la montée d’en face et un autre monté sur sa hutte l’arranger à coup de museaux et pattes en tassant la terre et en remettant les morceaux de bois. Puis il est allé chercher d’autres morceaux de bois qu’il transportait dans sa bouche en nageant. Il est en effet plus à l'aise et en sécurité dans l'eau pour se déplacer et le transport des matériaux y est plus facile. Nous y sommes restés une fois de plus jusqu’à la nuit tombée.

 

21/12/06 : ARRIVEE A USHUAÏA

Ce matin Eric et Antoine se sont levés de bonne heure à six heures pour surprendre une dernière fois les castors. Il avait plu toute la nuit. Ils sont rentrés deux heures plus tard tout mouillé, frigorifié et sans avoir vu le moindre castor. Il faut dire que ce sont des animaux nocturnes et ici il fait jour à 4h30 du matin… Nous avons bien fait, les filles, de rester au lit…

  

Après un bon petit déjeuner réconfortant nous avons repris notre route. Arrêt à midi dans une petite ville sur la route pour manger une pizza. Nous pensions nous arrêter au bord d’un lac avant d’arriver à Ushuaia. Comme il n’y avait rien de particulier à faire, qu’il ne faisait pas beau nous avons continué notre route et sommes arrivés plus tôt que prévu à Ushuaia. Nous avons découvert cette ville mythique sous un froid glacial et les montagnes qui entourent la ville étaient recouverts par les nuages. Cela nous tente pas trop de dormir dans un camping. Nous avons fait le tour de la ville à pied, nous nous sommes renseignés à l’office du tourisme et nous nous sommes trouvés un petit coin sympa , au pied d’un téléphérique isolé de la ville.

22 au 23/12/06 : 2 JOURNEES A USHUAÏA

Rien d’exceptionnel durant ces deux jours. Nous essayons de répondre aux messages, de mettre le site à jour ainsi que les blogs, d’acheter ce qui nous manque, laver le linge et de remettre le CC en état. En effet nous avons eu un fusible à changer. Mais comme les fusibles se trouvent au fond du coffre il a fallu tout vider… Non ce n’est pas drôle ! Les batteries non presque plus d’eau et une batterie a cassé le support en bois ou elle était fixée. Nous avons du passer dans un garage pour qu’il nous mette un support en feraille.

Bref, les volets commencent à avoir du mal à fonctionner. Un jour ils vont nous lâcher. Apparemment on commence à avoir des problèmes de direction. Nous verrons tout cela le 29 avec le garagiste. Nous pensons souvent à Pascal et Laetitia (Espacla) qui eux aussi n’avaient pas de problème jusqu’à la moitié du voyage…

Nous avons parcouru cette ville la plus au sud des villes ( au parallèle 54°50’ et méridien 68°) et mangé une délicieuse araignée de mer. Du moins tous les deux car les enfants n’ont pas voulu y goûter. Ils ont eu tort, nous nous sommes régalés. C’est une spécialité du coin. Par contre nous ne voyons pas l’ombre d’une huître. La vie semble douce et paisible. Les maisons aux couleurs pastels (jaune, bleu, vert, rouge…).

A l’approche de Noël il n’y a quasiment pas de décoration extérieure. Les gens semblent avoir fait leur sapin (aucune maison n’a de volet. Il est facile de voir à l’intérieur) mais pas de lumière dans les rues. Juste une crèche et un arbre décoré à côté de l’office de tourisme.

Afin d’attirer du monde alors que les conditions climatiques sont loin d’être facile, les salaires à Ushuaia sont trois fois plus élevés que le reste de l’argentine. La population est jeune et ne fait que croître.

24/12/06 : PROMENADE SUR LE CANAL DE BEAGLE

Cet après-midi nous sommes partis cinq heures en bateau sur le canal de Beagle. Heureusement pour nous le temps est meilleur que tous ces derniers jours. Bien équipés nous nous sommes installés sur le pont du bateau. Le canal est entouré de montagne aux cimes souvent enneigées. Puis au bout de quelques minutes de navigation le bateau s’est approché, les moteurs sous silence, de l’île aux oiseaux et de celle des Otaries. Nous étions ballottés à droite et à gauche du aux mouvements du bateau. Nous n’entendions que le vent, les cris des oiseaux, le clapotis de l’eau et parfois un loup de mer qui tête dressé vers le ciel poussait son « rugissement ». Les lions de mer et otaries étaient affalés sur la roche, traînant leur maladresse à terre mais se métamorphosant dans l’eau en gracieux nageurs.

 

Les oiseaux sont des cormorans impériaux. Ils se jettent dans l’eau pour s’alimenter et en ressortant sèchent leurs ailes en dépliant leurs ailes. Les petits encore dans les nids ne peuvent pas voler. Ils sont recouverts d’un duvet épais, marron. Les filles pour le moment ont un peu froids et restent à l’intérieur du bateau. De toute façon les vitres sont faites de telle manière que même de l’intérieur le spectacle est aussi beau. Passage un peu rapide pour nous qui restons des heures à admirer le moindre paysage ou animal. Nous restons sur notre faim. Même les enfants le ressentent.

A côté sur une autre petite île se trouve « le phare des éclaireurs » qui n’est pas le phare du bout du monde.

 

Puis le bateau reprend sa course folle dans le vent, traversant des paysages somptueux. Dernier arrêt pour l’île aux pingouins : essentiellement des pingouins de Magellan dont nous avons vu les petits de cette année aux bords des nids. Ils commencent à sortir. Bientôt se sera l’apprentissage aux bords de l’eau avant le grand départ. Mais nous faisons la connaissance des « Manchots papou » sans bande noire, aux becs et pattes oranges et ils sont plus grands. Ils ont leur bébé sur leur patte. Il y avait également « un manchot royal » qui ressemble au manchot empereur mais avec 15 cm de moins. Un seul individu de cet espèce.

Nous avons vu des gens marcher sur l’île alors que nous nous ne pouvions pas. Déçu de cet approche trop rapide nous sommes décidés à nous renseigner d’avantage et à refaire l’excursion pour l’île aux pingouins en descendant sur l’île. Tout le monde est d’accord même les enfants qui veulent voir d’un peu plus prêt les bébés pingouins qu’ils ont vu naître.

Lumière surprenante à notre retour, il était 21 heures et il faisait parfaitement jour. C’est le soir du réveillon et la ville semble être une ville morte. Les uns et les autres semblent fêter Noël ensemble. Les étrangers qui ne sont pas venus en groupe organisé semblent avoir du mal à trouver un restaurant. Les enfants excités ont bien du mal à s’endormir. Ouf, 23h30 il n’y a plus personne le père-noël va pouvoir passer…

25/12/2006 : BON NOËL

Je ne sais pas pourquoi mais ce matin les enfants se sont réveillés de bonne heure… Aline, la première a découvert les paquets à l’entrée du CC. Elle a vite réveillé son frère et sa sœur. C’est le premier matin où il fallait vite faire le lit, déjeuner… Tous les paquets ont été transportés sur la table et à tour de rôle chacun ouvrait son paquet. Ils sont tous les trois contents de leur Noël et Aline est rassurée. Elle avait peur que le père-noël ne trouve pas le CC. Matinée tranquille. En fin de journée nous sommes partis pour le parc de « terre de feu » avec toujours les problèmes de direction… que l’on ressent de plus en plus.

Arrivé sous la pluie. Les enfants sont partis malgré tout faire une petite promenade vers une cascade. Soi-disant que la pluie ne mouille pas !!! « pas celle ci maman, elle ne mouille pas, on ne la sent pas » me dit Aline. C’est bien la première fois que j’entends cela.

Ici les gens doivent avoir l’habitude de faire avec la pluie, car certains jouaient au ballon, d’autre préparaient un barbecue ou se promenaient. Le tout en tee-shirt. Alors que nous nous sortons en grosse polaire. Mais oui, c’est l’été, j’oubliais !!!

 

26 –27/12/2006 : PROMENADE DANS LE PARC TERRE DE FEU

C’est dans ce parc que se termine la fameuse route n° 3 qui démarre de Buenos Aires. C’est le seul parc argentin ayant une côte marine. les enfants ont passé deux jours dehors du matin au soir. Nous avons fait plusieurs randonnées et sinon ils jouaient à côté du CC. Ils ont même organisé une chasse aux lapins qui ne sont pas du tout farouche et qui sont très très nombreux . Ils sont bien plus rapides qu’eux. Mais cela nous a quand même valu les réprimandes d’un garde car ici la chasse est interdite…

Nous avons eu la chance de voir un renard et deux chouettes qui dormaient sur deux branches. Les enfants ont même voulu la dessiner. Eric, le plus courageux d’entre nous se lève de bonne heure le matin et commence la journée par une promenade sans oublier l’appareil photo pour ses oiseaux. C’est vrai qu’avec les enfants c’est plus difficile de les photographier. Ils font tellement de bruit qu’ils s’envolent à notre passage.

Nous avons croisé beaucoup de CC ces jours ci alors que nous n’en avions pas vu jusqu’à maintenant. Et bien, se sont tous des allemands à la retraite. Les enfants ont sympathisé durant quelques heures avec une fille d’une dizaine d’année qui habite Ushuaia. Ils ont joué dehors à plein de jeux différents. C’est Antoine qui essayait d’expliquer les règles et de comprendre Nadia (c’est son nom).

Sinon le parc est une réserve naturelle protégée. Certaines promenades traversaient la forêt et nous emmenaient aux pieds d’anciens barrages de castor. Mais ils étaient inhabités.

Au bout de la route n° 3 se rencontre la forêt australe, la montagne et la mer. Joli couleur de bleu turquoise de l’eau. Tout autour des arbres morts, ou pliés par le vent, de l’herbe rase jaunie et une multitude de lapins. Nous en avons vu partout dans le parc .

 

Certains arbres dans les forêts présentent des nœuds plus ou moins gros. C’est une réaction de défense contre les champignons parasites Dès qu’un arbre est infecté il développe un nœud qui reste même après le départ du champignon.

 

28/12/06 : ANNIVERSAIRE D’ANAÏS

Aujourd’hui journée tranquille dans le parc de Terre de feu. Les enfants ont travaillé, puis nous avons fêté entre nous les dix ans d’Anaïs. Elle était heureuse d’être là au bout du monde pour son anniversaire. Pour ses bougies, nous n’en n’avions pas. Ce sont donc 10allumettes qu’elle a du souffler sur un cake. Promis nous nous rattraperons ce soir

Dans l’après-midi nous sommes retournés à Ushuaia car les réserves s’épuisent : plein alimentaire à faire, et plein d’eau.

Le soir nous avons mangé dans une superbe pizzeria. Et vous savez quoi, la pizza était décoré de 10superbes bougies.

Bon anniversaire, Anaïs.

Le soir (il était 23 heures), juste avant de s’endormir Antoine et Aline ont inventé et chanté une chanson à leur sœur.

Une journée qui se termine bien….

29/12/06 : USHUAÏA

Journée moins rigolote puisque nous avons fait le plein alimentaire et le tour des garages pour le camping car. Après la vidange il a fallu s’occuper de vibrations soudaines dans le volant.

Heureusement cela venait de nos pneus et non d’un problème de transmission comme nous le pensions. Maintenant nous n’avons plus de roues de secours. Comme ils n’ont pas nos pneus nous devrons voir plus loin...

En fin de journée nous avons rencontré un couple de belge qui voyage avec leurs trois enfants de l’âge des nôtres, et un couple de français avec leurs deux enfants. Les enfants sont ravis. Nous avons passé une superbe soirée tous ensemble : les enfants dans un camping car (le nôtre) et les adultes dans celui des aquandes (les belge).

30/12/06 : LA PINGOUINERIA DE USHUAÏA

Après une matinée assez calme au bord du canal de beagle où nous avons croisé plusieurs couples, familles rencontrés quelques jours plus tôt, nous sommes partis dans l’après midi en bus vers l’estancia Haberton qui date de 1886 ; habitèrent là les premiers européens de l’île. Le long de la route plusieurs barrages de castors, des arbres totalement couchés par le vent et au loin « Puerto Willians » le port le plus au sud côté chilien.

 Quand nous sommes arrivés à l’estancia nous avons pris durant 15minutes un bateau pour arriver sur l’île au pingouin. Une heure à déambuler sur l’île : les bébés des pingouins de Magellan ont encore leurs duvets marron mais commencent à sortir de leur nids. Ils ont quasi la taille adulte. Nous avons pu voir d’un peu plus prêt les « Manchots Papou ». Leurs petits ont un duvet couleur grisâtre. Ils restent encore au pied des adultes. Enfin nous avons revu le « Manchot Royal ». Seul être de son espèce présent sur l’île. Il repartira en mer d’ici une semaine. Pour le moment il demeure sur la plage son plumage étant entrain de changer. C’est une période de jeun de plusieurs semaines.

31/12/06 : USHUAÏA

Nous sommes retournés voir les couples de français afin d’organiser la soirée de ce soir. Finalement nous serons trois couples de français et un couple d’anglais à réveillonner dans le parc de terre de feu. Internet, course..

Cela fait quatre jours que nous avons lever le pied pour les cours. Les enfants à l’approche de ses fêtes ne sont pas excités. Et, pour une fois qu’ils ont des copains… Ils travailleront mieux plus tard.

 

01/01/2007 : BONNE ANNEE

Après une soirée bien sympathique autour d’un feu de camp nous avons flâné toute la journée tous ensemble : jeux, discussions, nouvelles rencontres… Le temps ne se prêtaient pas à partir en randonnée. Il ne faisait bon qu’autour d’un feu ou bien au chaud dans les campings cars.

Nous pensions dormir de bonne heure mais un autre couple qui a eu des problèmes mécaniques n’avait pu nous rejoindre la veille viens d’arriver. Nouvelle soirée autour d’un feu de camp.

02/01/2007 : DEPART POUR EL CALAFATE

Les hommes se sont levés de bonne heure pour faire une longue randonnée. Ils ont eu la chance d’observer de prés un castor qui mangeait les feuilles de jeunes pousses. Le temps de dire au revoir à tout le monde et nous rejoignons Ushuaia. Les enfants ne sont pas contents de quitter leur nouveau copain mais le voyage continue vers d’autres découvertes, d’autres rencontres… Peut-être que nous les croiserons plus haut car tout le monde remonte par le Chili.

Pendant qu’Eric était au cyber, les enfants ont fait une partie de roller affrontant le vent. C’est rare de pouvoir faire du roller, les pistes ne le permettant pas et il y a rarement de grandes places dégagées.

Une seule route part d’Ushuaia. Nous voilà parti pour remonter les 500 km de ce cul de sac.

Nous nous sommes arrêtés en chemin au bord d’une route balayée par le vent. Ah, que serait la Patagonie sans son vent…

 

Voici la fin de notre descente retrouvez la suite sur la page remonté du chili…